Batman : Arkham Origins

15 déc. 2013
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La fine fleur du Gotha(m) ?

Batman : Arkham Origins propose une aventure longue et solide pour les amateurs du chevalier noir. Mais dans le même temps, Warner Bros Montréal offre au fan le minimum syndical au niveau de son ambition. L'aventure est longue mais abuse des moments de déjà-vu, le jeu est grand mais réutilise une partie des environnements d'Arkham City, Batman possède bon nombre de gadgets mais la plupart proviennent des anciens épisodes. En conclusion, Origins souffre du syndrome Assassin's Creed. Il s'agit d'un marronnier certes très solide mais incapable de sortir de l'ombre des deux premiers épisodes conçus par Rocksteady.

Comme au cinéma, la mode des prequels finit par rattraper le monde du jeu vidéo : God of War, Gears of War. C'est à la fois une belle occasion de faire vivre des nouvelles aventures à un personnage déjà établi sans modifier sa continuité, et de recycler les ressources graphiques d'un jeu précédent. Dans quelle catégorie se situe ce nouveau Batman ? Entre les deux hélas.

L'histoire

Voilà à peine deux ans que Bruce Wayne a enfilé ses collants de justicier masqué. La police ne lui fait pas confiance, la plupart des criminels ne croient même pas à son existence et pour couronner le tout il s'apprête à passer la pire soirée de Noël de sa courte carrière. Black Mask, baron du crime de Gotham City, a lancé un contrat sur la tête de la chauve-souris. Le montant de la prime s'élève à cinquante million de dollars et pas moins de huit assassins de haut standing ont été invités à la chasse. Ajoutez à cela, une évasion massive du pénitencier de Black Gate, de la flicaille corrompue, un invité surprise et vous comprenez que Batman est dans de beaux draps. L'échéance du contrat d'assassinat arrivant à la fin de la nuit, vos poursuivants remueront ciel et terre pour vous trouver. Cette année encore, vous allez réveillonner froid. Pour faire du neuf, Origins met principalement en scène les faire-valoirs et les méchants secondaires de l'univers Batman. À moins d'être un lecteur avisé, il est peu probable que vous ayez entendu parlé de Shiva, Deathstroke, Arnarky ou Firefly. Origins tente dans un premier temps de tirer son épingle du jeu en laissant de côté le trop présent Joker pour se concentrer sur ces antagonistes méconnus mais les scénaristes ont finalement cédé et le final reste prévisible et soporifique. Dommage car les moments les plus captivants du jeu sont probablement ceux où l'iconique bouffon reste en retrait.

Les conversations des malfrats sont toujours aussi hilarantes.

Le principe

Si vous avez déjà joué à Arkham Asylum ou Arkham City, Origins vous amène en terre connue et rebattue. La formule "Arkham" créée par Rocksteady a été reprise à la lettre près par le studio de Warner Bros Montréal. Vous incarnez donc le justicier de Gotham dans un environnement ouvert (le vieille ville de Gotham qui deviendra la prison d'Arkham City) parcourant la ville afin d'arrêter les assassins lancés à sa poursuite ainsi que l'affreux Black Mask. Le système de combat est toujours aussi fluide tandis que l'aspect "prédateur nocturne" reste un pur plaisir à jouer. Mais tout cela était déjà le cas avant, alors où sont les nouveautés ? Le terrain de jeu a été agrandi avec notamment la possibilité d'aller dans le nouveau Gotham et d'explorer le commissariat. Quelques nouveaux gadgets sont proposés comme les gants électriques (présents dans la version WiiU de Arkham City) ou un brouilleur d'armes. Rien de très folichon dans l'ensemble. Certains des assassins sont entièrement facultatifs et constituent de véritables quêtes secondaires, offrant ainsi au titre une durée de vie plus que conséquente. Le level design laisse également assez dubitatif : Batman dispose de son batwing pour effectuer des déplacements rapides à travers l'immense zone de jeu mais il doit d'abord désactiver des brouilleurs radar déposés par Edward Nygma. De même, le jeu vous force à un nombre impressionnant d'aller-retours. En mettant de côté le manque d'ambition (et de temps ?) apparent d'Origins, son plus gros point noir est sans conteste le nombre de bugs présents. Les ennemis sont pris de spasmes incompréhensibles, les lois de la physique partent en roue libre et il n'est pas rare que notre justicier masqué pète un bat-plomb face à certaines plateformes.

Les gants électriques font partie des nouveaux joujoux à la disposition de Batman.

Le multi

Seule grande originalité du titre, qui passera injustement aux oubliettes, un mode multijoueur fait son apparition. Crée par l'excellent studio Splash Damage (Enemy Territory), le mode de jeu permet à deux équipes de trois gangsters de s'affronter dans l'un des environnements de Gotham City. Comme dans Gears of War, c'est du team deathmatch lourdement armé à la troisième personne avec un rythme bien ralenti. Mais, comme dans Splinter Cell, nos amis criminels ne sont pas seuls puisque deux autres joueurs peuvent incarner Batman et Robin. Le gameplay asymétrique repose sur le fait que les justiciers masqués possèdent une agilité hors-paire et ainsi qu'une panoplie de bat-gadgets tandis que les molosses, eux, sont lents mais surarmés. Histoire de pimenter les choses, contrôler certaines zones-clefs permet aux voyous d'appeler leur boss (Bane ou le Joker) pour que ce dernier se mêle aux réjouissants. Le mode est bien fichu mais le netcode est un peu capricieux et les amateurs de BRINK se souviendront des choix étranges de Splash Damage en matière d'équilibre. À suivre.

Black Mask n'occupe qu'un rôle finalement très mineur.

Pour qui ?

Origins transforme la série Arkham en marronnier. Le jeu n'offre pas de différences cinglantes par rapport à ses prédécesseurs. En partant de ce fait, ce jeu n'est à conseiller qu'aux néophytes de la série ou aux fans inconditionnels du personnage. Les personnes plus modérées attendront une baisse de prix.

Cette nuit de Noël sera l'occasion de visiter le commissariat de Gotham City.

L'anecdote

Certains passages du jeu vous rappellent que vous incarnez le plus grand détective du monde. De véritables scènes de crime ont été installées à des endroits clefs du jeu où il est possible d'analyser des indices et de rejouer virtuellement les événements du crime. Ces moments assez succincts sont directement empruntés à Ghost Trick.
Les Plus
  • Une formule toujours aussi réussie
  • Un casting assez varié
  • Quelques morceaux de bravoure
  • Le multijoueur intelligent
Les Moins
  • Beaucoup de redites
  • Une foison de bugs
  • Le scénario un peu poussif