Diablo III

07 sept. 2013
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4

Le retour du Roi

Que vous découvriez totalement l'univers du jeu ou que vous soyez un vieux de la veille, Diablo III régale les yeux mais aussi les doigts et semble avoir réussi son portage sur consoles de salon. La volonté de Blizzard de s'ouvrir aux néophytes du genre est palpable, avec une gestion des compétences un peu simple et des attaques massives qui peuvent surprendre dans un premier temps. Cependant Diablo III agit presque comme une drogue. Il y a toujours un petit bout de quête à continuer, un demi-boss qui se dresse sur votre route et détient un objet que vous devez récupérer, des compagnons à faire évoluer... Et si vous n'en n'avez pas assez, vous pouvez toujours recommencer le jeu avec une difficulté plus élevée. Et pourquoi pas en coopération, offline ou online. À se demander si l'injection du multi n'est pas une sorte de premier pas vers un Diablo version MMO...

"Sacrilège !" s'écrieront bon nombre de joueurs PC. "Diablo sur consoles ? Par quelle supercherie ?" Et pourtant, Diablo III revient sur PlayStation 3 et Xbox 360, près d'un an après sa sortie PC. Identique en tout point (une interface adaptée et les patchs en plus), il plongera les apprentis novices comme les paladins de jadis au plus profond des enfers.

L'histoire

Quelques vingt années se sont écoulées depuis la dernière tentative d'invasion de la Terre part les démons. Quand soudainement, près de la ville de Tristram, une étrange météorite s'abat. Étrange coïncidence, c'est là où à l'époque tout à démarré (vous les sentez monter, vos souvenirs émus de Diablo premier du nom ?). Coïncidence qui n'en sera pas une, puisqu'à peine vêtu de frusques, vous voilà propulsé providentiel sauveur des hommes, aidé de quelques valeureux compagnons de passages prêts à en découdre avec ces êtres maléfiques qui ont décidé de surgir de terre. Bon, certes, côté histoire, un Diablo reste un Diablo.

L'histoire de la production du jeu lui-même nous donne des clés sur l'évolution du style de Diablo III au regard des précédents opus. Le travail sur le jeu débute en 2001 à la suite de Diablo II. Mais peu de temps après, une partie de l'équipe quitte l'aventure amenant Blizzard à fusionner deux de ses studios pour reprendre le projet. En 2005, le jeu pourtant bien avancé, est totalement remanié. Graphiquement, mais aussi dans son système de jeu : en effet, l'équipe exprime clairement une influence de la part de titres comme God of War ou Zelda. Des jeux qui trouvent toute leur place sur des consoles de salon, avec des mécaniques plus orientées vers l'action. Ceci n'est absolument pas anodin. Nous découvrons un Diablo III au goût un peu plus sucré que précédemment, non sans déplaire à un public jusque là totalement étranger à la saga.

Vous pouvez choisir d'afficher la barre de vie au-dessus des ennemis, à l'ancienne.

Le principe

En effet, les habitués de Diablo seront de prime abord surpris par la nervosité de Diablo III. Comme d'habitude, vous démarrez avec un personnage nu comme un vers ou presque. Que vous préfériez le combat au corps à corps, à distance, avec plus ou moins de magie, choisissez votre héros entre un barbare, un sorcier, un moine, un féticheur ou un chasseur de démons (tous également disponibles au féminin). Au fil du jeu, vous développez vos aptitudes grâce à l'expérience engrangée, mais aussi aux objets collectés qui pour certains vous apportent des bonus. Une interface repensée pour les consoles vous permet, autour d'une roue, de consulter l'inventaire de votre personnage et les objets qu'il porte. Ainsi, en ramassant un nouveau casque ou une nouvelle baguette, vous saurez en un coup d’œil si l'objet vaut le coup de remplacer votre équipement ou s'il rejoindra votre besace dans le but d'être revendu, voire recyclé.

Diablo III propose un système de création d'objets enchantés assez simple. Tout au long de votre périple, vous retrouverez toujours en ville votre fidèle forgeron, prêt à frapper l'enclume pour vous. À condition de lui faire apprendre de nouvelles techniques et de le fournir en objets trouvés à recycler. Un principe assez simple à maîtriser, uniquement régulé par le niveau de votre personnage : ce brave forgeron ne pourra pas vous fournir cette magnifique paire de bottes avec ses attributs magiques si vous n'avez pas atteint le niveau suffisant. Bref, en étant attentif, vous serez toujours bien équipé pour explorer de vastes champs de bataille en ruine.

L'éclair qui durait plusieurs dizaines de secondes.

Le système de jeu

Très vite telle une carotte au bout d'un bâton, la recherche d'objets rares et l'augmentation de niveaux guideront vos pas. Les quêtes deviennent presque des prétextes pour améliorer votre personnage. Les vaste plaines, générées dynamiquement avec des ennemis répartis un peu partout au hasard peuvent être traversées quasiment en courant, si vous préférez terminer l'histoire rapidement. Mais vous serez en fait pris d'une irrésistible envie de parcourir chaque recoin de la carte, lever tout morceau du brouillard qui vous entoure afin de ne rien rater. C'est en effet dans des grottes ou des caves abandonnées que vous trouverez parfois des trésors. Ou rien.

Dans l'évolution de votre personnage, les attaques occupent une place importante. Oubliez l'arbre d'évolution classique, maintenant vous débloquez de nouvelles capacités actives et passives à chaque gain de niveau. À vous de choisir si vous préférez telle ou telle attaque, combinée à tel effet supplémentaire débloqué au niveau précédent. Tout cela pour aboutir à des combats toujours plus explosifs. Laissez le bouton d'attaque appuyé et votre personnage décochera des coups à répétition, jusqu'à ce que le mana nécessaire s'épuise. Au fil des évolutions, ces coups deviennent des salves, puis des tirs continus. Certaines attaques vous font clairement demander comment vous êtes passé d'un hack 'n slash à un shooter. Kratos pourrait presque surgir à l'écran. Mais en fait ça pourrait juste être votre voisin.

#TeamOglobine

Le multi

Un gros point fort de Diablo III réside dans son mode multijoueur. Online ou offline, quatre joueurs peuvent se retrouver dans la même partie pour achever une quête du scénario en cours. À tout moment, en offline, quelqu'un peut rejoindre votre partie en allumant la deuxième manette et remplacer ainsi le héros PNJ qui vous accompagne. Et les combats se transforment très vite en petits feux d'artifice, où l'on s'amuse beaucoup. Ça va vite, vous battez des records de monstres tués à la seconde, et parfois votre personnage se prend une grosse claque le mettant K.O., vous obligeant à ressusciter avec des objets un peu abîmés — heureusement réparables chez votre fidèle forgeron.

Cela dit, se retrouver téléporté dans la partie d'un parfait inconnu a quelque chose d'incongru. Le pauvre bougre est en pleine exploration de sa carte, et vous voilà en train de le suivre dans sa quête, partager momentanément ses combats, ses ennemis, mais aussi ses objets découverts. De toute façon vous n'êtes pas là pour discuter.

Non, je ne cherche pas à compenser quoi que ce soit.

L'anecdote

Vous étiez tranquillement en train de vaquer à votre occupation favorite qu'est le loot quand soudain une horde de vilaines bêtes un peu au-dessus de la moyenne vous tombe dessus et vide votre jauge d'énergie en trois - quatre coups bien sentis. Comment l'éviter ? Même si le système de progression reste simple, les attaques proposées sont en fait très variées, et plus ou moins adaptées à l'adversaire rencontré. Une bonne combinaison de ses attaques favorites vous permet de varier entre coups forts mais lents et attaques multiples mais plus faibles. Seul inconvénient, vous devez repasser par votre interface de personnage pour changer ces attaques. Et c'est à ce moment là que vous déplorez l'absence de raccourcis clavier sur sur une manette de console...
Les Plus
  • Pas à tomber, mais globalement plutôt joli
  • Les cinématiques sont un régal
  • En multi, la fête est plus folle
  • Un rafraîchissement du genre avec un côté action bien dosé
Les Moins
  • L'évolution du personnage un peu trop simple
  • L'ambiance semble un peu moins glauque qu'auparavant
  • L'interface console a quelques réminiscences des fenêtres PC