Les légendes de 007 ont perdu de leur superbe

12 nov. 2012
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Quel que soit le film mis en avant, le jeu ne lui fait pas honneur. Si l’idée est loin d’être mauvaise, le bâclage assez flagrant du titre réduit à néant la volonté d’hommage sensée se dégager de ce 007 Legends. D’un point de vue ludique, ce n’est en effet pas très glorieux. Des missions trop homogènes qui deviennent donc ennuyeuses, une IA très limitée, des bugs à foison, une difficulté mal gérée, des graphismes dépassés et un multijoueur aussi fastidieux que la campagne solo. Ce 007 Legends se révèle donc être un hommage médiocre des plus grandes heures de James Bond. Mieux vaut se tourner vers les films originaux, le septième art sied bien mieux aux légendes de l’agent double 00 que le jeu vidéo.

Pour ses cinquante ans, l’agent 007 a droit à un vingt-troisième film sorti dans les salles obscures mais aussi un énième FPS développé cette fois par Activision avec la complicité d’Eurocom. Hormis un exceptionnel GoldenEye 007 et quelques titres d’Electronic Arts, il faut bien avouer que James Bond a toujours préféré le septième art aux consoles. L’équation reste inchangée avec ce 007 Legends, un hommage un peu raté où des missions cultes se retrouvent aussi défigurées que le redoutable Zao.

La désillusion apparaît dès le début, à Fort Knox.

Désillusion Royale

S’inspirant du début de Skyfall, la dernière mission de James Bond sur grand écran, 007 Legends utilise un système de flash-back. Abattu par mégarde par une des ses pairs, l’agent double 00 chute d’un train avant de sombrer lentement dans les eaux sombres d’un lac. Gravement blessé, Bond se remémore alors cinq de ses plus glorieuses missions en plongeant dans les méandres de l’inconscience. Au programme : Goldfinger, Au Service Secret de sa Majesté, Permis de Tuer, Meurs un Autre Jour et Moonraker. Skyfall est disponible depuis peu sous forme de DLC gratuit, bien que l’on se serait aisément passé des deux très courtes missions qui le composent. Sur le papier, avoir la possibilité de retrouver Auric Goldfinger et son fameux homme de main Oddjob, ainsi que Gustav Graves, Zao, Hugo Drax et Requin (pour ne citer qu’eux) sur le même disque a de quoi titiller fortement l’intérêt des fans du plus célèbre agent secret britannique. Malheureusement, en pratique, c’est loin d’être aussi réjouissant. Ces cinq missions se retrouvent handicapées par des raccourcis douteux et une furieuse tendance à se ressembler en raison de leur architecture redondante. Pétries de défauts et de maladresses, il est difficile de s’imaginer qu’elles sont sensées représenter d’illustres instants de la carrière de James Bond.

Les combats à mains nues sont loin d'être réussis et sont d'un ennui mortel.

Les mots ne suffisent pas

Une des particularités du titre d’Eurocom est qu’il ne s’améliore pas au fur et à mesure de la progression. Au contraire, il va plutôt de mal en pis. Les différentes missions, toutes calquées sur les mêmes bases, ne font que renforcer cette impression. Chacune d’elle est composée de phases d’infiltration, de gun-fights face à une IA mauvaise, d’une séquence d’investigation grâce au téléphone portable et d’un combat au corps à corps avec l’antagoniste principal ou bien son bras droit. A noter que ces combats apparaissent ridicules tant par leur inutilité que par leur difficulté proche de zéro. C’est ainsi qu’une altercation contre le mythique Oddjob qui aurait pu être savamment menée ne s’avère être qu’une succession de cinématiques interactives. Cette suite de missions rébarbative lasse rapidement et ce en dépit des quelques course-poursuites en ski ou en voiture présentes. Laborieuses, l’expédition et la non-exploitation de ces dernières sont flagrantes. Tenant à peine une, voire deux minutes, elles n’apportent pas grand chose, hormis l’impression que le jeu a été bâclé sur de nombreux points. Les passages d’enquête se font essentiellement à l’aide du téléphone portable, le rendant surexploité comparé aux autres gadgets disponibles, à savoir la montre-radar et le stylo à fléchettes tranquillisantes. Piratage et déverrouillage de coffre-fort sont les deux actions répétitives que vous devez effectuer pour trouver des indices.

Permis de Tuer est sans aucun doute la pire mission du jeu en raison de la multitude de problèmes présents.

Meurs aujourd'hui

S’il y a bien une chose qui caractérise le mieux ce 007 Legends, c’est le fait d’être perclus de défauts. D’une part, les gun-fights pesants en raison d’une IA bancale sont dénués de système de couverture. Chose parfaitement inconcevable de nos jours, mais pas pour Eurocom. En outre, nombreuses sont les fois où des ennemis apparaissent comme par magie devant vous. Prenons un exemple. Dans la mission "Permis de Tuer", vous devez poser trois charges explosives. A chaque charge posée, trois ennemis se matérialisent sous vos yeux deux mètres devant vous... D’autres part, vos infiltrations discrètes et silencieuses risquent souvent d’avorter prématurément étant donné que les gardes sont en mesure de vous repérer de loin. S’en suit alors des combats où vos ennemis vous touchent à travers un escalier en béton ou bien un mur de brique. Ces bugs ont de quoi excéder, surtout si vous jouez en normal. Ce mode de difficulté annulant la régénération de santé, il vous incombe de trouver des trousses de soins et des gilets par balles. Rien de bien compliqué, mais c’est sans compter le fait que ceux-ci sont très rares, toutes missions confondues. D’un côté plus technique, les graphismes semblent dater de plusieurs années. Les visages sont parfois difficilement reconnaissables, à l’instar de Blofeld ou bien de Jinx. Daniel Craig, Goldfinger ou encore Requin sont quant à eux mieux discernables, mais n’en restent pas moins figés et raides, comme sur un jeu de la Nintendo 64.

Le multijoueur n'est pas une franche réussite.

On vit plus de deux fois

Avec une campagne ennuyeuse, 007 Legends ne s’en tire pas pour autant avec son multijoueur. Disposant de huit cartes tirées des missions et de modes de jeu classiques tel que Légendes (chacun pour soi) ou bien Icare (capture et défense de points stratégiques), seul le mode Pistolet d’or vaut le détour. Dans ce dernier, le célèbre pistolet d’Auric Goldfinger est placé quelque part sur la carte. Son heureux détenteur n’a alors besoin que d’une balle pour assassiner ses adversaires. Le tout est jouable jusqu’à douze en ligne, si tant est que vous arrivez à trouver une partie étant donné qu’il n’y a pas foule sur les serveurs, ou bien à quatre en local. Inutile d’espérer rajouter des bots pour pimenter vos parties en écran scindé, l’option n’est pas disponible. A quatre en local sur des cartes de taille moyenne, l’ennui a très vite raison de vous. Et ce n’est pas la possibilité de transformer vos échauffourées en partie de paintball fatale qui va égayer ce multijoueur insipide et encore plus appauvri techniquement que la campagne solo.
Les Plus
  • Une bonne idée de départ...
  • Le mode "Pistolet d'or" du multijoueur
Les Moins
  • ...mais inexploitée et bâclée
  • Aucun plaisir ne se dégage, aussi bien en solo qu'en multi
  • Les bruitages sonores, de même facture que les graphismes
  • La monotonie générale