Mission accomplie pour XCOM : Enemy Unknown

29 oct. 2012
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur 2K Games
  • Développeur Firaxis Games
  • Sortie initiale 12 octobre 2012
  • Genre Stratégie temps-réel

XCOM : Enemy Unknown réussit sans problème à conserver l'essence de la série, une lutte permanente contre un ennemi implacable, tout en se payant le luxe de la rendre accessible au grand public. Expérimenter, mourir, lutter puis finalement triompher... ne serait-ce que le temps d'une mission. Là où Civilization V diluait son contenu pour les vétérans de la première heure, XCOM offre une difficulté adaptée même aux plus hargneux.

Célèbre série de stratégie au tour par tour dans les années 90, XCOM signe son grand retour sous la forme d'un reboot complet. Après un projet avorté de FPS et en attendant un hypothétique jeu d'action sur Xbox Live Arcade, Firaxis s'est employer à rajeunir une série portée aux nues par tous les vieux briscards. Mission réussie ?

Premier ennemi rencontré, le sectoid sera l'occasion de vous faire les dents.

Invasion Planète Terre

Dans un futur pas si lointain, des météorites s'écrasent sur notre belle planète bleue, annonçant la venue de créatures extraterrestres pas franchement amicales. Les petits gris sont d'un genre nouveau, un genre pervers. Leur but : enlever le plus possible d'humains pour accomplir toutes sortes d'expériences pas très catholiques. Aucun pays ne peut les arrêter, alors les grands décideurs se remémorent le vieux proverbe : "L'union fait la force." Ainsi, l'organisation eXtraterrestrial COMbat voit le jour : une belle coalition composée des meilleurs parmi les meilleurs. Après un premier contact franchement hostile, XCOM fait appel à vous, le commandant, afin de stopper cette invasion d'ampleur massive et, si possible, sauver l'humanité au passage. Hélas, votre briefing se limite à un mauvais film de Michael Bay et vos informations sont très limités : qui est cet ennemi ? Que veut-il ? Comment le combattre ? Autant de questions auxquelles vous devrez répondre à travers captures, autopsies, recherches et expérimentations. Bien sur, les petits gris ne se laisseront pas faire et chaque découverte se fera au prix de nombreux sacrifices, pécuniaires et humains. Une seule chose est sure : vous allez en baver. XCOM : Enemy Unknown est un projet dingue, né de l'esprit de Jake Solomon, lead designer chez Firaxis et plus grand fan de Jullian Gollop, le papa de la série. Firaxis a fait appel à tout son savoir-faire sur la série Civilisation pour offrir la meilleure relecture possible de ce jeu culte.

La géosphère est sans doute la salle la plus importante de votre base.

For your eyes only

Le postulat d'Enemy Unknown est une reprise directe de son vénérable ancêtre : combattre une force d'invasion extraterrestre à travers le monde, sur le terrain et depuis votre base. La partie est divisée en deux modes bien distincts : la geosphere et la battlesphere. La première se concentre sur la gestion de votre base souterraine hyper-secrète. Dans cette dernière, vous gérez la recherche, le développement de nouvelles technologies, l'entraînement des soldats et la progression de l'invasion. Au cours des missions, vos hommes trouvent des ressources extraterrestres : cadavres, spécimens vivants, armes, sources d'énergie, etc. En passant ces objets à la recherche, vous pourrez développer de nouvelles innovations technologiques pour notamment améliorer l'équipement de vos équipes. Bien sûr, tout cela coûte du temps, de l'énergie et de l'argent. Vu de coupe, comme une fourmilière, votre base dispose d'un espace limité et donc l'excavation sera nécessaire pour s'étendre. Les bâtiments varient des très classiques labos, aux salles de satellite, en passant par les indispensables générateurs. Chaque salle consomme des ressources, demande un entretien mais confère un bonus. A tout moment, vous pouvez scanner la mappemonde pour accélérer le temps, résultant dans l'avancée de vos travaux et la découverte de mouvements aliens. Ces derniers peuvent déclencher des missions (de terreur ou d'enlèvement) ou prendre la forme d'UFO qu'il faudra dégommer à l'aide d'avions. Pour corser les choses, vous devez faire un rapport au conseil XCOM, constitué de nombreux pays. Si vous ne les aidez pas (en envoyant des satellites au dessus de leur pays ou en y effectuant des missions), ils finiront par claquer la porte, ce qui signifie moins de sous et un beau game over au bout de huit pays en moins.

Mutons berserkers et chrysalides constituent l'un des pires cocktails possibles pour votre escouade.

Etoiles, garde-à-vous !

Une fois les aliens détectés, choisissez la composition de votre escouade, leur équipement et envoyez tout le monde dans le skyranger ! La battlesphere est un mode de jeu au tour par tour assez proche de Silent Storm ou plus récemment Valkyria Chronicles. Votre petite équipe (quatre à six soldats) doit pacifier la zone de tous les aliens présents. Bien sûr, d'autres objectifs peuvent s'ajouter comme désamorcer une bombe, escorter un VIP ou sauver des civils (les fameuses missions de terreur que tout le monde haïssait dans l'original) mais le but reste avant tout de dézinguer de l'alien. Vos hommes avancent case par case, pouvant soit courir sur une longue distance soit avancer un peu et tenter d'accomplir une action. Au delà des différents modes de tir, le panel d'actions de support est très important pour votre survie comme augmenter sa défense pour faire un tir de couverture. Pour vivre heureux, vivons planqués. Rester au milieu de la rue sans couverture se conclue bien souvent par la mort de votre personnage. Se cacher derrière un arbre ou un mur vous offre une protection supplémentaire et abaisse le pourcentage de tir de l'ennemi. Bien sûr, vous êtes logé à la même enseigne. Le bestiaire est très élaboré : si les petits gris avec des pistolets constituent l'entrée, les horribles chrysalides, des insectes utilisant le cadavre de leurs adversaire pour se reproduire, font très vite leur entrée et n’oublions pas les hommes-serpents, les classiques mutons, etc. Bref que du beau monde. Si vos bleusailles survivent à leur première rencontre, ils gagneront en expérience et en grade, dérouillant une classe aléatoirement. Il en existe quatre : l'assaut, spécialiste en combat rapproché, le support touche à tout, le spécialiste armes lourdes et le sniper surpuissant à distance. Chacune développe des aptitudes spécifiques pour prendre l'avantage. Votre équipement est constitué d'une arme principale (fusil, mitrailleuse), d'un pistolet pour les situations désespérées et d'un objet secondaire comme une grenade ou un médikit. Votre arsenal et votre armure évolueront au cours de la partie selon l'avancée de votre recherche.

Pour arracher les secrets à vos ennemis, il vous faudra les capturer vivants.

Sur l'épaule des géants

Une fois que vous aurez tué, autopsié, interrogé suffisamment d'aliens, votre équipement rentrera dans le domaine de la science-fiction : armures dotées de jetpack, fusils plasma et même des pouvoirs psi. Introduits au milieu de l'aventure, ces pouvoirs (cachés parmi vos recrues potentielles) sont extrêmement puissants et permettent de faire frire le cerveau de vos ennemis ou, encore mieux, d'en prendre temporairement le contrôle. Bien sûr, nous sommes dans XCOM et les ennemis se feront une joie de tester ces pouvoirs sur vos personnages. Le titre de Firaxis est difficile et ne fait aucun compromis. Votre taux de mortalité est très élevé pendant les premières parties et le niveau de terreur risque sûrement d'atteindre des sommets. Les combats ont beau être en tour par tour, la tension est omniprésente. Petit bémol dans la gestion de la couverture qui semble très, très étrange. Parfois, votre personnage sera cul nu face à un ennemi situé à 10km malgré le fait d'être accolé à un mur en béton armé. C'est assez frustrant et ça donne souvent envie de tenter le diable et de se mettre à découvert pour gagner en précision. Histoire de mettre du sel sur nos blessures, un mode de difficulté "classique" et "impossible" ont même été ajouté pour les plus masochistes. L'option "homme de fer" vous interdit le chargement de sauvegardes antérieures, vous forçant à assumer vos bêtises. Inutile de préciser que ce mode est hautement recommandable pour profiter à 100% de l'horreur du jeu. Arrêtons de parler du fond et parlons de la forme : Enemy Unknown utilise les beaux restes de l'Unreal Engine 3. Fait rare, le jeu est très bien optimisé pour consoles et la maniabilité au pad est un plaisir. Diverses petites cinématiques viendront ponctuer votre progression dans le jeu. Hélas, l'histoire n'est qu'un prétexte et la fin arrive comme un cheveu sur la soupe. Niveau audio, Firaxis nous gâte avec les sonorités technologiques de Michael McCann, le monsieur musique de Deus Ex : Human Revolution.
Les Plus
  • La terreur permanente
  • Modernisé sans être sacrifié
  • Un bestiaire varié et franchement vicelard
  • La montée en puissance
  • Les modes "homme de fer", classique et impossible
  • Une très bonne bande-son
Les Moins
  • Le système de couverture, capricieux
  • Une fin précipitée