Vietcong

29 mai 2003
Testé par fâcheux, sur
Disponible sur
4

Il est clair que Vietcong ne se démarque pas par l’originalité des modes multijoueurs proposés : Deathmatch, teamdeathmatch, CTF, et last man standing. Les cartes sont cependant bien réalisées et agréables à jouer : du port de pêche côtier au temple en ruine, le jeu peut accueillir une dizaine de joueurs. Non, vraiment, Vietcong vaut surtout pour son ambiance cinématographique, pour les musiques qui ponctuent les missions qui lorsqu’elles sont terminées nous mettent vraiment dans la peau du GI plongé dans l’enfer du devoir qui vient prendre un repos bien mérité dans ses quartiers.

De nombreux films consacrés à la guerre du Vietnam hantent la mémoire des cinéphiles amateurs de ce conflit qui aura duré des années 1964 à 1972. De 'Hamburger Hill' en passant par 'Platoon' ou encore 'Apocalypse Now', pour ne citer que les plus connus d'entre eux, il était immanquable que les développeurs s'intéressent à un shoot qui aurait pour cadre la chaleur moite de la jungle. A en juger par la boîte qui s'est attelée à la tâche, tous les espoirs sont permis. Illusions Software, les créateurs de quelques hits, Mafia ou Hidden & Dangerous nous auraient-ils servi le jeu qui deviendra la référence en la matière ?

Sir, Yes, Sir!

C'est dans la brume du petit matin, dans le poste avancé de Nui Peek, que commence l'instruction militaire de votre personnage. Le tutorial vous permettra de vous faire la main et de vous habituer au maniement délicat des armes car, en l'occurrence, le parti pris est celui du réalisme. Inutile donc de jouer les quakers fous, l'espérance de vie en serait considérablement réduite. Le gameplay du jeu est à situer entre Soldier of Fortune 2 et Tom Clancy's Ghost Recon . Les missions sont longues et difficiles : elles demanderont, de la part de l'apprenti GI, du sang-froid et beaucoup de patience. L'IA est très correcte et donne vraiment du fil à retordre. Les plus fonceurs ne tomberont pas deux fois dans les guet-apens tendus par l'ennemi. Retors, celui-ci tentera de vous attirer dans des pièges ou dans des embuscades et c’est alors la mort assurée. D'autant plus que la végétation, très bien rendue, permet facilement de se mettre à couvert et de devenir pratiquement invisible.

La 7ème compagnie au clair de lune

Et il est vrai que d’un point de vue graphique, un bel effort a été fourni pour rendre le cadre géographique crédible. La végétation est extrêmement bien rendue que l’on se trouve dans un marais ou sur des collines plantées d’arbres à lianes. La faune locale est aussi présente tant au point de vue visuel qu’au point de vue auditif. Plus d’une fois, on se surprend à écouter les craquements produits par le bois humide, les cris des oiseaux de la jungle ou le coassement des grenouilles omniprésentes. Les personnages sont par contre corrects mais sans plus et ne laisseront pas un souvenir impérissable. En tout état de cause le jeu s’est montré fluide dans des résolutions de 1024x768 avec une Geforce 3.

Born to kill or to be killed?

Le jeu nous offre de prendre le commandement d'une petite escouade composée d'une demi-douzaine de soldats. Tous ont une spécialité : du médecin au mitrailleur en passant par le radio ou l'ingénieur. Côté ambiance, il faut dire qu’il est assez jouissif d'appeler son homme radio et de demander par son intermédiaire un soutien d'artillerie. De ce point de vue, le jeu est très immersif. Les ordres se donnent par l’intermédiaire de l’interface mais on peut regretter que le système ne soit pas plus complet au niveau de la gestion de l’escouade. Les ordres se limitent à du très basique : avancer, s’arrêter, suivre, et une gestion plus fine des manières de se déployer aurait été la bienvenue. Il faudra en toute hypothèse prendre grand soin de tout ce petit monde, car aucune perte n'est permise. Un mort et on est bon pour recharger une partie alors même que les sauvegardes sont limitées en fonction du niveau de difficulté choisi.

Ah l’odeur du Napalm au petit matin !

Pourtant, à cause d'une difficulté soutenue et croissante, on ne s’ennuie pas une minute. Il y a fort à faire dans les environs entre les missions de patrouille, l’exploration de tunnels qui réservent de belles rencontres et quelques combats titanesques qui rappellent les meilleurs moments de Medal of Honor. La mission où l’on doit défendre Nui Peek contre une invasion de nuit aussi soudaine que sournoise vaut son pesant de cartouches de remington. Impossible de tricher avec des lunettes de vision nocturne qui n'existaient pas encore à l'époque, il faut s'éclairer à l'ancienne en mitraillant dans le vide ! Les balades dans la jungle sont également exceptionnelles, notamment grâce à la moiteur et à la densité des forêts, parfaitement reproduites. Il est nécessaire de tendre l'oreille pour entendre les Vietcongs qui sifflent pour se prévenir de l'arrivée de FNG américains, mais aussi d'avoir des yeux de lynx pour repérer les pyjamas noirs planqués entre deux rondins ou les petits bouts de bois cassés qui signalent la présence toute proche d'un piège évidemment mortel...Les quelques virées en jeep et en hélico sont également rondement menées, notamment lorsqu'il faut nettoyer une zone à la gatling. Après avoir rampé des heures, quel bonheur ! Tout ceci fait oublier une certaine linéarité dans les chemins que nous obligent à prendre les développeurs et une véritable lenteur dans la progression qui pourra déplaire aux joueurs les plus nerveux.
Les Plus
  • L’ambiance
  • La vraisemblance des décors
  • Le travail sur le son
  • La variété des mission
Les Moins
  • Le manque de liberté dans la manière d’effectuer certaines missions
  • Un mode multijoueur « obligé » très classique