Quand c'est trop, c'est Tropico

12 janv. 2012
Testé par sur
Disponible sur
4

Depuis son portage sur Xbox 360, la licence Tropico ne déçoit pas les joueurs. Ce nouvel épisode reprend avec succès les ingrédients de ses prédécesseurs pour faire de ce jeu de gestion l’un des meilleurs du moment. De longues heures de tyrannie vous attendent afin de pouvoir devenir le maître incontesté de votre île. Tropico 4 est donc une excellente suite qui mérite le détour tant pour sa gestion très complète, qui passe par le tourisme et la politique, que par sa qualité graphique. Sans compter sur son humour cynique et rafraîchissant à souhait.

La série emblématique de gestion développée par Kalypso est de retour avec un quatrième volet. Si pour vous gérer une ville est ennuyeux quand il manque les options "soudoyer", "menacer" ou "faire disparaître les opposants", alors Tropico 4 devrait vous plaire. Sortez votre meilleur cigare cubain et Viva la Revolución !

A vous de construire et d’agencer votre île comme bon vous semble.

Un tropico coco ?

Vous ne connaissez pas la série de jeu Tropico ? Pas de soucis, commençons par un petit rappel pour remettre tout le monde à niveau. Tropico est un jeu de gestion dans le genre de SimCity ou presque. Il vous y est proposé de développer une ville en tant que EL Presidente. Comme vous l’aurez compris, vous n’êtes pas le Maire mais le dictateur de cette cité. En tant que tel, vous allez donc avoir le droit d’user de votre pouvoir, de procéder à des exécutions sommaires en plus de la simple construction et amélioration de votre république bananière. L’autre particularité des Tropico est que le jeu se passe intégralement sur une île, nommé "Tropico". A part ça, comme dans tous les jeux de gestion, vous aurez à faire à la colère de votre population et à celle de vos voisins : les USA, l’URSS et autres pays démocratiques. Tropico 3 était l'adaptation sur console d’une licence jusque là réservée au PC. Elle avait brillé par la qualité du jeu et par la réussite du portage, tant au niveau graphique que de la jouabilité même s’il restait quelques points à corriger. C’est donc avec un certain intérêt que Tropico 4 était attendu dans nos salons.

Le menu des constructions est assez complet : bâtiment économique, maison de production...

Viva la Revolución !

Après un court didacticiel découpé en quatre missions qui vous apprendrons les bases du jeu, vous pouvez attaquer la partie la plus importante : la campagne. Vous commencez le jeu en sélectionnant un dictateur. En plus du "Che" ou de Fidel Castro et de divers personnalités disponibles de base, vous avez la possibilité de créer votre avatar. Vous pouvez influer sur l'apparence physique de votre dictateur mais aussi sur ses qualités tel que le charisme, la diplomatie ou l’alcoolisme, ainsi que sur ses origines (placé au pouvoir par la CIA, fils de riche, etc.). Tous vos choix influenceront évidemment le déroulement du jeu. Par exemple, si vous avez choisi d’être parachuté par le KGB, vous aurez de bonnes relations avec l’URSS mais des mauvaises avec les USA. Après, il s’agit d’un jeu de gestion. Vous devez construire des maisons, des usines, des infrastructures juridiques, politiques ou religieuses avec un arrière goût de Cuba, mais nous verrons cela plus tard. Comptez entre trois et six heures par missions, ce qui donne une durée de vie plus que correcte pour un jeu de stratégie et de gestion qui comprend 20 missions dans la campagne. Si vous ajoutez à cela les défis et le mode bac à sable, la centaine d’heures est amplement dépassée.

Le style "cubain" est omniprésent.

Une gestion complète de l’île

En plus de la traditionnelle administration d’une cité qui englobe la gestion des besoins des habitants comme l’électricité, la culture, la religion, vous avez aussi une gestion politique à adopter, tant sur le plan interne qu’externe. En interne, vous devez gérer les factions tels que les écologistes, les nationalistes, les religieux ou les intellectuels. Afin d’être satisfaits, ils vous demanderont des faveurs. A vous de les réaliser pour augmenter leur satisfaction ce qui vous assurera leurs votes, ou de les soudoyer et ainsi économiser du temps et de l’argent, voire carrément de les assassiner. Vous êtes un dictateur après tout. Si vous ne réagissez pas à leurs requêtes, les conséquences peuvent être terribles : grèves, blocus de vos docks... Vous devrez choisir la meilleure solution. En externe, il faudra interagir avec les nations. De l’URSS aux USA, en passant par l’Europe ou les pays d’Asie, vos actions auront des effets de bords internationaux. Choisissez votre camps lors des conflits entre les grandes nations. Mais méfiez vous aussi de la presse internationale qui ne manquera pas de dénoncer vos agissements. En cas de conflit, vous subirez des blocus ou des retraits d’aides financières. Votre premier ministre sera d’un grand secours dans la gestion de ses relations.

Les paysages sont vraiment fort sympathiques.

Un paysage paradisiaque pour une dictature qui dure

Tropico 4 s’apprécie aussi par son ambiance. Le jeu se déroulant sous les tropiques, les cocotiers sont légions sur des plages sublimes. L'équipe de Kalypso a d’ailleurs particulièrement bien réussi ce qui concerne les éléments naturels. Les arbres sont plus vrais que nature dans leurs mouvements. Les tornades ont un rendu plutôt correct, même si cela fera ralentir le jeu par moment. L’ambiance musicale est assez réussie également. Vous bénéficiez d’un fond sonore sur des airs de salsa cubaine. La musique est certes un peu répétitive sur la longueur des missions mais elle participe grandement à l’ambiance "caliente" du jeu. Le dernier point à aborder concerne le ton du jeu. Ici, le sérieux n’est pas de rigueur, bien au contraire. Vous avez le droit à du cynisme, de l’ironie et de la parodie de dictature qui provoquent souvent de larges sourires. Les doublages français avec un accent exagéré collent parfaitement au thème. Les personnages sont des caricatures de personnalités existantes, alors les dialogues sont souvent drôles si vous les prenez avec légèreté. L’ensemble de ses éléments font de ce jeu une réussite côté emballage.
Les Plus
  • L'humour et le cynisme du jeu
  • L'ambiance "cubaine" avec la musique qui va bien
  • La qualité des graphismes, même lors des zooms
  • Une durée de jeu assez correcte si vous accomplissez les missions à fond
Les Moins
  • Pas de mode en ligne

À propos de l'auteur

Si kharg était un jeu vidéo, il serait sans doute un jeu de rôle, un peu long au démarrage, rébarbatif dans tous ces abords et surtout où il faudrait chercher dans tous les coins pour trouver les trucs sympas. Un peu à l'image de Final Fantasy VII en réalité.

Ses derniers articles :