Disgaea 4 se repose sur ses lauriers

21 déc. 2011
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Il ne faut pas se leurrer, Disgaea 4 n’apporte (encore) que peu de réelles nouveautés. Nippon Ichi Software se repose sur ses lauriers en rajoutant quelques idées, les empilant à la suite. En même temps, quels lauriers ! Même s’il commence à être vieillot, le système est toujours au top et procure toujours autant de plaisir. Le mode en ligne est particulier mais les possibilités offertes et les résultats sont parfois si surprenants qu’il est addictif, comme le reste du jeu. Certes, le système n’évolue pas des masses mais la série est un phénomène au Japon et NIS ne va certainement pas dynamiter les codes de cette saga, du moins tant que les ventes suivront. Les T-RPG sont tellement rares qu’il est franchement difficile de bouder son plaisir, surtout que Disgaea 4 reste un très bon jeu dans son genre.

En 2004, Nippon Ichi Software (NIS) a réussi à faire revenir un genre quelque peu disparu sur console de salon. Le jeu de rôle tactique (ou T-RPG). Ainsi la série des Disgaea vînt le jour. Avec elle un système de jeu innovant et très intéressant. Après une suite surpassant le premier, la saga a perdu de la vitesse avec un troisième épisode quelque peu décevant. Mais NIS ne veut pas lâcher son bébé et aujourd’hui il est temps de faire le bilan d’un quatrième épisode attendu au tournant.

Les graphismes des personnages lors des dialogues sont toujours aussi réussis.

Disgaea 4 HD Ready !

Chose promise, chose due, NIS passe enfin à la HD. Fini l’impression de jouer sur la PlayStation 2. Dans Disgaea 4, les développeurs ont encore opté pour une 2D simpliste mais elle a le mérite d’être en haute définition. Finis les pixels qui brulent les rétines. Autre bonne nouvelle : comme le troisième volet, Disgaea 4 est traduit intégralement en français. Malheureusement pour les anglophones et habitués de la série, cette traduction n’est pas forcement la bienvenue. Le scénario et plusieurs blagues tombent à plat car les jeux de mots sont tout simplement impossibles à traduire. Le jeu perd donc un peu de son humour corrosif qui était déjà bien entamé. Si l’histoire se veut encore fofolle et souvent bien barrée, il faut admettre que les deux premiers volets avaient mis la barre très haut et ce quatrième épisode manque un peu de cet humour, spécialité et marque de fabrique de la série.

Exemple de Magimorph, le monstre devient une arme géante redoutable.

Mon royaume pour un prinnie !

Vous incarnez donc Valvatorez, un ancien tyran vampire qui a perdu de sa prestance et sa renommée (en plus de ses pouvoirs) après avoir fait la promesse de ne plus boire de sang. Il ne jure désormais que par les sardines. Il est devenu l’instructeur en chef des prinnies (les âmes des mortels qui vont en enfer deviennent des prinnies sorte de pingouins explosifs). Suite à un enlèvement de prinnies et autres quiproquos, il se retrouve embarqué dans une rébellion dans le Sous-Monde. S’ensuit donc une aventure improbable et riche en intrigues farfelues. Le gameplay de Disgaea 4 reste essentiellement le même comparé aux anciens volets. Des zones quadrillées, des personnages pouvant se déplacer, attaquer, soulever et jeter des objets, etc. il est toujours possible d’empiler vos combattants pour faire l’attaque de la Tour. Les GéoCubes avec leur GéoEffets sont eux aussi de la partie. Ce sont des cubes qui octroient, dans une zone donnée, un bonus ou un malus à tous combattants dans la dite zone. Détruire ces cubes entraine des réactions en chaîne qui peuvent être dévastatrices.

Ici, le Combimorph ou comment la fusion de deux monstres donne un champignon hallucinogène énorme.

Des fusions à foison

Disgaea 4 propose toujours le système de fusion (Magimorph) entre un monstre (enrôlé par vos soins au préalable) et un combattant classique. Le monstre se transforme ainsi en une arme puissante pendant quelques tours. En plus du Magimorph vient se greffer le Combimorph. Cette option permet de fusionner deux monstres pour en créer un gigantesque (qui reste lui aussi quelques tours). Le résultat donne un être géant surpuissant mais aussi plus accessible aux attaques ennemis (du fait de sa taille). Pour bien faire les choses, NIS vous permet de combiner le Magimorph et le Combimorph. A vous de créer un monstre incroyable et de le transformer en une arme redoutable pour un de vos soldats. Les possibilités sont énormes et les résultats parfois surprenants. A chaque ennemi tué votre armada gagne des points d’expériences pour monter en niveau et des âmes pour acheter et améliorer de nouvelles capacités ou attaques spéciales. Ces attaques peuvent être combinées, et jusqu’à quatre de vos combattants peuvent y participer.

Ça c’est ce qu’on appelle un gros chat. Et qui fait très mal en plus !

On ne change pas une équipe qui gagne ou presque

Comme ses prédécesseurs, Disgaea 4, ne propose pas que le mode histoire classique. Vous retrouvez le Monde des Objets, qui permet de "rentrer" dans n’importe quel item du jeu. Une fois dedans, des niveaux s’enchainent, plus vous allez loin, plus l’objet (ou équipement) va être amélioré. Le Sénat est lui aussi de la partie. Vous pouvez faire voter des lois (augmenter l’expérience gagnée, ou trouver plus d’objets rares) pour améliorer vos parties. A vous de soudoyer les sénateurs, par la peur, l’argent ou la force. Le QG fait son retour. Vous avez votre Base à vous. Désormais, elle copie la disposition des champs de bataille. Découpée en case, c’est à vous de placer vos personnages et de créer des édifices. Comme dans un jeu de stratégie classique, vous devez réorganiser l’espace de votre QG au fur et à mesure, ce dernier évoluant en même temps que vos victoires. Cette Base vous permet de personnaliser encore plus votre armée et amène une progression beaucoup plus maîtrisée du levelling (la montée de niveau), chose qui manquait cruellement à la série.

Avec les pièces trouvées, créez votre vaisseau de guerre pour pirater le monde d'un autre joueur.

Pirates du Net

Les développeurs japonais de NIS tiennent à prouver qu’ils rentrent (enfin) dans l’ère de la technologie. En plus de la 2D HD, un mode en ligne est présent. Mais pas de combats en ligne dans ce Disgaea 4. Au fil de vos pérégrinations (surtout dans le Monde des Objets), vous trouvez des pièces de navires. A vous de créez un bateau digne de ce nom et d’envoyer un équipage remplis de fiers guerriers pour attaquer le monde d’autres joueurs. Dans l’absolu, un joueur se fait envahir par vos troupes et les affrontent en temps réel. Il fait ses propres choix tandis que votre équipage suit une IA prédéfinie par vos soins avant de les envoyer à l’abordage. Suite aux combats, vous pouvez récupérer des trésors ou certains membres de l’équipe adversaire, les torturer pour qu’ils vous donnent des informations sur des trésors disséminés dans le jeu. Vous pouvez même envoyer un homme politique (comme le Sinistre de l’Extérieur) pour qu’il infiltre le Sénat d’un autre joueur et influence les votes (pour vous envoyer des cadeaux par exemple).
Les Plus
  • Le passage à la HD comme promis, bien vu juste avant 2012 et la fin du monde !
  • Une ambiance complètement folle
  • Un système toujours aussi bon avec quelques nouveautés sympathiques
  • La Base bien pensée et bien gérée
  • Le mode en ligne qui peut être bien vicieux
  • Une durée de vie proche d’un MMO
Les Moins
  • Toujours les mêmes problèmes de caméras, du coup le curseur fait un peu des siennes
  • Sérieusement, quatre épisodes et presque toujours les mêmes musiques, ça devient vite redondant
  • Avec la traduction quelques jeux de mots ne passent plus, mais de manière générale l’humour ne nous amène plus à de franche rigolade
  • Le mode en ligne aurait pu contenir un mode PVP classique en plus