L.A Noire, c'est noir

30 nov. 2011
Testé par sur
Disponible sur
2

Mort depuis plus de cinquante ans, le film noir de l'âge d'or hollywoodien n'en finit plus de réapparaître sous de nombreux avatars. Mais la nostalgie reste un poison, permettant principalement de fuir les difficultés du présent. En agitant à nouveau l'utopie d'une fusion entre cinéma et jeu vidéo, Team Bondi se perd en chemin et n'arrive pas à nous offrir un "jeu" vidéo. A force de refuser les étiquettes (bac à sable, aventure), il devient impossible de définir l'expérience. Vous voilà donc projetés dans un univers visuellement saisissant mais très carton-pâte où l'ultra-réalisme des personnages tente de pallier la vacuité de leur existence. L.A. Noire, c'est avant tout de belles images qui s'animent sur une superbe musique de fosse. Cela suffit à vous faire avancer mais ça ne fait pas un grand jeu.

Vendu comme le blockbuster du mois de juin sur les consoles de salon, le bébé de feu-Team Bondi arrive après quelques mois sur nos moniteurs HD dans une Edition Intégrale. Démo technique pour les uns, futur du jeu vidéo pour d'autres, la dernière production Rockstar n'a pas fini de faire parler d'elle. Mais une fois l'effet d'annonce retombé, que reste-t-il de nos amours ?

Des flashbacks viennent expliquer le passé de Cole.

De grandes espérances

Cole Phelps, jeune, marié et deux enfants, propre sur soi, vétéran de la guerre du pacifique, bref en un mot comme en cent l'américain idéal. Ça tombe plutôt car le Los Angeles Police Department cherche du sang frais et de préférence pas trop pourri pour nettoyer les rues de la nouvelle Mecque de la Côte Ouest. Ayant de la suite dans les idées et surtout une capacité outrancière à faire du zèle, Mr. Phelps passera par différents départements de police afin d'explorer la face, forcément obscure, de la Californie d'après guerre. Au programme, un démarrage en trombe dans la circulation, puis à la criminelle, en passant par les mœurs avant de finalement retomber dans les incendies volontaires. Nerveusement, le petit gars verra son intégrité mis à rude épreuve en faisant face aux dérangés, aux tentatrices, aux pourris ou simplement à ses collègues qui ne sont pas non plus des enfants de cœur. Mais pire encore, son service militaire traumatique dans les eaux du Pacifique pourrait ressortir au moment le moins opportun. Brendan McNamara aime ses clichés, il les aime tellement que L.A. Noire est devenu une sorte de monstre de Frankenstein où s’entremêle grossièrement des morceaux de Chandler, d'Elroy, de Hawks sans aucune cohérence, ni enchaînement. Toutefois, l'esthétique vient au secours de la narration à travers une apparence hors-norme, des acteurs excellents (pas mal de naufragés de Mad Men par exemple) et surtout une bande originale d’anthologie mélangeant Billie Hollyday, Dizzie Gillespie et Elle Fitzgerald.

Les fusillades peuvent être particulièrement mortelles.

Gueule d'amour

Arrêtons-nous sur la vitrine technologique du jeu, le MotionScan, une sorte de super motion capture qui permet de déceler les moindres changements d'expression sur le visage des personnages. Les résultats sont bluffants et sont pleinement au service du jeu. En effet, comme vous l'avez peut être deviné, L.A. Noire est un jeu d'enquête qui se déguise en Grand Theft Auto. Vous vous baladez en ville à bord de votre rutilante cylindré en allant résoudre des enquêtes de plus en plus complexes. Dans les faits, la ville (même si sa reconstitution est impressionnante) est plutôt ennuyeuse : il n'y a pas grand chose à faire à part résoudre les dites-enquêtes. Votre radio vous crachera sans cesse des délits à résoudre comme des courses poursuites ou des braquages de banque, mais dans les faits ces missions secondaires ne sont guère excitantes. Les enquêtes prennent la forme d'un Phoenix Wright : vous vous baladez sur le lieu du crime, cherchez des indices, dénichez des témoins pour finalement cuisiner des suspects au commissariat. Les interrogatoires sont probablement la meilleure partie du jeu puisque vous devez déterminer si la personne ment par ses mimiques et par les indices que vous avez pu récolter. Chose extrêmement ambitieuse, le jeu ne vous pénalise pas si vous ne trouvez pas le bon suspect ou si vous manquez d'indices. Il est donc parfaitement possible de mettre un innocent sous les verrous ou d'accuser quelqu'un sans aucune preuve. Seul votre score final s'en verra affecter, mais pas l'histoire. Le jeu est long, très long et c'est tout à son honneur. Comptez une bonne vingtaine d'heures pour en voir le bout. Comme son nom l'indique, la version intégrale pour PCistes est dotée des différents DLC rajoutant un petit bout à la trame principale et des costumes un chouïa flashy. Dommage que le travail effectué par Rockstar Leeds n'est pas gommé les imperfections techniques de la version console : clipping, aliasing, etc. Le portage n'est pas vraiment au top.
Les Plus
  • Une chouette ambiance
  • L'excellente musique
  • Les trognes et l'animation en général
  • Complet
Les Moins
  • L'histoire un peu gentillette
  • Une ville assez vide
  • Quelques soucis techniques