InFamous 2 fait des étincelles

01 juil. 2011
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InFamous 2 surpasse son aîné sur de nombreux points. Doté de nouveautés permettant de renouveler le gameplay, de missions secondaires un peu plus variées, d’une réalisation plus soignée, et d’une ville bourrées de détails, de clins d’œil et de références, le titre ne peut que plaire à tous ceux qui ont apprécié le premier. Car ce second volet des aventures de Cole MacGrath est l’archétype même du jeu qui a su s’améliorer entre deux opus. A tel point que l’on ne peut qu’acclamer le studio Sucker Punch, tant pour leur ingéniosité que pour leur travail accompli. Encore plus agréable à parcourir, étoffé, drôle, nerveux, grisant, électrisant... Moult adjectifs peuvent définir ce petit bijou alors qu'une seule phrase le résume parfaitement : attendez-vous à un jeu d’action hors du commun, procurant une formidable sensation de puissance, de liberté et de plaisir !

C’est bien connu, les super-héros possédant des pouvoirs hors du commun font toujours face à des choix moraux. Servir l’humanité, ou n’en faire qu’à sa tête et tenir compte uniquement de ses propres intérêts personnels ? Faire le bien ou le mal ? Incarner l’espoir ou le cauchemar ? C’est toujours le même refrain et cette fois-ci, c’est à vous de les refaire dans InFamous 2 en incarnant pour la deuxième fois Cole MacGrath, un jeune homme possédant la capacité de maîtriser l’électricité. On change peut être de terrain de jeu, mais les dilemmes cornéliens restent les même. Héros ou infâme ? Telle est la question...

Préparez vous à des combats titanesques.

Sale Bête !

Avant toute chose, il est conseillé de faire le premier épisode avant le deuxième. Effectivement, les deux histoires sont intimement liées et sans avoir joué au premier volet des aventures de notre pile humaine préférée, une bonne partie du puzzle vous manquera. Et même si les boîtes mortes sont là pour rappeler les évènements passés, cela reste tout de même un peu vague et pas assez approfondi. Ceci étant dit, passons maintenant aux choses sérieuses. Vous reprenez en main Cole quelque semaines après la fin du premier épisode. Vous vous apprêtez à prendre un bateau en direction de New Marais, ville fictive située en Nouvelle-Orléans, afin de vous préparer à l'arrivée imminente de la Bête sur Terre. Cette dernière est une créature à forme humaine, dotée de pouvoirs phénoménaux et faisant preuve d’aucune pitié en massacrant tout sur son passage. Cependant, elle arrive plus tôt que prévu et débarque subitement sur les quais d’Empire City, à deux pas de votre embarcation. Un combat titanesque s’ensuit alors, vous permettant de vous mettre dans le bain, de retrouver vos marques, et de vous réhabituer au maniement des diverses pouvoirs de Cole. Un début sur les chapeaux de roues en somme mais où vous êtes vite mis en déroute malgré tous vos efforts. En plus de vous contraindre à prendre la fuite, la Bête vous vide de la moitié de vos pouvoirs. Pour reprendre le dessus et espérer avoir une chance de la terrasser, il ne vous reste plus qu’à mettre le cap sur New Marais afin d’y dénicher des noyaux d’énergies, sortes de grosses barres énergisantes constituées de fragments et fourrées à l’électricité, qui vous procureront pouvoirs et puissance. Dans votre quête, vous devez affronter une milice à la solde d’un multimilliardaire aux nombreux préjugés ainsi que d’immondes monstres sortant des marais et des guerriers de glaces. Prudence, riposte et précision sont de rigueur dans InFamous 2 car avec tous ces ennemis, il vous faut agir vite et bien si vous ne voulez pas avoir besoin du défibrillateur.

Certains pouvoirs en mettent réellement pleins les yeux !

Un incroyable renouvellement

Très vite, vous retrouvez les sensations laissées par le premier volet, accompagnées qui plus est de quelques nouveautés. Effectivement entre temps, notre pile humaine favorite est désormais en totale harmonie avec ses pouvoirs. Il les accepte et les assume enfin entièrement. Bien dans sa peau, Cole est donc plus réfléchi et plus déterminé que jamais à affronter son destin et à tout faire pour vaincre la bête. Cependant, il hésite encore quant à l’utilisation de ses pouvoirs. En de rares fois, vous devrez faire un choix qui vous coûtera cher, que ce soit au nom du bien ou du mal. Ces décisions marqueront un prolongement ou alors un changement radical de votre karma. Car oui, vous pouvez passer de Héros à Infâme, ou l’inverse, à deux reprises durant le jeu. Soit vous continuez sur votre lancée et faîtes le bon choix pour poursuivre votre karma en cours, soit vous l’inversez. Une autre grosse nouveauté est l’amplificateur, une sorte de batte métallique à deux branches, vous permettant de réaliser des combos au corps à corps dévastateurs. Cette nouvelle arme de poing est très efficace et se révèle souvent utile contre les ennemis à qui quelques décharges ne suffisent pas. Les enchaînements de coups avec cette arme sont fluides et gagnent en puissance au fur et à mesure de votre progression. De plus, Cole est toujours autant agréable et facile à manier. Que ce soit en pleine échauffourée ou juste pour se balader en grindant les rails ou fils électriques, en planant avec l’électricité statique ou même pour se poser au sommet d’une tour afin d’admirer la vue avant de plonger et retomber au sol avec fracas. A cela s’ajoute un ajout très intelligent sur de nombreux bâtiments de la ville. Il s’agit d’un poteau électrifié à la verticale fixé sur un mur. Il vous permet, à l’instar des balanciers dans Assassin's Creed : Brotherhood, de vous propulser à toute vitesse vers le haut, vous faisant même dans la majeur partie des cas dépasser le toit de l'immeuble où le dispositif est fixé. Le jeu transpire la liberté et la puissance à chaque instant. Les nouveaux pouvoirs que vous débloquez au fil de l’aventure sont quant à eux bien pensés et originaux. Leur arrivée permet au gameplay d'évoluer et de s'améliorer par rapport au premier épisode. Certains ravagent tout sur leur passage mais demandent beaucoup d’énergie, alors que d’autres, plus économes, servent à se déplacer plus rapidement. On apprécie par exemple le grappin qui s’accroche à tout solide pas trop éloigné et permet de rejoindre un endroit en un éclair ou encore des améliorations de la décharge primaire. En passant par une en tenaille avec trois éclairs simultanés pour plus de dégâts, la rafale ou encore le tir continu, il y en a pour tous les goûts. A vous de régler vos pouvoirs dans le menu. C’est intuitif, c’est varié, c’est puissant, c’est grisant !

Sale et dépravée, New Marais est la ville où le danger vous guette à chaque coin de rue.

Une véritable mine d'or !

New Marais est visuellement impressionnante. Même si les défauts et les textures ratées sont assez nombreux, on n’en tient pas rigueur. En effet, cette ville se révèle très riche. Légèrement plus grande qu’Empire City, elle se distingue en trois quartiers bien distincts. Le premier regroupe le centre ville avec ses monuments telle que la magnifique et imposante cathédrale, trônant majestueusement au centre du quartier et ses zones commerciales comprenant les hôtels de luxe, les casinos ou encore les cinémas. En parlant de ces derniers, si vous regardez de près les titres des films à l’affiche, vous remarquerez avec amusement que les petits gars de Sucker Punch se sont plu à faire des jeux de mots avec les noms d’autres jeux vidéo. Les références sont légion et qui plus est, très drôles. Vous savourez chaque titre, chaque enseigne, chaque détail, en essayant de voir si un clin d’œil se cache dessous ou non. Le deuxième pan de la ville a été dévasté par l’ouragan Katrina. Maisons écroulées, inondées et en ruines peuplent ce décor chaotique. Prenez garde dans cette zone de la ville car l’eau y est extrêmement présente et Cole n'aime pas tellement faire trempette. Privilégiez donc les fils électriques et les toits plutôt que la terre ferme, il vous en sera reconnaissant. Là encore, malgré quelques reproches que l’on pourrait faire, on ne peut que s’incliner devant cette plaine dévastée s’étendant à perte de vue. Enfin, la dernière partie de la ville est en majorité une zone industrielle. Une forêt d’usines, de cheminées vertigineuses et de hangars sordides recouvrent une bonne partie du quartier. Le reste est peuplé par des habitations, peu nombreuses aux vues des deux autres parties de la ville. Trois zones différentes et pourtant complémentaires. Elles forment un tout, elles s’imbriquent parfaitement et sont toutes trois riches et hautes en couleurs. Honnêtement, survoler les rues, les allées, sauter de toit en toit, grinder sur les câbles, escalader, bondir, planer,... le tout en admirant cette ville sale, malade et dégradée se révèle jouissif. Les animations et les décors regorgent de détails et crient de vérité. Il en va de même pour les personnages, réalisés correctement et eux aussi soignés.

De temps en temps, ce genre d'animation apparaît à la fin de missions principales.

On en redemande encore

D’une traite, le jeu se termine en une quinzaine d’heures. Mais le refaire en prenant les décisions inverses double la durée de vie. De plus, c’est sans compter la multitude de missions annexes. Chaque mission principale bouclée en apporte de nouvelles. Quand vous accomplissez une de ces missions secondaires, vous grappillez un peu plus de terrain aux ennemis. Que ce soit la milice, les monstres venus du fin fond des marais ou bien les guerriers de glace, aucuns ne seront plus présents dans les zones dégagées. Bien entendu, si vous les finissez toutes, la ville entière se retrouve sous votre protection et vous n’avez alors plus à vous soucier d’être pris comme cible. Ces petites missions rajoutent facilement une bonne dizaine d’heures, tant par leur nombre que par leur durée. Car oui, toutes ne se finissent pas en cinq minutes, il vous faudra prendre parfois du temps pour les mener à bout. Le seul reproche que l’on puisse leur faire est que ce soit souvent les mêmes. Vers la fin, cela en devient même légèrement rébarbatif et la fainéantise peut vous envahir peu à peu. Les bâcler au plus vite devient tentant, mais la précipitation vous fera commettre des erreurs, vous obligeant à recommencer... Enfin, à cela s’ajoute les stages que vous pouvez créer de toute pièce et partager via le PSN avec le monde entier. A l’exemple de LittleBigPlanet, vous avez l’occasion de monter de courtes missions, à condition de bien comprendre et maîtriser les mécanismes de création. Effectivement, la prise en main est assez dure et patience ainsi que précision sont donc demandées.
Les Plus
  • Le nouveau look de Cole
  • Les nouveaux pouvoirs
  • L'amplificateur
  • La richesse de New Marais
  • Les boîtes mortes, toujours aussi plaisantes à écouter
  • Les missions principales, replie d'adrénaline
  • Les cinémas
  • Le gameplay renouvelé
  • La difficulté bien dosée, ni trop dure, ni trop simple
  • Grisant d'un bout à l'autre !
  • Les missions secondaires
  • Quelques combats titanesques
  • Pouvoir créer un niveau
  • L'effet comics toujours présent
Les Moins
  • Les missions secondaires qui finissent malheureusement par devenir rébarbatives à partir d'un moment
  • La difficulté de faire un niveau soi même