Medal of Honor : la nouvelle ligne

10 nov. 2010
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C'est la première fois qu'un jeu de cette envergure nous replonge dans un conflit qui n'est pas terminé. Avec une approche réaliste, documentée, Medal Of Honor place la barre très haut. Réalisation impressionnante, missions variées, multijoueur solide : s'il n'y avait pas quelques problèmes de scripts et une IA un cran en-dessous de la concurrence, ce serait le sans-faute. La durée de vie vraiment faible en solo est décevante pour un jeu de cette envergure. Reste le patriotisme à fleur de peau, une constante dans la série, qui passe moins bien aujourd'hui - surtout de la part d'un éditeur qui nous a offert, avec Battlefield : Bad Company 2, pas mal de recul face à l'armée et ses généraux. Une tendance que les derniers Call of Duty impriment aussi aux jeux de guerre, Black Ops compris, et que Medal Of Honor n'a clairement pas l'intention de suivre.

Le tout dernier Medal Of Honor change complètement la donne : finie la seconde guerre mondiale, nous voici plongés dans un conflit qui n'est pas encore terminé. Le changement est brutal avec cette guerre en Afghanistan, même si le ton reste identique : plus que n'importe quel autre jeu de guerre, Medal Of Honor est ouvertement patriotique, glorifiant l'armée américaine et la solidarité des soldats face à l'ennemi... et aux politiques. Un parti pris qui fait l'unanimité pour les guerres du passé mais qui résonne différemment aujourd'hui, avec les conflits et les gouvernements actuels.

Défoncer des portes et tirer dans le tas au ralenti : la recette est connue

Infiltration et sabotage

Dans le tout premier Medal Of Honor, le jeu commençait par une reconstitution impressionnante du débarquement - une version HD ressort d'ailleurs pour marquer le coup, avec des graphismes et des scripts qui ont malheureusement pris un coup de vieux. Le nouveau Medal Of Honor commence par une mission d'infiltration qui tourne mal, pour illustrer à quel point la guerre a changé en quelques décennies. Il ne s'agit plus d'installer et de défendre une tête de pont mais de trouver un informateur, de récolter des informations, de localiser les positions ennemies... Si on y ajoute quelques missions de sabotage ou de snipe, c'est presque plus de la résistance que de la guerre. Après, au fil des niveaux, on fait connaissance avec divers corps de métier au sein de l'armée, qui s'épaulent mutuellement, et les missions prennent une autre envergure : plus spectaculaires, plus hollywoodiennes. Mention spéciale à la mission de survie, dans une maison pilonnée par les talibans, où les hélicos Apache viennent nous sauver la mise à la dernière seconde... juste avant qu'on en prenne les commandes.

Les missions en Apache se limitent au tir aux pigeons : pas question de diriger l'hélico.

La guerre des scripts

Communications radio, dialogues, blagues entre forces spéciales : Medal Of Honor a vraiment soigné la mise en scène et le résultat est particulièrement immersif. Sur le champ de bataille c'est (presque) du même niveau que les Modern Warfare ; Medal Of Honor y a ajouté deux trouvailles, les glissades pour se mettre à l'abri au terme d'un sprint, et les munitions qu'on demande aux autres quand on est à sec. Maintenant, il faut bien reconnaître que le soucis de réalisme s'estompe au fil des missions, qui jouent la carte de la surenchère ; et que quelques problèmes viennent gâcher la fête. Le plus grave concerne les scripts : ils ont souvent des ratés. Pour peu que vous fonciez un peu trop en avant et que les autres restent en arrière, les événements suivants ne se déclenchent pas toujours. Surtout le jeu est conçu comme des montagnes russes, avec des couloirs et une seule façon de s'en sortir. Le procédé n'est pas nouveau, c'est juste que dans ce Medal Of Honor les scripts sont trop visibles. Au point de gêner parfois l'immersion.

A part ces quad de nuit, vous ne conduirez pas de véhicule.

Plus tactique, moins brouillon

En changeant d'époque, Medal Of Honor ne peut pas éviter la comparaison avec les Modern Warfare. Medal Of Honor est plus réaliste, plus immersif, presque documentaire parfois lors des échanges radio en caméra thermique : c'est tout l'enrobage qui est plus crédible, et le contexte de la guerre en Afghanistan y est pour beaucoup ; ne vous attendez pas à retrouver Washington en flammes. Par contre, sur le champ de bataille, les Modern Warfare gardent l'avantage avec des scripts moins visibles, des combats plus brouillons : les ennemis ne changent jamais d'abris dans Medal Of Honor, ne trébuchent pas quand ils courent, attendent sagement leur cinq secondes réglementaires avant de sortir la tête de leur cachette et de se faire sniper... C'est peut-être ce qui manque le plus à Medal Of Honor ; ainsi qu'une durée de vie plus conséquente. Moins de six heures en solo, c'est court, très court. Reste le multijoueur, très équilibré entre tactique et action non stop ; notamment en Rush et Objectif Raid.
Les Plus
  • Une ambiance vraiment réussie
  • Plonger dans une guerre qui n'est pas encore finie
  • Un multijoueur très réussi
Les Moins
  • Vraiment trop court en solo