Dragon Age : Origins fait couler l'encre et le sang

14 janv. 2010
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Dragon Age : Origins n'est pas aussi bon qu'il le prétendait, mai il n'en reste pas moins un sacré bon jeu de rôle. Alors oui, la réalisation est pauvre, l'univers et les protagonistes manquent de personnalité et le tout est un peu terne ; mais peu importe ! Le rythme soutenu, le scénario efficace, la durée de vie colossale et le système de jeu très souple en font un titre incontournable. L'erreur était de le vendre comme le successeur de Baldur's Gate, ce qu'il n'est pas ; mais pris pour ce qu'il est, un bon jeu de rôle en solo, c'est très clairement une réussite.

Vous avez entendu parler de Baldur's Gate ? Considéré comme le meilleur jeu de rôle PC, le pauvre n'avait jamais eu de réel successeur. Autant dire que quand Dragon Age : Origins a pointé le nez pour prendre la relève, l'attente autour de ce titre est devenue fébrile. Un peu trop peut-être : inutile de faire durer le suspens, Dragon Age : Origins n'a malheureusement pas la carrure de son aîné. Ne lui crachons pas dessus pour autant : c'est malgré tout un excellent jeu de rôle à l'ancienne, un titre à savourer en solo tout seul chez soi. Comme au bon vieux temps, avant l'invention du MMORPG.

Le gigantisme de cette bataille évoque clairement le Seigneur des Anneaux.

Baldur qui ?

Qu'on se le dise, le successeur de Baldur's Gate n'est pas encore né. Dragon Age : Origins a beau avoir été conçu par le même développeur, il a beau reprendre des situations et des décors familiers, il lui manque très clairement plusieurs atouts. Sa réalisation est un premier gros handicap : les environnements manquent de vie et de personnalité, un défaut plutôt rare dans les univers médiévaux. Tout fait toc, comme un décor hollywoodien un peu trop sommaire ; les visages sont insipides, les textures correctes et les décors parfois risibles, comme ces forêts composées de quelques arbres rabougris qu'on n'est pas trop censé détailler du haut des remparts... C'est peut-être choquant au premier abord, surtout que The Elder Scrolls IV : Oblivion et Fable II ont placé la barre assez haut, mais finalement, on s'habitue à ce dépouillement. Pire : on finit par ne plus s'en soucier du tout, tant le jeu s'avère passionnant.

Vous pouvez parfois utiliser le décor pour déclencher des pièges et tuer vos ennemis.

Le fond plutôt que la forme

Peu importe que les héros aient des visages inexpressifs ou que les décors fassent vide, l'intérêt de Dragon Age : Origins est ailleurs. Selon la race (Nain, Elfe ou Humain) et la classe (Guerrier, Voleur ou Mage) que vous choisissiez au départ, le jeu ne commence pas de la même façon, ni au même endroit. Evidemment, le choix est plus limité que dans NeverWinter Nights 2 mais les compétences à débloquer sont hyper nombreuses. A vous de voir si vous voulez être moyen partout, depuis les sorts de soin en passant par le combat à deux mains, ou si vous choisissez de vous spécialiser. Les puristes vont peut être râler, les armures lourdes n'étant même pas interdites à certaines classes comme les Mages ou les Voleurs, mais dans les faits la souplesse de ce système rend l'expérience de jeu très agréable. Pour ne pas dire : très abordable.

Les classes ne sont pas assez nombreuses mais les spécialités permettent de créer un héros complet.

Très bavard

Si vous avez l'habitude des jeux de rôle, vous serez sans doute surpris de vous sentir dirigé en permanence vers les personnages à interroger pour faire avancer l'intrigue ou vers les zones à explorer. Dragon Age : Origins prend les joueurs en main et ne leur permet pas vraiment de batifoler à droite à gauche, sans doute pour maintenir un rythme soutenu. Attaques, traîtrises, batailles épiques, on sent que les développeurs ont cherché à maintenir l'intérêt constamment. C'est un vrai succès : une fois dedans, difficile de décrocher. Le scénario n'est pas original, certains retournements de situation sont un peu téléphonés, mais la mayonnaise prend bien et on se retrouve à enchaîner les nuits blanches sans faire attention. Les dialogues sont nombreux, l'univers créé es très riche et les interactions très riches. Non seulement le jeu nous place face à de vrais conflits moraux, mais il permet en plus de coucher à droite à gauche pour peu qu'on choisisse les bonnes options de dialogue. Un jeu mature qui souffre de handicaps certes, mais qui communique un plaisir de jeu tel que ses défauts passent au second plan. Un titre à avoir pour les fans de jeu de rôle, en espérant une suite plus travaillée.
Les Plus
  • Scénario et dialogues très réussis
  • Une durée de vie énorme
Les Moins
  • Manque de personnalité
  • Trop de chargements
  • Pas assez de races et de classes