Infinite Undiscovery, plus près du bon que du grand

14 oct. 2008
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Square Enix
  • Développeur Tri-Ace
  • Sortie initiale 5 septembre 2008
  • Genre Rôle

Après l’attente de cet Infinite Undiscovery et ce qui était prévisible au vu de la collaboration de tri-Ace et de Square-Enix, la première réaction est la déception. Le jeu a ses qualités comme ses défauts et ces derniers sautent plus facilement aux yeux. Cependant, même si le rythme du jeu est lent, que les développeurs ont utilisé des ficelles - comme les allers-retours - pour rallonger la durée de vie, Infinite Undiscovery possède des arguments à faire valoir. L’évolution de ce petit groupe avec des entités et des personnalités complètement différentes est réellement attachante. Le système de combat est maîtrisé, les musiques réussies et certaines séquences sont épiques. La communauté des fans de RPG attendait surement mieux mais Infinite Undiscovery n’en reste pas moins un bon RPG.

Quand Square-Enix décide de réaliser un RPG sur la dernière console de Microsoft, le petit monde du jeu vidéo est en ébullition. L’espoir de voir un très grand RPG pour la Xbox 360 se présente à Microsoft lorsque tri-Ace est annoncé au développement. Trois ans après cette annonce arrive enfin Infinite Undiscovery, mélange entre Star Ocean : Till the end of time et Final Fantasy XII. L’attente fut longue, l’espoir était là et pourtant c’est la déception qui prime lors dés premières heures de jeu. Le petit monde vidéoludique attendait un grand hit, un jeu culte, il doit se contenter d’un bon petit RPG.

La lune est ratachée à la Terre par ces chaînes, votre devoir est de les détruire.

Une histoire vue et revue

Infinite Undiscovery narre l’histoire de Capell, jeune flutiste emprisonné pour des raisons peu évidentes. Jeune personnage candide qui vient se faire délivrer par la belle Aya qui le prend pour Sigmund le Libérateur. Car Capell est le sosie du dénommé Sigmund, ce dernier étant le chef d’un groupuscule portant le doux nom de "The force". Ce groupe lutte contre "l’order of chain" mené par le Dreadknight, qui a enchainé la lune à la Terre afin de contrôler un puissant pouvoir. Capell se retrouve donc embarqué dans une aventure le dépassant complètement. Evidemment, le scénario va faire évoluer ce jeune héros et les différentes intrigues vont se dénouées au fil du jeu. Mais pour cela, il va falloir être patient. Dire qu’Infinite Undiscovery est laborieux est un euphémisme, tant le jeu peut rebuter par certains aspects. Tout d’abord, il est entièrement en anglais, fait étrange vu la politique de localisation de Square-Enix. Les non anglophones risquent donc de faire l’impasse. Ensuite, Infinite Undiscovery fait preuve de lourdeur dans le déroulement de l’intrigue et dans sa mise en scène. Le rythme se voit souvent cassé par des phases de dialogues ne servant à rien ou lors de phases dans des donjons mal pensées et interminables. Le développeur japonais a cédé à des facilités dont il ne nous avait pas habitué : donjons chaotiques, aller-retours incessants, en bref le jeu ressemble plus à un donjon/RPG qu’à un RPG classique.

Voici une bonne partie de votre troupe, au final vous avez 18 personnages à disposition.

Des défauts et des qualités

Certes, Infinite Undiscovery n’est pas exempt de défauts mais il a aussi de bonnes qualités. Coté défauts, la réalisation laisse à désirer, les graphismes sont irréguliers. Les personnages et certains décors sont bien modélisés, alors que d’autres sont carrément laids. L’histoire ne se met en route que très tardivement, et le début de l’aventure ne donne pas forcement envie de continuer. Après être sorti de prison, vous êtes poursuivis par des gardes et un ogre imbattable vu le niveau de vos personnages. Il faut donc fuir jusqu’à une forêt où, là encore, il est nécessaire de fuir dans un environnement plongé dans le noir. Tout ça entrecoupé par des didacticiels pompeux qui cassent le rythme (comme s’il avait en besoin). Lors des cinématiques, le doublage en anglais est honnête mais les lèvres des protagonistes ne sont pas du tout synchrones avec le son, dommage car certaines d’entres elles sont plutôt bien réalisées. Coté qualités, les personnages, bien que classiques dans l’ensemble, sont attachants et bien modélisés. Avec un total de dix sept compagnons, tri-Ace propose une palette de personnages plus que convaincants. Si le jeu contient dix huit combattants (les dix sept équipiers + Capell), vous ne contrôlez que le jeune flutiste. L’ordinateur gère les trois autres personnages dans le groupe et L’IA est plus que satisfaisante. Il est possible de leur donner une ligne de conduite ou de leur demander de vous soigner en appuyant sur une touche mais il est rare d’y faire appel vu la qualité de l’IA. Infinite Undiscovery donne place, lors de quelques scènes, à des phases épiques qui accélèrent le rythme. Vous formez trois à quatre groupes qui avancent indépendamment pour un objectif commun et là encore l’IA fait des merveilles. Les musiques ne sont pas en reste, elles sont très réussies et collent parfaitement à l’ambiance.

Un exemple de combo aérien, il est possible d'enchainer l'ennemi en l'air tant que vous possédez des AP ou MP.

Une machine bien huilée

Un des gros points forts du jeu sont ses combats dynamiques. Les ennemis sont visibles à l’écran et il n’y a pas de transition entre l’exploration et un combat. Vous pouvez prendre vos ennemis au dépourvu et gagner un bonus d’attaque, mais ceux-ci peuvent en faire autant. Infinite Undiscovery s’inspire du système de combat de Star Ocean : Till the end of time. Vous retrouvez donc un système avec des coups faibles, des coups puissants, diverses magies utilisant une barre de MP (Magic Point) et des battle skills utilisant une barre d’AP (Action Point). Et en mélangeant tout cela, vous obtenez des combos dévastateurs et bien souvent du plus bel effet. Dans Infinite Undiscovery, il existe trois sortes de combos : les normaux, aériens ou au sol. Chacun d’eux vous octroie un bonus une fois l’ennemi terrassé. Pour les combos normaux, vous obtenez des AP. Pour ceux au sol, les barres de vie et de magie de vos personnages se régénèrent légèrement. Enfin, pour les aériens, vous obtenez un bonus d’expérience. Sans révolutionner le genre, ce système permet de diversifier les combats et de se sortir de mauvaises situations ou d’en anticiper. Si vous n’incarnez que Capell, tri-Ace a incorporé un mode permettant de lier un autre combattant au jeune héros. Avec ce mode, le connect actions, Capell peut demander au combattant lié de réaliser deux attaques différentes ou alors les deux protagonistes peuvent combiner leurs attaques. Encore une réussite pour le développeur japonais qui réalise un système de combat bien pensé.
Les Plus
  • Le système de combat dynamique
  • Une IA de bonne facture
  • Les personnages attachants
  • Les superbes musiques
  • Quelques passages épiques
Les Moins
  • Le manque de rythme
  • Aucune traduction
  • Des graphismes inégaux
  • Le début du jeu rebutant