Ninja Gaiden II : l’appel du sang

07 juil. 2008
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3

Au-delà de la beauté sauvage de ces affrontements incroyablement sanglants, au-delà de la bestialité des combats, incroyables de sauvagerie et de violence, Ninja Gaiden II laisse une légère amertume. D’abord à cause de ces caméras mal pensées, souvent trop proches de l’action pour la sublimer. Vous aller vous faire taillader dans le dos un nombre incroyable de fois à cause de cette stupide caméra, qui vous oblige lorsqu’elle se rapproche trop à vous dégager ou à frapper à l’aveugle, méthodes ô combien risquées. C’est aussi la faute des niveaux, mal pensés pour certains affrontements – les éternels couloirs en particulier. L’exploration est également passée à la trappe dans cette suite, ce qui évite les allers-retours mais donne trop l’impression d’avancer sur un rail. Des défauts légers qui privent Ninja Gaiden II d’une meilleure note mais qui ne devraient pas gêner les amateurs de combats sauvages et violents.

Certains jeux ont le mérite d’être clairs, très clairs. Pas de notice à consulter pendant des heures. Pas de questions à se poser sur le sens de la vie. Pas de dilemme. Juste des ennemis, un héros, et des lames tranchantes entre les deux. C’est précisément ce que propose le jeu le plus sanglant du moment, Ninja Gaiden II, un titre d’une brutalité et d’une sauvagerie incroyable. Vous aimez décapiter vos adversaires ? Les empaler ? Les achever au sol ? Les démembrer ? Les jeter dans le vide ? Le ninja le plus célèbre des jeux vidéos vous propose tout ceci et même davantage dans cette suite placée sous le signe des effusions de sang.

Vous gagnez de nouvelles armes au fur et à mesure, comme ces griffes.

Le cœur bien accroché

Le scénario est nul mais tout le monde s’en moque : une jolie fille, des ennemis, un rapt, une ruelle sombre et le tour est joué : bienvenue dans Ninja Gaiden II. D’emblée, les coups s’enchaînent et tout de suite, le résultat est là. Fait extrêmement rare dans les jeux vidéos, chaque coup tranche réellement vos adversaires. Ceux-ci perdent une main, un bras, une jambe, voire carrément la tête, dans des gerbes de sang grand-guignolesques. L’horreur des combats est caricaturale, efficace, stylée à l’extrême. Elle est drôle et dérangeante à la fois, le spectaculaire le disputant au dégout. C’est un peu comme du Kill Bill 2, cette fameuse scène de découpage en règle d’une armée de yakuzas. Mais en temps réel. Et en permanence.

Les explosions de sang sont systématiques. Vous découpez littéralement vos ennemis !

L’effet de surprise

Une fois les premiers combats passés, le jeu prend ses marques : lentement, mais sûrement. D’abord en insistant sur le côté plate-forme. Les sauts au-dessus du vide (avec des murs invisibles pour éviter de se rater), les courses contre les murs, les escalades en sautant de paroi en paroi... Tout y passe, et plutôt bien. Du grand classique, mais combiné à quelques dangers : ennemis qui surgissent en pleine course, parois mouvantes... Les développeurs maîtrisent leur sujet. Après, les niveaux se suivent et se ressemblent un peu trop vite. Les mêmes couloirs se succèdent dans des environnements différents, avec leur lot de pièces savamment disposées pour servir d’arènes. Courses, combats acharnés, arènes : l’ensemble est efficace mais un peu trop répétitif. Il manque de l’invention, de l’originalité, du grandiose, cette démesure que l’on ne retrouve que trop ponctuellement dans quelques rares niveaux, et surtout vers la fin.

Certaines contre-attaques permettent de tuer un ennemi d'un seul coup.

Des combats acharnés

Ceux qui redoutaient une difficulté abusive, comme dans le précédent volet, peuvent se rassurer. Un nouveau système de récupération entre deux combats permet de récupérer une partie de sa barre de vie, par paliers. Pratique. De nombreux objets destructibles permettent aussi de récupérer de la vie, avec les emplacements de sauvegarde. Le jeu n’est pas facile mais du coup la difficulté n’est pas insurmontable. C’est un bon équilibre entre des combats nerveux, acharnés, éprouvants, et des phases de récupération. N’espérez pas survivre en bourrinant toutefois car Ninja Gaiden II se paie le luxe d’être assez compliqué à maîtriser. Il faut vraiment doser les contre pour parer les attaques de ses ennemis et les décimer ensuite. Avec le bon timing, il devient possible de briser une attaque et d’empaler un adversaire sur ses lames, ce qui n’est pas seulement superbement gore à contempler : c’est aussi très efficace pour nettoyer rapidement une zone. De nouvelles armes, récupérées progressivement, permettent de faire un maximum de dégâts en variant un peu les attaques. C’est notamment le cas des griffes à la Wolverine qui autorisent des combats d’une sauvagerie inouïe.
Les Plus
  • Son esthétique de la violence
  • Des combats brutaux mais tactiques
  • Un rythme trépidant
Les Moins
  • Des problèmes de caméra