Tabula Rasa ne réinvente pas le MMORPG

16 févr. 2008
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur NC Soft
  • Développeur NC Soft
  • Sortie initiale 2 novembre 2007
  • Genres Massively Multiplayer Online, Rôle

Richard Garriott est une icône du jeu vidéo mais la présence d'un seul homme, aussi talentueux soit-il, ne peux pas résoudre tous les problèmes d'une production rassemblant plus d'une centaine de personnes. La patte du maître est perceptible sur certains éléments du jeu comme le système de progression de votre personnage, accessible sans être simpliste. De plus, l'angle sous lequel est abordé le scénario et la présence de quêtes plus intéressantes qu'à l'accoutume aguiche tout amateur de jeu de rôle. Hélas, passer des longues heures à tuer des sangliers mutants reste ennuyeux et si en plus discuter avec sa guilde devient une gageure, le jeu en vaut tout de suite beaucoup moins la chandelle. Tabula Rasareste donc une création mineure de NCSoft avec quelques bonnes idées mais qui ne fait aucune ombre au colossal World of Warcraft ou même à Guild Wars.

Longtemps attendu, le nouveau projet du légendaire créateur de la série Ultima est enfin disponible. Tabula Rasa, c'est son nom, vous convie à une nouvelle expérience en ligne dans un univers de science-fiction plutôt original. Richard Garriott voit grand et veut que son bébé révolutionne le genre en partant sur de nouvelles bases. Hélas, la présence d'un grand nom du jeu vidéo sur une jaquette ne fait pas tout et Tabula Rasa en est un parfait exemple.

L'histoire commence mal pour notre bonne vieille terre.

Apocalypse Maintenant

La terre telle que nous la connaissons n'est plus. Plus besoin de prendre la voiture pour aller au boulot chaque matin, d'affreux extraterrestres nommés les "Bannis" viennent d'atomiser votre bureau. Heureusement, pour vous sauver durant ces heures sombres, les gouvernements terriens ont tout prévu. En effet, caché dans le désert du Nevada, existe un portail interstellaire pouvant envoyer les rescapés en lieu sur. Afin de garantir la survie du plus grand nombre, les dirigeants terrestres décident de n'envoyer que les personnes les plus compétentes et à même de survivre dans ces mondes hostiles. Il va sans dire que vous faites parti de ces heureux pionniers et que c'est à vous de venger votre planète. Sous la coupe des Elohs, les ennemis ancestraux des Bannis, l'humanité fonde l'Armée des Forces Séditieuses, dernier rempart militaire contre toutes les menaces rencontrées. Car non seulement les vaisseaux mères Bannis se rapprochent de votre planète d'adoption mais les nombreuses créatures xénomorphes rodant prêt des camps de fortune ne vous laissent aucun répit. Pour survivre à cette galère, l'AFS peut compter sur le courage de ses nouvelles recrues mais également sur un ancien héritage magique que seuls les humains semblent pouvoir maîtriser : Les Logos. Ces derniers sont en effet des artéfacts tangibles, cachés à travers les planètes explorées, nécessaires au développement de nouveaux pouvoirs.

Les Logos sont disséminés à travers le jeu. A vous de les dénicher.

Engagez vous citoyen !

Comme dans tout bon MMORPG, vous commencez par créer votre avatar virtuel avant de vous lancer dans la bataille pour sauver la galaxie. Toutefois, la création se résume ici au strict minimum et à l'apparence de votre personnage et à son sexe. Chose toute fois sympathique, tous vos personnages auront le même nom de famille à choisir d'entrée de jeu. Les premiers niveaux obtenus par votre personnage prennent la forme d'un tutoriel et permettent de se familiariser avec l'interface et les commandes. L'ergonomie reprend la forme d'un jeu de tir à la troisième personne : les personnages emploient des armes à feu ou des lasers futuristes et vous pouvez vous abriter derrière des obstacles pour prendre moins de dégâts. Le passage à chaque niveau supérieur vous octroie des points de caractéristiques pour augmenter au choix votre corps (force, points de vie), votre esprit (précision) ou votre volonté (points d'énergie). De plus, vous disposez de points à répartir dans vos compétences. Ces derniers sont diverses et variées allant des différents types d'armes aux techniques spéciales de classe. En effet, une fois atteint le niveau 5, vous devez choisir entre devenir un combattant ou un technicien, le premier affectionnant plutôt les armes de destruction massive tandis que le second peut fabriquer des objets et a accès à de nombreuses compétences. Plus tard, au dixième puis au quinzième niveau, de nouvelles spécialisations s'effectuent afin de devenir par exemple tireur d'élite ou encore médecin.

Les Bannis ont une facheuse tendance à débarquer lorsque vous les attendez le moins.

Beaucoup de bruit pour pas grand chose

La grosse déception se situe au sein même du gameplay de Tabula Rasa: le cœur du jeu reste identique à tous ce qui se fait dans le genre. Au lieu de faire un concept de niche comme EVE Online, NCSoft préfère garder une attitude consensuelle vis à vis des fans de MMORPG de tout genre. Vous passez le plus clair de votre temps à tuer des bestioles afin d'apporter X peaux de yaks extraterrestres au Chaman Ehol du coin. Bref de ce coté-là, la "table rase" semble une vaste fumisterie. Autre gros point noir : la difficulté à communiquer avec les autres joueurs. Cela peut sembler aberrant pour un genre basé sur la vie en communauté mais force est de constater que dialoguer avec un ami relève du calvaire tant les raccourcis sont inexistants. C'est bien simple, vous passez votre temps à taper des macros pour changer de canal de messages d'interlocuteurs. Une mise à jour s'avère nécessaire pour ne pas couper l'envie aux joueurs de former des groupes. Heureusement, Tabula Rasa possède des qualités et la richesse de l'univers, et l'écriture en général, est de très bonne facture. Certaines vous demandent également de faire des choix moraux comme par exemple laissez partir un déserteur Ehol ou le remettre entre les mains de la justice locale. Même si les répercussions ne s'appliquent qu'aux récompenses de quêtes, vous constaterez avec amusement les réactions des PNJ à vos actes.
Les Plus
  • Un univers de science fiction bien pensé
  • Une évolution de personnage agréable
  • Un vrai choix moral pour certaines quêtes
Les Moins
  • Rien de neuf sous le soleil
  • Difficile de communiquer avec d'autres joueurs !
  • Une grosse déception venant de Lord British