Conan tranche dans le vif

03 févr. 2008
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Pour reprendre un certain slogan publicitaire, "Conan défoule et c'est déja pas mal !". S'appuyant sur une licence en or pour le genre peuplé de monstres en tout genre et de décors cyclopéens, le dernier titre de Nihilistic offre une alternative sympathique aux classiques du genre. Avec ses litres d'hémoglobines, ses coups de grâce vicieux et son système de combat intelligent, Conan vous fera passez un bon moment, si vous n'êtes pas trop regardant sur la qualité externe au jeu. En effet, le manque de temps accordé aux développeurs transpire à chaque minute tant les problèmes techniques abondent. La qualité du doublage et la bêtise des ennemis déservent totalement le propos du jeu qui ne parvient pas à se faire une place dans la niche du beat them all.

Le barbare le plus violent de toute l'Hyperborée est de retour et visiblement ne change pas ces habitudes sanguinaires. Oublié depuis quelques anéees, Conan revient encore une fois sous la forme d'un beat them all grâce à l'équipe de Nihilistic. Pas question donc pour de faire dans la finesse. Mais après en avoir pris plein les mirettes avec God of War II, difficile de savoir si le Cimmérien fait le poids.

Le dieu éléphant : sans doute le boss le plus impressionant du jeu.

L'énigme d'acier

Depuis l'interprétation sans borne d'Arnold Shwarzenneger, la réputation du personnage crée par Howard E. Howard n'est plus à faire. Colosse hirsute venu de lointaines terres glacées, Conan arpente les terres d'un monde dangereux et sauvage peuplé de sorciers maléfiques et d'horribles créatures à la recherche de trésors enfouis. Ce n'est donc pas un hasard si votre aventure commence dans les tréfonds d'une crypte sans nom, attaqué par des esprits visiblement énervés. Mais à force de caser tous les coffres qui trainent, l'impensable arrive : vous vous retrouvez la tête dans le sable, sur une plage déserte, tout en ayant été délesté de votre superbe armure. Pourquoi ? Comment ? Qui a osé ? Autant de questions auxquelles vous obtenez réponse en coupant des têtes et éventuellement en franchissant les différents niveau de l'aventure. Le scénario n'a pas la prétention de réinventer le genre mais s'articule dans la continuité des nouvelles originelles. Votre tache consiste donc à récupérer chaque élément de votre armure, maintenant dotée de pouvoirs magiques, avant de faire comprendre au grand méchant que vous avez passer une sale journée. Pour vous aider dans votre quête, une reine amazone vous sert de guide et c'est à bord de son navire que vous voyagez aux quatre coins de l'Hyperborée. L'occasion pour vous de découvrir la richesse de cet univers et la férocité de ces habitants.

La décapitation ne constitue qu'un coup de grâce parmi tant d'autres.

Pif ! Paf ! Pouf !

Cœur du genre, le système de combat se doit de restituer des sensations intenses et jouissives pour remplir sa mission. Et de ce point de vue, Conan ne déçoit pas. Quatre styles de combat sont disponibles au cours de la partie : le combat avec une arme à une main, à deux mains, avec deux armes ou avec un bouclier. Chaque style est unique en son genre et vous permet de définir votre propre approche pour les affrontements : rapide, lent, puissant, défensif, etc. La chose est bien pensée puisque chacun d'entre eux est efficace mais jamais imparable. A vous de jongler entre les différentes armes selon les ennemis rencontrés. Depuis Devil May Cry, les Beat them all ne semblent plus vouloir évoluer sur le plan de la progression des personnages. En effet, Conan emprunte le système éculé des orbes récoltées sur les ennemis et dans les décors. Ces "Runes" sont de trois types : les bleus augmentent rechargent votre mana, les vertes votre vie et les rouges vous donnent de l'expérience pour acheter de nouveaux coups. Là où ça devient intéressant, c'est que pour augmenter votre barre de vie ou de mana, vous devez activer des triumvirats dans un temps limité sur l'aire de jeu. Plutôt ludique et agréable, ces sessions simples au début s'avèrent plus coriaces vers la fin de l'histoire. La palette de coups disponibles affiche de nombreuses possibilités du vol de l'arme de l'adversaire au mini tremblement de terre. De plus, de nombreuses mises à morts sont disponibles, aussi saignantes que vicieuses.

Ces pierres bleues vous permettent de sauvegarder votre progression.

"Sans tes jambes, tu courras moins vite !"

Autre bonne surprise apportée par Nihilistic : le respect de l'univers si particulier inventé il y a près de 80 ans. Les différents peuples rencontrés possèdent tous leur propre culture et cette dernière se ressent dans les nombreux bâtiments explorés. Ainsi la Stygie se rapproche de l'Egypte ancienne tout en étant une théocratie dépravée vénérant les serpents comme des divinités. Bref, ce n'est pas au niveau du fond que Conan déçoit mais sur la forme. En effet, les cinématiques ne bénéficient d'aucune retouche par rapport à l'ensemble et manquent clairement de finition. Pire, le nombre de bugs est tout simplement incroyable. Rester bloqué en l'air, vous faire tuer pendant une cinématique, ne pas pouvoir récupérer un objet, rien ne vous est épargné dans Conan. Les ennemis ne sont pas non plus des summums d'intelligence. Bien sur, la priorité n'est pas là dans le genre mais un effort aurait été souhaitable tant l'intelligence artificielle est perfectible. Les différents antagonistes se jettent inlassablement sous votre lame en répétant le même schéma d'attaques. A noter que le boss final constitue une épreuve permanente pour vos nerfs tant votre combat contre lui est éprouvant. Dernière ombre au tableau : les doublages sont vraiment en dessous de tout. Pourtant, la voix de Conan est assurée par le doubleur officiel de Russel Crowne, mais le reste du doublage va du moyen au Vaudeville. Ainsi, les spectres rencontrés en début de partie parlent le patois de nos campagnes et les pirates n'ont jamais semblé si caricaturaux.
Les Plus
  • Des combats péchus
  • Gore, sanglant et sans concessions
  • L'univers d'Howard respecté
  • Un système de combat sympathique
Les Moins
  • Flagrant manque de finitions
  • Les doublages abominables
  • La bêtise des ennemis