Test | Dragon's Dogma 2 : Dark Arisen
12 oct. 2026

C'est le loot final

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Dragon's Dogma 2 : Dark Arisen
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 9 oct. 2026
  • Genre Action

2016, Donald Trump est au pouvoir, Zootopie sort au cinéma et Capcom publie la version 4K de Dragon's Dogma : Dark Arisen HD (le premier) sur Steam. 2026, Donald Trump est au pouvoir, Zootopie 2 sort sur Disney+ pendant que Capcom publie la version définitive de Dragon's Dogma 2 : Dark Arisen, une extension qui rajoute de nouveaux donjons, une nouvelle zone enneigée ainsi qu'une nouvelle histoire. Bis repetita.

L'histoire

Toutes les grandes villes ont leur quartier nord dans lequel il ne faut pas trop traîner la nuit. Même combat dans Dragon's Dogma 2 : Dark Arisen avec Norgan, une nouvelle région montagneuse qui fait beaucoup penser à Skyrim : mêmes guerriers avec casques à cornes, même dragons déchaînés, mêmes ruines enneigées... Petite différence : le cadavre puant d'un dragon zombie vomit des goules putrides. Une éclipse obscurcit le ciel. Vous avez une attaque cardiaque. Et c'est comme ça que vous reprenez du service dans cette extension qui a besoin du jeu original (et d'un personnage très haut niveau) pour fonctionner.

Un dragon zombie vomit des goules dans votre ville

Le principe

Vous allez vite débloquer un loup, Freki, qui trouve du loot en échange de caresses (et de viande).

Dragon's Dogma 2 : Dark Arisen a beau ressembler à beaucoup de jeux action-RPG japonais avec ses combats en temps réel, sa vue de dos et ses inventaires remplis d'onglets, il se distingue du lot par ses ambitions folles. C'est un jeu qui se veut réaliste : il faut régulièrement attendre le jour ou le matin pour accomplir certaines actions. Marcher. Gérer son endurance qui s'épuise vite, même hors combat. Et limite prendre des notes pour savoir où aller, quand, puis où retourner pour avancer dans l'histoire principale comme dans les quêtes secondaires.


Les personnages ont leur petite vie et, dans la campagne initiale en tout cas, ne vous attendent pas forcément 24 heures sur 24 devant leur maison pour vous permettre de terminer leur quête. Non, ici ils vous interrompent dans vos déambulations – ils racontent à votre héros qu'un idiot de gamin s'est paumé. Ou qu'ils ont les miquettes d'aller taper du monstre sous le regard inquisiteur de leur père chasseur. Puis ils retournent chez eux. La première fois que vous devez retrouver un de ces clampins anonymes sans un gros marqueur sur sa maison, ça surprend. Même chose quand vous retrouvez le corps du gamin perdu bouffé par les loups parce que vous avez passé une semaine à crapahuter à l'autre bout de la carte en char à bœufs au lieu d'aller le sauver direct. Un jeu de base très différent des autres RPG, beaucoup moins guidé, sans marqueurs partout... dans sa version vanilla de 2024 en tout cas. Moins en 2026 après un gros patch gratuit et un énorme DLC payant.
Exigeant en 2024, le jeu a mis beaucoup d'eau dans son vin en 2026

L'extension Dark Arisen

La météo se dégrade souvent en temps réel ; et certains boss déclenchent des blizzards.

Si vous lancez Dark Arisen en connaissant le jeu original, vous allez être surpris par quelques changements. Les téléportations sont désormais illimitées, sans besoin de farmer des pierres ou de les acheter avec du vrai argent – en 2024, Capcom avait mis en vente des packs à 2,99 € permettant d'acheter les fameux objets. Ce n'était pas anodin car les villageois vous demandaient souvent de revenir deux ou trois jours plus tard, vous forçant à optimiser vos déplacements de ville en ville, à pied, avec une jauge d'endurance qui se vide trop vite et des petits monstres nuls omniprésents sur les routes. La dynamique du jeu a énormément changé : un peu comme dans les Dark Souls avec les feux de camp, il suffit maintenant de trouver des piliers de téléportation pour explorer à l'aise, en faisant des allers-retours instantanés, gratuits et illimités entre le village et la ligne de front. Finis les allers-retours incessants avec des trash mobs pénibles et impossibles à semer.


Le jeu n'est pas facile pour autant. La nouvelle région est conçue pour les joueurs qui ont terminé le jeu, ou qui n'en étaient pas loin. Mais même ainsi, comme dans l'extension Shadow of The Erdtree d'Elden Ring, les premiers monstres vont défoncent. Une harpie toute bête peut tuer votre Sorcier niveau 80 en deux attaques (drame vécu). C'est qu'il faut revoir tout votre équipement. Explorer, prendre des risques, looter de nouvelles armes, les faire expertiser au village pour les débloquer. Sans oublier des vêtements chauds pour braver les blizzards qui aveuglent votre mini carte et font baisser dangereusement votre endurance. Vous savez, celle qui sert à courir, à accélérer l'incantation des sorts ou encore à taper en combat...
Dark Arisen est à Dragon's Dogma 2 ce que Shadow of The Erdtree est à Elden Ring

Pour qui ?

Le gros barbare de Skyrim a pris un coup de froid...

Ce Dark Arisen prend un petit risque en simplifiant certaines mécaniques qui donnaient beaucoup de sel au jeu original. Les téléportations illimitées, les PNJ immobiles, les sauvegardes rapides permanentes et les quêtes sans limite de temps rendent la découverte du jeu original plus grand public... alors même que la difficulté est revue à la hausse dans l'extension. Si vous n'aviez jamais joué au jeu, c'est clairement le moment d'essayer – au moins le jeu de base qui profite d'un énorme patch gratuit. L'extension est à réserver aux fans qui ont fini le jeu et veulent un défi corsé, quitte à être un peu agacés par les concessions destinées aux nouveaux venus. Si vous aimiez les très longues balades à pied avec vos péons qui dissertaient sur l'art du combat, oubliez : ici ça tape, ça cane et ça se téléporte.

L'occasion parfaite de découvrir cette série fondatrice (ou de replonger pour les vétérans)

L'anecdote

Le monde regorge de mini boss optionnels qui font vraiment penser à Elden Ring.

À quoi reconnaît-on un bonne extension ? Peut-être au fait de commencer une petite partie à 9 h, de se dire à 22 h qu'on va juste finir la quête en cours avant d'éteindre. Et puis soudain c'est le drame : il est 3 h du matin et vous êtes en train de farfouiller dans votre inventaire gavé de loot. Dark Arisen m'a happé comme peu de jeux l'ont fait récemment, pour quelques raisons simples. D'abord la nouvelle région, Norgan, est incroyablement réussie. L'exploration est toujours récompensée (sous un pont ? un coffre ; sur une corniche ? un coffre ; dans une impasse ? un coffre) – et pas que par du loot. Parfois vous tombez sur un panorama magnifique. Sur un boss secondaire qui tue direct deux de vos trois "pions" contrôlés par l'ordinateur. Ou sur un feu de camp qui permet de se refaire une santé alors que vous et vos compagnons étiez paumés en pleine tempête, exsangues. Ensuite par sa difficulté punitive, même en Normal. C'est idiot mais le fait de se prendre régulièrement un mur titille l'égo, surtout quand vous avez fini le jeu comme moi (avec la "vraie" fin super dure en plus). Le jeu sauvegardant plus souvent qu'un Assassin's Creed récent, vous ne perdez cependant que quelques secondes de progression. C'est peut-être pour ça que la boucle de gameplay est redoutable, l'extension se voulant dure sans être punitive. Vous explorez, vous mourrez, vous tombez sur une grotte ou des ruines, vous mourrez, vous revenez au village pour vous rééquiper avec le loot, vous repartez et vous remourez. Et puis parfois, vous passez enfin le dragon de glace qui vous bloquait le passage, et c'est l'extase. Je n'avais pas ressenti cette liberté couplée à cette difficulté depuis Elden Ring (et son extension maudite).

L'addiction est immédiate, totale
Les Plus
  • Un patch gratuit qui rend les déplacements et le jeu orignal plus simples
  • De vraies optimisations du moteur sur PC (ce n'était pas du luxe)
  • Une extension qui ajoute une nouvelle zone enneigée très bien pensée
  • Un jeu qui bouscule le petit monde de l'action RPG et qui n'a pas peur de se remettre en question
  • L'extension Dark Arisen difficile qui permet aux vétérans de retrouver du challenge
Les Moins
  • Toujours pas de coopération (alors que vous vous baladez tout le temps avec des "pions" IA pour vous épauler)
  • Un crash, quelques bugs graphiques encore
Résultat

Attention, chef-d'œuvre. Dark Arisen va peut-être crisper les puristes du jeu original. Il a le mérite de revoir son gameplay, d'arrondir des angles obtus qui en ont découragé plus d'un à la sortie initiale en 2024 – et qui sait, de permettre à une nouvelle audience de découvrir cette master class de l'action RPG. Quid des vétérans du coup ? Ils pourront se faire les dents sur l'extension incroyablement difficile et généreuse. La boucle de gameplay est différente avec des allers-retours ultra simples entre le camp retranché et les zones de quêtes en terrain ennemi. Mais la nécessité de looter de nouveaux équipements pour résister aux nouveaux ennemis mortels et aux conditions météo extrêmes renouvelle l'expérience. Un jeu indispensable pour les fans du genre, pour les nouveaux venus comme pour les grands anciens.

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