Test | Hot Wheels : Infinite Rush
06 sept. 2026

Rush Hour

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Hot Wheels : Infinite Rush

Après deux jeux de course sur circuits exceptionnels, notamment pour la maniabilité remarquable de leurs petits bolides endiablés, Hot Wheels : Infinite Rush négocie un virage risqué dans un genre ultra embouteillé : les jeux de course en monde ouvert. Est-ce nécessaire ? Et surtout, est-ce réussi... ?

L'histoire

Les Hot Wheels c'est comme les Majorette, tout le monde connaît. Ces petits bolides au look déjanté (certains ressemblent à des dinosaures par exemple) se tirent la bourre sur des circuits remplis de loopings et de pièges, le tout au milieu du salon – un peu comme dans un Micro Machines de boomer. Hot Wheels : Infinite Rush se place dans cette glorieuse lignée, avec un petit atout par rapport à ses concurrents : la maniabilité. Les dérapages contrôlés, la réactivité des bolides, leur adhérence, tout est fait pour que vous vous sentiez immédiatement en contrôle, tout en rendant la maîtrise des différents types de véhicules et de boost un poil compliqués – juste ce qu'il faut pour garantir une courbe d'apprentissage intéressante, surtout lors des dérapages à pleine vitesse.
Facile à prendre en main, difficile à maîtriser

Le monde ouvert

Sur chaque île, des monstres gigantesques peuvent vous faire perdre des places avec leurs pièges.

Avec sa tonne de véhicules et d'épreuves à débloquer, Infinite Rush aurait pu se la jouer tranquille, les doigts de pied en éventail au bord de la piscine. Nouveaux bolides, nouveaux circuits, emballez c'est pesé. Mais non : les développeurs ont décidé de remplacer la carte 2D des précédents épisodes par des petites îles qui sont autant de mini mondes ouverts. Vous circulez librement dans les rues, sans chrono ni contrainte. Renversez absolument tout sur votre passage. Pas de téléportation, il faut choisir votre destination et y aller à l'aveugle, sans GPS, avec juste une petite icône qui indique vaguement la direction. Le tout avec des parcours parfois labyrinthiques comme les canyons encaissés de Gearville.


Si encore vous aviez des raisons de vous perdre. Mais non : les épreuves se comptent sur les doigts de la main d'un lépreux quand vous débloquez une nouvelle île. Il faut faire les courses principales pour débloquer plus d'épreuves. Peu de raisons d'explorer : à part des rouages, des autocollants et quelques rares concurrents à provoquer en duel, ces mini mondes ouverts manquent de choses à trouver. Vous apprendrez à foncer le plus vite possible vers la prochaine épreuve, en ligne droite (autant que possible). C'était bien la peine de faire des mini mondes ouverts, tiens. Petit détail croustillant : les collisions sont souvent lunaires, surtout avec le décor et le turbo. Le moteur physique, parfait pour les circuits bordés des précédents épisodes, n'est pas adapté à un monde ouvert qui a des arrêtes partout.
Pourquoi un monde ouvert si l'exploration est inutile... ?

La réalisation

Heurtez la colline de plein fouet et votre voiture décolle comme Tony Hawk sur une rampe.

La comparaison avec Forza Horizon 5 et son DLC Hot Wheels de 2022 est cruelle. Les activités tierces, les véhicules à trouver dans le décor, la scénarisation, les cascades spectaculaires avec des courses contre des avions de chasse sont ici complètement absents. Arriver quatre ans après et proposer moins qu'un DLC, c'est embarrassant. Surtout que les deux jeux n'ont pas du tout le même budget et cela se ressent. Les graphismes ne sont pas fous ici, avec des modélisations sommaires pour les îles et les décors. Pire, l'anticrénelage utilisé pour améliorer la fluidité détruit le décor, créant des artefacts sur le goudron, l'herbe, les bâtiments et la toiture de certaines voitures. Dès que le jeu est en mouvement, l'image devient pixélisée. Arrêtez-vous et elle redevient nette une seconde après – des défauts absents d'Hot Wheels Unleashed, malgré l'utilisation de l'algorithme FSR d'AMD.


L'effet ne sera pas forcément gênant si vous jouez loin de votre TV, et il se peut même que vous n'y soyez pas très sensible. Méfiance quand même : les vidéos promotionnelles, très compressées sur YouTube par exemple, ne permettent pas de s'en rendre compte. Le jeu affiche en contrepartie plus de 70 fps sur les TV compatibles, avec le VRR ; sans la possibilité toutefois de modifier le moindre réglage graphique, à part la luminosité HDR. Comble de la déception : le chargement de la moindre épreuve ou le retour au monde ouvert mettent une dizaine de secondes minimum, un délai étrange sur consoles de nouvelle génération. La norme est plutôt un chargement instantané maintenant. Vu ce qui est affiché ensuite, c'est un peu décevant.
L'image a du grain dès que le jeu est en mouvement – et redevient nette à l'arrêt

Pour qui ?

La dernière île, le Japon, est la plus cool. Décors, topographie, variété : tout est réussi.

Il est difficile de conseiller Hot Wheels : Infinite Rush. Si vous êtes fan de la marque et des mondes ouverts, il vaut mieux partir sur Forza Horizon 5 et son DLC Hot Wheels directement. Il enterre ce jeu sur tous les aspects : exploration, graphismes, mise en scène, intérêt, durée de vie... tout en ayant l'avantage d'être sorti sur PlayStation 5 aussi. Si vous ne jouez que sur Switch 2, Mario Kart World est une bonne alternative.


Un crève-cœur vu la qualité des épisodes précédents de la série, dont l'indémodable Hot Wheels Unleashed (qui reste une excellente alternative à celui-ci si l'aspect monde ouvert vous laisse indifférent).
Une suite à petit budget qui peine à lutter contre les jeux AAA concurrents

L'anecdote

Ces "Daredevils" ne figurent pas sur la carte. À vous de les trouver et de les vaincre en duel.

Je voulais vraiment aimer les petites îles ouvertes de Hot Wheels : Infinite Rush. J'ai essayé de récolter tous les autocollants dispersés dans les îles (avant de me rendre compte qu'il fallait tous les récupérer dans tous les environnements pour débloquer une surprise). J'ai poussé du pare-choc des véhicules garés en espérant pouvoir les acquérir (peine perdue, il faut aller au garage les acheter). J'ai même tenté de découvrir les épreuves au hasard, sans les marquer sur la carte à l'avance (raté, il faut progresser dans les courses principales pour en faire apparaître).


Infinite Rush n'a pas compris ce qui fait l'intérêt d'un monde ouvert : l'exploration, la découverte naturelle d'épreuves à travers la topographie ou les décors ; avec des récompenses à la clef. Car non, débloquer un autocollant dans un livre digital n'est pas une vraie récompense après plusieurs minutes d'exploration.
L'intérêt d'un monde ouvert, c'est de récompenser l'exploration. Sinon, à quoi bon... ?
Les Plus
  • La variété des épreuves
  • La maniabilité
  • Les Hot Wheels à collectionner
  • Plus de 70 fps sur les TV compatibles et VRR, sur la PS5 de base
  • L'éditeur de circuits et de livrées, avec leurs créations à s'échanger avec la communauté
Les Moins
  • Pas de téléportation, pas de GPS pour trouver la prochaine épreuve (juste une bulle avec la direction)
  • Le moteur physique inadapté à un monde ouvert, avec des collisions qui bloquent ou projettent votre voiture
  • Un aliasing très présent qui gâche la fête ; aucun réglage graphique
  • Les temps de chargement à chaque épreuve
Résultat

Hot Wheels : Infinite Rush a gardé quelques bonnes idées comme une maniabilité très agréable, des turbos différents selon les voitures pilotées ou encore des épreuves incroyablement variées : destruction, photo, éliminations, duels... Vous ne savez jamais ce que le jeu va vous demander. Quel dommage que la réalisation soit décevante, avec un aliasing trop visible sur les bâtiments, le bitume et les voitures. Que les petits mondes ouverts soient si inégaux et récompensent mal l'exploration. Les épisodes précédents plus nerveux, plus beaux, plus rapides à charger étaient en fait beaucoup plus fun que cet épisode qui se mesure aux poids lourds Mario Kart World ou Forza Horizon 5 et son DLC Hot Wheels. La petite grenouille Hot Wheels aura eu du mal à se faire aussi grosse que les bœufs concurrents.

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