Test | Agent 64 : Spies Never Die
23 août 2026

L'agent qui fait le bonheur

Testé par sur
Agent 64

Retour en 1997. Agent 64 : Spies Never Die vous plonge avec frénésie 30 ans en arrière dans la peau d'un agent secret à la retraite, contraint de reprendre du service pour déjouer les plans d'un super-vilain ressuscité. Cet hommage assumé à GoldenEye 007 vaut-il de rebrancher 4 manettes et rappeler les copains ?

L'histoire

John Walter, agent spécial à la retraite, joue tranquillement à la Nintendo 64 quand son humble demeure sur cinq étages avec héliport est prise d'assaut. Il n'en faut pas plus pour réveiller ses réflexes de vieux routier du silencieux. Derrière cette attaque surprise se cache son vieil ennemi, Pulp, que John a pourtant refroidi il y a des années. Comment peut-il être en vie ? Avec cette intrigue parfaite pour démarrer un shooter d'espionnage, vous aurez l'occasion de remonter jusqu'à une société secrète décidée à gouverner le monde, et ce depuis une base lunaire que vous visiterez évidemment. Tout bon FPS avec des vilains en costume trois pièces a son niveau sur la Lune. La campagne solo représente 14 niveaux jouables seul ou en coopératif jusque 4, avec trois niveaux de difficulté, augmentant les objectifs comme détruire des stocks d'armes, pirater des disques de données... Des objectifs finalement assez classiques et manquant un peu de fantaisie, mais finalement assez proches de ce que proposait GoldenEye à l'époque.
La retraite sera un autre jour

Le principe

Pas de papier ?

Pour ceux qui n'ont pas vécu l'événement en 1997, sachez que GoldenEye 007 sorti sur Nintendo 64 a révolutionné le FPS, avec un mode multijoueur ajouté en dernière minute. Environnement contemporain, visages reconnaissables, écran divisé en 4, et un arsenal complètement fou mélangé à des options dingues pour des mercredis après-midi calés devant la télé cathodique du copain qui avait la 64, à en avoir les yeux qui piquent le soir en rentrant chez soi sans plus savoir où on habite. Impossible pour Agent 64 de reproduire le même sentiment de nouveauté qu'il y a 30 ans, mais voyons plutôt ici la volonté de proposer une expérience qui s'appuie sur les fondations du titre de Rare pour proposer une expérience revue et complétée.

Tiens ! prends ça ! et toi ça ! et bim la mandale !

Le solo vous embarque dans une succession de missions dans une dizaine d'environnements différents : passage obligé pour débloquer des défis qui ouvriront l'accès aux maps correspondantes en multi. Si la campagne est relativement sage dans ses objectifs et usages des armes, les "Contrats" sont de véritable pépites : aide à la visée désactivée, vampirisme, chrono pour un certain nombre d'éliminations, golden gun, etc. Chaque mission a droit à sa version révisée et c'est là que votre dextérité joue ! Ajoutez à cela une ligue de défis à objectifs variés ainsi que le mode "Paradoxe" activant des variables farfelues et vous obtenez un solo sacrément solide.
La recette indémodable du FPS explosif

Le multi

Ça va, prends pas la grosse tête !

En plus de la campagne en coopératif, Agent 64 propose un ensemble explosif de modes multi. En local – dont via un écran splitté – ou en ligne, vous accédez à une ribambelle de variations de jeu contre des bots ou de véritables joueurs. Match à mort, mallette, capture de zone : le tout avec les combinaisons d'armes, de personnages, de grosses têtes et 70 autres variations "Paradoxe"... tout ce qui pimentait nos parties de GoldenEye et bien plus encore contribue à rendre ce multi particulièrement fun.

Et soulignons ici le travail réalisé sur les bots : que ça soit en solo ou en multi, leur intelligence ajustable est fort appréciable. Plutôt friands de roulades en mode facile, ils deviennent plus assidus et coriaces lorsque la difficulté augmente. Ce qui rend les parties multi avec des bots très fun à jouer, en attendant de trouver des copains en RTT le mercredi aprèm.
Mines de proximitéééééé !

L'ambi

Désolé d'avoir interrompu votre partie sur Ultra 64.

Tout rappelle les contraintes de l'époque : personnages au contours anguleux, textures limitées, pas de saut, pas de couch... Mais aussi les sons : le bruit de rechargement, quand le héros est touché, le zip du gilet pare-balles... Agent 64 retranscrit superbement les petites touches qui ont marqué une époque et contribuent à donner du relief au titre qui est loin d'être une resucée. D'ailleurs, vous apprécierez la bande-son qui s'inspire également des titres de GoldenEye tout en leur donnant une dimension spécifique.

Ce côté low-poly est assumé mais montre ses limites dans quelques éléments d'interface : la liste tout en texte des actions lors des parties multijoueur devient vite illisible ; de même la barre de santé manque un peu de cachet. Mais c'est vraiment histoire de chipoter.
Un véritable voyage temporel

Pour qui ?

L'auto-aim est pratique, mais désactivé lors de défis plus difficiles.

Les joueurs n'ayant pas connu l'âge d'or de GoldenEye risquent de trouver le jeu étrange, avec ses contrôles ultra simplifiés et ses personnages aux poings carrés. Mais c'est aussi l'opportunité de découvrir aujourd'hui les fondements d'un genre qui a fait école, avec les possibilités de jeu en ligne aujourd'hui. Quant aux nostalgiques, ils auront l'occasion de s'essuyer à de tout nouveaux environnements, avec des modes inédits. Histoire de sortir des réflexes musculaires développés dans Facility.
Nous autres adeptes des boomer-shooters de qualité

L'anecdote

Quelle entrée, mais quelle entrée !

Aussi fou que cela puisse paraître, Agent 64 est conçu et développé par une seule personne : "Replicant D6". Un Français qui ne donne pas son nom mais qui partage la même culture que beaucoup d'entre nous. Dès que le titre a été annoncé, j'ai tout de suite repensé à mes innombrables parties multi sur GoldenEye mais surtout Perfect Dark, puis TimeSplitters, avec mes deux frangins. Notre mode préféré : chacun pour soi + mines de proximité, dans le niveau Temple. Le nombre de kills sur les portes... Agent 64 est truffé de références à cette époque. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié la filiation John et sa fille, qui semble être un sosie de Joanna Dark ! Quant à l'arrivée dans les toilettes par le conduit d'aération, mais quel bonheur, j'avais la larme à l'œil.
Un jeu bourré de références
Les Plus
  • Un terrain de jeu presque infini
  • La maîtrise des codes du genre
  • L'ambiance de folie
  • Des maps malignes et bien pensées
  • Le mode Paradoxe et ses 70 variables
  • Ça passe super sur Steam Deck
Les Moins
  • La campagne solo un peu sage
  • Quelques éléments d'interface en dessous
Résultat

Agent 64 a tout d'un grand. C'est un sacré tour de force qu'a réalisé ce solo-dev : un mode solo solide et rejouable sans perdre le fun, un multi haut niveau au game design aux petits oignons, une ambiance nostalgique comme il faut... Agent 64 fait partie des bijoux de la Couronne et il serait dommage de ne pas les palper.

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