Jurassic Pulp
- Éditeur Dionous Games
- Sortie initiale 20 août 2026
- Genre Aventure
Après une game jam réussie et 11 ans de travail, Theropods semble arriver tout droit du passé. Mu par une nostalgie vibrante pour le point-and-click des années 1990, le titre croise dinos et navettes spatiales, le tout dans le plus pur esprit pulp. Mais dites donc, c'est charmant tout ça ! Est-ce que cette recette préhistorique séduira les joueurs du XXIe siècle ?
L'histoire
C'est une fois adulte que le jeu commence véritablement. Vous découvrez un petit village et ses habitants, les bonheurs de la vie quotidienne et une chasse en pleine jungle. Programme chargé pour notre héroïne, mais cette tranquillité est vite mise à mal. Une comète s'abat sur la petite communauté et comme si cela ne suffisait pas, un clan rival a décidé qu'il s'agissait du meilleur moment pour mener son raid. Oh, et puis, il y a cet astronaute qui s'écrase sur cette planète. Intriguant.

Bien sûr, Theropods apparaît immédiatement comme une lettre d'amour à tout un héritage de la fiction populaire. Au-delà des accents très Jurassic Park, il y a là des échos au Monde perdu d'Arthur Conan Doyle et ses nombreuses adaptations à l'écran, mais également des références au reste de la culture pulp. On retrouve l'esprit des magazines des années 1960, où l'on ne se satisfait pas seulement de dinosaures, mais aussi de science-fiction et de tout ce qui contribuerait à des scènes d'action mémorables. Qui se trouve donc sous le masque métallique de l'astronaute ? Quelle est la nature de la comète qui s'est écrasée sur le village de notre protagoniste ? Comment va-t-elle réussir à triompher du clan rival ? Aucune réponse dans ce test, mais ceux qui auraient lu Shadows of Aggar de Chris Anne Wolfe y verront quelques similitudes...
Le principe
Tout à coup, la chasse au dinosaure tourne au vinaigre... et ça n'est que le début des problèmes.

Pour autant, le jeu tombe dans son propre piège avec l'absence de texte ou de dialogue. La force atmosphérique du point-and-click naît toujours de l'interaction avec les éléments du décor, ne serait-ce que pour une petite ligne de dialogue pleine d'humour. Ici, la majorité des tableaux est statique, un simple cadre de fond pour habiller l'écran sans offrir ni dialogue, ni réaction. Si Theropods fait du mieux qu'il peut pour bâtir la relation entre l'héroïne et l'astronaute, il semble toujours que leur histoire est plastique, un peu artificielle. Ce monde préhistorique n'existe pas vraiment et le sens de l'aventure laisse à désirer : pour preuve, le volume de cinématiques pour pallier une narration absente du gameplay. À peu de choses près, c'était bien le consensus d'époque à propos de Curse of Enchantia : des décors envoûtants, mais un titre qui ressemble davantage à une succession de puzzles qu'à une aventure au sens noble du terme.
Les puzzles
Un inventaire vraiment minimaliste, à l'image des puzzles.
Pour qui ?
Alterner entre nos deux protagonistes est ce que le jeu offre de plus intéressant.
Lost Token aurait pu prendre davantage de risques pour donner une identité plus définie à son titre. L'absence de texte se comprend d'un point de vue narratif, mais le jeu ne pousse pas la formule dans ses retranchements et ne parvient pas à tirer quelque chose d'unique. Et si l'on pouvait penser que c'était aussi une manière de rendre le jeu plus accessible à un public jeune qui ne saurait pas encore lire, force est de constater que la violence pulp vire rapidement vers le gore et empêche de montrer le jeu à des enfants.
Pour ceux qui auraient aimé Thimbleweed Park pour son retour à une vieille formule ou le style plus minimaliste des Legend of Kyrandia et de Lure of the Temptress, il s'agit néanmoins d'une agréable douceur. C'est aussi une bonne porte d'entrée pour le genre grâce à ses puzzles généralement abordables, même s'il subsiste quelques frustrantes bizarreries ça et là. On regrettera cependant quelques imperfections dans l'animation des sprites et les artefacts de compression vidéo pendant les cinématiques, qui feront tiquer de temps à autre.
L'anecdote
Des cinématiques souvent de bon aloi avec leur style graphique si rondouillet.
Lost Token s'inscrit dans une longue lignée de jeux qui font vivre le (pas si) petit monde du point-and-click. Malgré la sincérité et l'amour débordant pour l'historique du genre, peut-être manque-t-il encore ce je-ne-sais-quoi de spécial. Kostas Skiftas et Sarah Duffield-Harding n'ont pas caché leur admiration pour Machinarium, lui aussi un jeu sans dialogue. Les similitudes, tout comme les hommages, sont évidents. Mais ce qui avait fait la force du jeu d'Amanita Design, c'est sa contemplation mélancolique et les traces d'humanité dans un monde en déliquescence. Une rugosité qui prend à parti.
S'il est un peu trop lisse, Theropods évoque de vieux jeux d'aventure merveilleux dont on rêve pendant les nuits les plus longues. Il lui manque pourtant de quoi transformer l'intéressant en immortel, car on ne rêve pas des hautes cimes sans prendre de risques. L'hommage ne doit pas être un simple calque et les vues les plus intéressantes se trouvent souvent en dehors des sentiers balisés. Malgré des errances de design et un concept qui ne va pas au bout des choses, Lost Token a néanmoins bon cœur et on ne peut que leur souhaiter de continuer à proposer du nouveau. Entretenir cet amour pour le genre, il n'y a rien de plus beau que cela.
- Des environnements fastueux et un pixel art qui rappelle les classiques des années 1990
- Le travail d'animation pour faire vivre les personnages sans dialogue
- Les multiples personnages que l'on contrôle
- La riche bande-son atmosphérique
- Une aventure qui accuse parfois des longueurs
- Des énigmes trop artificielles et peu intéressantes
- Un jeu émotionnellement distant par son absence de dialogue
- Y avait-il vraiment un intérêt à inclure tout ce gore ?
Theropods est une charmante aventure pulp, mais qui a la fâcheuse tendance à se prendre les pieds dans ses propres mécaniques. L'absence de dialogues entretient une distance malgré des moments chargés d'émotion. Le riche héritage dans lequel pioche le titre fait chaud au cœur, mais n'apporte pas grand-chose de neuf en retour. Pas si facile de faire revenir le point-and-click classique de son vénérable caveau, même si Lost Token y a mis tout son cœur.