Test | Indiana Jones et le Cercle Ancien
05 juin 2026

La Switch 2 tourne à plein régime

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Indiana Jones and The Great Circle
  • Éditeur Bethesda
  • Développeur Machine Games
  • Sortie initiale 9 déc. 2024
  • Genres Action, Aventure, Infiltration

Plus d'un an après sa sortie, Indiana Jones et le Cercle Ancien déboule sur Switch 2. Est-ce que la console de Nintendo tient la route face au titre gourmand de Machine Games ? Est-ce que le jeu vaut le coup (de fouet) ? Est-ce qu'Indy lève le voile sur un mystère remontant à des millénaires avant l'ère des pyramides ? Réveillez votre Switch 2 de sa sieste prolongée, enfilez votre cuir et mettez votre fidèle fedora : l'aventure vous tend les bras.

L'histoire

Sa place est dans un musée ! Une statuette de chat se fait dérober au nez et au fedora du Dr Jones par un colosse, en pleine nuit. Il ne lui en faut pas plus pour embarquer son fouet, son carnet de notes et son blouson de cuir. Très vite, vous découvrez que cette statuette est convoitée par les nazis, et contient un indice à propos du Cercle Ancien... Vous savez, cette théorie selon laquelle les grands monuments antiques suivent une ligne autour de la Terre. Une course infernale contre les nazis se lance pour Indy, du Vatican à Gizeh, en passant par le froid du Népal et la jungle du Siam...


— Il paraît que les nazis avaient de bons dentistes, alors profitons-en. —

L'action se situe précisément en 1937, un an après Les Aventuriers de l'arche perdue, et un an avant la quête du Graal. Ce qui nous permet de trouver un Dr Jones en pleine forme, déjà familier du fouet et maniant un humour grinçant, tout en ayant déjà eu l'occasion de se frotter aux délires de pouvoir cryptique des chemises brunes. Et c'est tant mieux car vous aller en cogner plus d'un.
Les aventuriers de la Ceinture Disparue

Le principe

Le carnet : le véritable héros de l'histoire.

Le parti pris d'un jeu d'aventure à la première personne a de quoi interpeller, surtout quand le studio Machine Games est réputé pour ses FPS nerveux avec la série des Wolfenstein. Nerveux, Indiana Jones et le Cercle Ancien sait l'être quand il faut, mais a d'autres atouts dans sa besace. Concrètement, le jeu propose trois systèmes qui s'emboîtent parfaitement. D'abord de l'exploration / parkour, à la Assassin's Creed : Indy se déguise tantôt en prêtre, en nazi, en ouvrier... et n'hésite pas à utiliser son fouet pour grimper sur des corniches et se glisser dans des zones interdites ; il marche accroupi pour ne pas se faire repérer et rampe dans d'exigus couloirs pleins de toiles d'araignée... Ensuite, de l'énigme / enquête avec un équilibre entre petites devinettes pour ouvrir des coffres verrouillés et réflexion plus avancée pour accéder à des endroits millénaires, avec portes en pierre, jeux de miroir, symboles à activer, etc. Enfin, le combat : Machine Games est en terrain connu et pourtant c'est surtout le combat à mains nues qui prédomine. Même si Indy peut utiliser un pistolet et son fouet, ses poings et surtout tout objet qui lui tombe sous la main sont ses meilleurs alliés, avec une endurance qu'il faudra améliorer pour tenir la distance. Et si les énigmes ne sont pas votre fort, ou même les combats, ces deux aspects ont une difficulté variable que vous pouvez ajuster à tout moment.


— Quel est le catacomble pour un aventurier ? —

La progression est particulièrement soignée. L'aventure principale est certes linéaire mais chaque zone de jeu regorge de quêtes annexes qui vous feront parcourir (avec plaisir) toute la carte. Tout se joue dans votre carnet, la meilleure trouvaille de ce jeu. Non seulement il colle parfaitement au lore d'Indy, mais surtout il remplace un HUD qui n'aurait pas sa place ici. Vous pouvez donc y consulter les indices glanés, mais aussi situer sur la carte vos objectifs, qui vous l'aurez compris ne s'affichent plus une fois le carnet fermé. Très malin, et très appréciable : cela laisse un écran presque vide d'artefacts. Léger regret pour la santé et l'endurance, affichées grossièrement par de simples carrés : dommage.
Assassin's Creed : Wolfenstein

Le portage Switch 2

Mais que fait ce bateau perché là-haut ?

Un des premiers "gros" titres sur la nouvelle mouture de la console hybride de Nintendo utilisant le DLSS, Indiana Jones et le Cercle Ancien est attendu au tournant. Vous trouverez de nombreux comparatifs des versions (ici face à une RTX 5090) et sincèrement, cette version Switch 2 est une très bonne surprise. Pour le titre qui tourne en 1080p docké et 720p en portable, ce tour de force est permis par un compromis : un framerate bloqué à 30 images par seconde. Ce qui se perçoit en comparatif, mais s'oublie une fois en jeu. Certes, si vous êtes habitué à davantage de fluidité, vous aurez parfois une impression de limites atteintes.


— Chameau l'artiste ! —

Mais pour le reste, le jeu est à l'identique des autres plateformes. Les personnages dans les cutscenes sont détaillés, la dynamique est là, la lumière n'est pas sacrifiée... Seules quelques textures semblent se charger à rebours, provoquant une apparition successive de certaines couches éloignées dont vous vous êtes approché un peu vite.
Ça claque comme un fouet !

L'ambiance

Ambiance cinéma garantie !

Mais quelle réussite ! Indiana Jones et le Cercle Ancien réalise la prouesse de vous glisser dans la peau d'Indy avec une subtilité et une justesse déroutantes. Tous les ingrédients sont là : de l'action, du suspens, et surtout le ton d'Indy. Son humour mêlé à un flegme en décalage total avec les situations tendues sont retranscris dans chaque scène que vous traversez, que ce soit par un commentaire glissé comme si de rien n'était en plein jeu (« T'as fini oui ! » après avoir assommé un nazi avec une poêle qui traînait) ou lors des cutscenes où les plans et les placements de caméra suivent à la lettre la grammaire des films.


— Cette scène de film reproduite à l'identique dans le jeu donne le ton dès le début. —

Ajoutez à cela un doublage absolument par-fait (la version française est excellente), un jeu d'acteur à se méprendre avec celui d'Harrison Ford et vous obtenez ce que tout enfant ayant découvert Indy avec ses films dans les années 1980-1990 pouvait espérer à l'époque. Mais le titre de Machine Games puise également dans la ludothèque d'Indy : les point & click de LucasArts proposaient déjà ce même équilibre, bourrés d'humour et de répartie cinglante.
Baladez-vous dé-Gizeh

Pour qui ?

Serait-ce la sortie des classes ?

Lors des premières images, les esprits inquiets se demandaient comment Indiana Jones peut vivre en FPS. Il suffit de déambuler sur le plateau de Gizeh ou dans les rues du Vatican pour s'en rendre compte. Non, vous ne voulez pas voir l'épaule ou le derrière de son fedora : l'incarner est un excellent choix et vous projette davantage dans l'action. Si vous voulez admirer son popotin musclé, vous pouvez toujours abuser des échelles, où la vue passe à la 3e personne. Si vous avez aimé la trilogie Arkham de Batman, si vous avez envie de goûter à quelque chose dans l'esprit d'Assassin's Creed : The Ezio Collection, si la nostalgie des premiers Indiana Jones vous manque : foncez. Machine Games respecte profondément le lore du personnage et appuie à fond sur cette nostalgie qui fait mal quand on se regarde le matin dans le miroir.
Les années 1980 n'ont jamais autant manqué

L'anecdote

Machine Games en terrain connu.

Alors attention, vous n'êtes pas prêt. Je ne vais pas vous parler des combats de boxe qui m'ont rappelé avec nostalgie le ring des titres LucasArts, je vais plutôt vous retourner le cerveau. Vous êtes assis ?

L'écart entre la sortie du premier film et l'époque où il se situe est exactement le même que l'écart entre la sortie du film et aujourd'hui : 45 ans.

Boom. On reprend : Les Aventuriers de l'arche perdue est sorti en 1981 et se déroule en 1936. Les spectateurs à l'époque ont donc vu quelque chose qui se passe 45 ans avant.

Et donc, entre aujourd'hui (2026) et la sortie du premier film (1981) : 45 ans.
Cela signifie que, pour un spectateur qui découvrirait Les Aventuriers de l'arche perdue perdue pour la première fois aujourd'hui, le film est devenu aussi "ancien" par rapport à notre époque que le film l'était lui-même par rapport aux années 1930 lors de sa sortie. Voilà, je vous laisse méditer ça.
Ce tombeau sera votre tombeau
Les Plus
  • Le doublage aux petits oignons
  • Le savant équilibre action / réflexion
  • Le carnet et l'absence de HUD
  • Dégommer du nazi avec ce qui tombe sous la main
  • Des environnements saisissants
  • Une version Switch 2 qui ne déçoit pas !
Les Moins
  • Quelques textures un peu lentes à charger
  • L'interface de l'endurance fait tache
Résultat

Incarner Indy vautré dans son canapé n'a jamais été aussi plaisant avec ce titre, qui plus est sur sa Switch 2. Tout y est : humour, suspens, action, énigmes, civilisation disparue, nazis... Cette version portable n'est pas un portage : c'est le jeu à l'identique, certes verrouillé à 30 fps mais sincèrement vous n'y penserez pas. Enfin une bonne raison d'accéder à la console Nintendo, un an après sa sortie !

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