La french touch pleine de promesses
Prévu sur
- Éditeur Relate Games
- Développeur Relate Games
- Genre Réflexion
Le studio français Relate Games ne vous dit sûrement rien pour le moment. Mais après avoir pu tester un chapitre de A Study in Blue, force est de constater que cette petite équipe a des arguments pour proposer prochainement une aventure bien ficelée aux amateurs de jeux d'aventure / point & click. Prenons un moment avec Blue, cette ado un peu paumée mais pleine de ressources.
Des portraits en clair-obscur
Dès les premiers instants de jeu de A Study in Blue, vous saisissez que chaque personnage est composé de plusieurs couches, qu'il vous faudra progressivement ouvrir pour saisir toute leur substance. Et que le titre, sous ses airs légers en pixel art, est plus adulte et sombre qu'il le laisse entendre. Si la démo fait principalement le focus sur la jeune Blue, le titre vous permet d'incarner deux personnages : Kenneth, un détective privé en pleine rédemption de son passé de criminel. Et Blue, une ado fugueuse au passé dont elle n'a pas toute l'histoire, qui vit sa vie comme une aventure au grand jour. Kenneth a recueilli Blue et les premières images de la démo nous montrent une Blue prête à en découdre avec des loubards, tandis que Kenneth l'en empêche en l'emportant sur son épaule. Un drôle d'équilibre protecteur stoïque / ado énervée semble être la dynamique de leur relation.

Comment ne pas en vouloir à Blue de souhaiter s'affirmer ? Perdue, déracinée, elle a besoin d'exister par elle-même et pas seulement dans l'ombre de son tuteur. Pourtant, alors qu'elle rencontre lors d'une balade au cimetière une connaissance de Kenneth, elle ne peut s'empêcher de s'approprier les codes de l'enquête : indices, questions, raisonnement... Jouant au détective, elle se retrouve malgré elle prise de fil en aiguille dans les ficelles d'un sombre trafic de drogue.

Comment ne pas en vouloir à Blue de souhaiter s'affirmer ? Perdue, déracinée, elle a besoin d'exister par elle-même et pas seulement dans l'ombre de son tuteur. Pourtant, alors qu'elle rencontre lors d'une balade au cimetière une connaissance de Kenneth, elle ne peut s'empêcher de s'approprier les codes de l'enquête : indices, questions, raisonnement... Jouant au détective, elle se retrouve malgré elle prise de fil en aiguille dans les ficelles d'un sombre trafic de drogue.
Questionner, explorer, et subir les conséquences
Ouais ! Enfoiré !
Au fur et à mesure de votre exploration, vous collectez des indices, connectez des objets avec des personnages en discutant avec eux, et obtenez davantage d'éléments sur votre enquête. A Study in Blue se montre bien habile pour vous tenir en haleine, n'en dévoilant que par miettes mais suffisamment pour aiguiser votre curiosité sans jamais tourner en rond. Les dialogues n'en disent pas trop, sans pour autant vous assommer. On sent que l'équipe de Relate Games est addict – comme nous – aux jeux d'enquête !

D'ailleurs, avoir deux personnages jouables autorise un rythme intéressant. Quand l'enquête de Blue commence à avoir suffisamment d'éléments, la démo bascule du côté de Kenneth. Lui qui était un PNJ devient maintenant votre perso et vous démarrez une enquête sous son point de vue. Évidemment, les histoires des deux personnages se croisent, mais chacun avec ses particularités. Kenneth n'hésite pas, par exemple, à immobiliser Blue pour lui éviter de se retrouver nez-à-nez avec des sbires de gang. Une fois l'enquête de Kenneth réalisée, vous imaginez bien que Blue ne l'a pas écouté et vous incarnez donc la petite rebelle, sous le mode "pendant ce temps"... Ce qui traduit bien les personnalités des persos, que vous finissez par embrasser pleinement.

D'ailleurs, avoir deux personnages jouables autorise un rythme intéressant. Quand l'enquête de Blue commence à avoir suffisamment d'éléments, la démo bascule du côté de Kenneth. Lui qui était un PNJ devient maintenant votre perso et vous démarrez une enquête sous son point de vue. Évidemment, les histoires des deux personnages se croisent, mais chacun avec ses particularités. Kenneth n'hésite pas, par exemple, à immobiliser Blue pour lui éviter de se retrouver nez-à-nez avec des sbires de gang. Une fois l'enquête de Kenneth réalisée, vous imaginez bien que Blue ne l'a pas écouté et vous incarnez donc la petite rebelle, sous le mode "pendant ce temps"... Ce qui traduit bien les personnalités des persos, que vous finissez par embrasser pleinement.
Un titre plus profond qu'il n'y paraît
Le système de gestion d'indices
Une fois la démo terminée, quelle ne fut pas ma surprise : un personnage central, que j'appréciais fortement et pensais faire partie intégrante du scénario est... mort. Sous mes yeux. À la suite d'une réponse que j'ai donnée lors du dialogue avec un patron de gang. Mais comment est-ce possible ? Est-ce le scénario qui se veut si dur ? J'ai donc échangé avec Martin Michaud, président de Relate Games, directeur créatif et scénariste. La réponse est sans appel : j'ai pas assuré. A Study in Blue intègre un très fin arbre de décision qui ajuste le scénario du jeu au fur et à mesure des choix effectués. En l'occurrence, sans avoir identifié l'indice qui m'aurait mis sur la voie d'une autre réponse, un de mes PNJ favoris a été liquidé. Je dois avouer que ça m'a mis un coup. Mais surtout, cette expérience m'a montré à quel point sous ses airs sympas A Study in Blue puise dans des mécaniques complexes que l'on peut retrouver par exemple dans d'autres jeux narratifs comme Detroit : Become Human. Avec des dialogues directs, parfois crus, et des conséquences irréparables, A Study in Blue impose une narration adulte bienvenue.

Si le pixel art convoque d'emblée une esthétique rétro, le titre évite l'écueil du pastiche LucasArts. Nous sommes dans un entre-deux maîtrisé, avec plusieurs aspects plutôt contemporains d'ailleurs. La gestion de l'inventaire, ou des éléments d'enquête, nécessite obligatoirement une certaine lisibilité, qui fonctionne bien sur écran d'ordinateur mais pourrait être améliorée sur Steam Deck, par exemple. C'est un détail, et il y a fort à parier que Relate Games prend le temps de le peaufiner. Car la démo est solide, le chapitre présenté est très bien ficelé et équilibré, la mécanique n'est plus à ajuster : A Study in Blue est à surveiller de près !


Si le pixel art convoque d'emblée une esthétique rétro, le titre évite l'écueil du pastiche LucasArts. Nous sommes dans un entre-deux maîtrisé, avec plusieurs aspects plutôt contemporains d'ailleurs. La gestion de l'inventaire, ou des éléments d'enquête, nécessite obligatoirement une certaine lisibilité, qui fonctionne bien sur écran d'ordinateur mais pourrait être améliorée sur Steam Deck, par exemple. C'est un détail, et il y a fort à parier que Relate Games prend le temps de le peaufiner. Car la démo est solide, le chapitre présenté est très bien ficelé et équilibré, la mécanique n'est plus à ajuster : A Study in Blue est à surveiller de près !
