La murder party avant l'heure
- Éditeur Vertigo Games
- Développeur Vertigo Games
- Sortie initiale 4 juin 2026
- Genre Aventure
Trente-deux ans plus tard, Henry Stauf rouvre les portes de son manoir. The 7th Guest, le jeu qui a fait vendre des lecteurs CD-ROM à toute une génération, revient chez Vertigo Games dans un remake soigné, acteurs en chair et en os à l'appui. Une version VR était déjà passée par là en 2023, mais c'est cette fois sur écran plat qu'on tente sa chance. Sept invités, une demeure qui n'oublie rien : mais entre nous, qui de Stauf ou du jeu lui-même a le plus mal vieilli ?
L'histoire

Vous voilà donc lâché dans les couloirs de cette demeure, sans trop savoir ce que vous y cherchez ni pourquoi les murs semblent se souvenir de tout, un peu comme si le manoir avait une mémoire meilleure que la vôtre au réveil. Le récit distille son mystère par bribes, entre scènes du passé qui ressurgissent et indices glanés de pièce en pièce, sans jamais vous prendre par la main plus que nécessaire.
Le principe
Ça, c'est le vrai visage de votre hôte. Est-ce utile de vous conseiller de vous en méfier ?

Les casse-têtes, eux, sont bien variés : circuit de cafards à guider dans la salle de bain (en évitant des araignées particulièrement voraces, parce qu'apparemment le manoir n'avait pas de budget dératisation), pièces d'échiquier à replacer, tableaux à éclairer sous un autre angle grâce à la lanterne qui sert justement à révéler ce que l'œil nu ne voit pas. Certaines énigmes grimpent en complexité, mais rassurez-vous : moyennant quelques crédits, vous pouvez acheter un indice, voire carrément la solution complète, façon "j'appelle un ami" version manoir hanté. Un vrai bon point pour l'accessibilité : même les âmes les moins patientes, ou les moins douées en logique (on ne juge pas), trouveront leur compte.
L'emballage
Chaque fois que vous résolvez les énigmes d'une pièce, elle redevient accueillante.

Heureusement, quelques détails viennent réchauffer l'ensemble, comme ces cafards qui détalent de l'évier dès qu'on s'en approche un peu trop, la petite frayeur gratuite du quotidien. Et surtout, l'apparition des personnages incarnés par de vrais acteurs fait son petit effet : ça change tout, et ça rend vraiment bien à l'écran, au point qu'on en oublierait presque qu'on est censé résoudre des énigmes plutôt que de les regarder cabotiner.
Pour qui ?
L'énigme des poupées est particulièrement corsée.

Les habitués de sensations plus musclées, ceux qui trouvent qu'un jeu sans checkpoint toutes les trente secondes manque de rythme, risquent donc de trouver le tout un peu longuet par endroits. Les autres, ceux qui aiment savourer une énigme bien tordue sans chronomètre au-dessus de la tête, seront en terrain connu, presque en pantoufles.
L'anecdote
Dans les années 90, l'utilisation de vrais acteurs pour les cinématiques était assez courante.

Le titre a connu une suite, des portages, une novélisation, et même un projet de troisième épisode qui n'a hélas jamais trouvé son financement, resté aussi hanté par l'annulation que son manoir l'est par ses fantômes. Autant dire qu'en s'attaquant à ce remake, Vertigo Games ne touchait pas à n'importe quel morceau d'histoire du jeu vidéo.
- Les vraies performances d'acteurs qui donnent vie aux personnages
- Des énigmes variées, parfois franchement originales (le fameux circuit de cafards)
- Le système d'indices/résolution par crédits, un vrai plus pour l'accessibilité
- Une ambiance sonore rétro bien maîtrisée et des visuels soignés
- Quelques touches d'humour bienvenues qui allègent l'atmosphère
- Une histoire qui s'assombrit efficacement une fois lancée
- Un rythme de jeu daté, hérité d'un concept pensé en 1994
- Des décors globalement assez statiques
- L'énigme finale qui traîne un peu trop en longueur et basée essentiellement sur le hasard
The 7th Guest Remake réussit son pari de moderniser un classique sans trahir son ADN, porté par des performances d'acteurs convaincantes et des énigmes variées qui savent encore surprendre, cafards compris. Mais le rythme, hérité d'un jeu pensé pour une autre époque, se rappelle régulièrement à vous, tout comme une énigme finale qui referme le manoir sur une note un peu trop étirée, façon invité qui n'arrive pas à trouver la porte de sortie. Si vous aimez prendre votre temps et fouiller chaque recoin sans pression, l'invitation vaut le détour ; les autres pourront la décliner sans trop de regrets, et sans se sentir coupables de préférer un fantôme un peu plus speed.