Tipeee

Test | Exoprimal
19 juil. 2023

Dino Grindis

Testé par sur
Aussi disponible sur
Exoprimal
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 14 juil. 2023
  • Genre Action

Un Overwatch avec des dinos, ça vous dit ? Dans Exoprimal, vous décimez des nuées de raptors et autres tricératops en coop, avant de vous mesurer à une équipe adverse. Le tout en incarnant dix exosquelettes aux compétences variées : assaut, tank, soutien.

L'histoire

Il pleut des dinosaures. Mais vraiment, littéralement : des bulles mauves apparaissent et vomissent des dizaines de raptors, ptéranodons et autres pachycéphalosaures. 22 variétés au total qui viennent s'écraser comme des mouches sur les défenses de vos exosquelettes. C'est déjà assez débile en soi, mais le scénario va plus loin en mélangeant voyage dans le temps et dédoublement de héros. Avec comme cerise sur le gloubi-boulga une intelligence artificielle détraquée, Léviathan, prétexte à des combats en arènes longs et répétitifs.
Il ne manque plus que les Monty Python

Le multi

Vous pouvez parfois débloquer un gros dino et croquer les joueurs rivaux en PvP.

Exoprimal ne propose qu'un seul et unique mode de jeu : des affrontements contre des dinos en Player versus Environment (PvE) ou Player versus Player (PvP). Pas de mode solo, pas de mode campagne, d'escarmouches ou de Capture The Flag : le jeu vous impose un "Dino Survival" dans lequel cinq joueurs affrontent cinq autres joueurs au score, en éliminant les dinos le plus vite possible. Concrètement vous suivez le Guetteur, un hologramme volant qui s'arrête régulièrement pour déclencher des hordes de dinos ; puis vous repartez à sa suite – pas d'exploration donc, c'est juste du contre-la-montre fléché... Le tout dans les mêmes environnements, recyclés ad nauseam.

C'est bien simple, après cinq partie d'affilée vous aurez à peine remarqué que les parcours imposés varient légèrement – le jeu vous demandant ici de partir à droite, là d'aller vers le port, ailleurs de faire un crochet. Mais toujours en traversant quelques zones identiques que vous reconnaîtrez fatalement, comme des escaliers ou une salle carrée avec un fossile de T-Rex. Quelques objectifs évoluent aussi à la marge, comme défendre une antenne, mais ça ne change rien au fait que vous affrontez généralement les trois mêmes types de dinos en boucle.
Le principe : deux équipes de cinq joueurs s'affrontent en PvE et PvP

Le grind

Le prix des cosmétiques fait tiquer... Ce pack coûte le prix d'un jeu neuf.

La progression s'avère extrêmement lente. D'abord parce que même si vous jouez bien, vous aurez parfois très peu de points – surtout si votre équipe perd. Ensuite parce que les bribes de scénario qui se débloquent entre deux escarmouches sont abscons au possible. Enfin parce que la personnalisation de votre exosquelette préféré est soit liée à une monnaie longue à amasser en jeu... soit carrément à des DLC payants.

Bien que vendu au prix fort, Exoprimal regorge de customisations à acheter. Vous voulez une skin ? C'est 4,99 €. Vous voulez essayer les exosquelettes Vigilant, Murasame ou Nimbus ? C'est 14,99 €. Sachant que le jeu coûte déjà 59,99 €, ça commence à piquer – surtout que le contenu est très pauvre, avec un seul et même niveau à sillonner pendant les cinq premières heures de jeu. L'impression de jouer à un free-to-play bardé de loot boxes et de cosmétiques payants fait mal, surtout vu la pauvreté et la répétitivité des niveaux. Comme si l'essentiel des développements étaient partis dans les DLC et pas dans le cœur du jeu : les environnements, les missions, les modes de jeu.
Débloquer des améliorations prend beaucoup trop de temps

Pour qui ?

La répartition des points d'expérience est un peu violente au lancement. Pauvre Horus...

Si vous aimez Overwatch et les sessions décérébrées de vingt ou trente minutes, Exoprimal vous satisfera peut-être un temps. Il a aussi l'avantage d'être sorti dans le Game Pass. Difficile quand même de ne pas sentir la répétitivité s'installer après quelques petites heures de jeu seulement. Le manque de variété des environnements, des parcours, des situations rendent le jeu très lent. D'autant plus que le grind est beaucoup trop présent pour améliorer armes et équipements, l'expérience glanée au fil des combats variant beaucoup trop selon que votre équipe a gagné ou pas... au détriment de vos prouesses individuelles. Un beau gâchis alors que la réalisation et les animations sont soignées.
Un défouloir ultra répétitif, à ne faire qu'à petite dose : quinze ou vingt minutes par jour

L'anecdote

Même avec beaucoup de dinos et d'explosions à l'écran, la ROG Ally encaisse bien.

Exoprimal fonctionne relativement bien sur l'Asus ROG Ally, pour les petits chanceux qui en ont une. Il faut baisser le niveau de détail au maximum et utiliser le voltage turbo pour jouer à 40 fps en résolution native, avec quelques chutes de framerate quand les dinos sont trop nombreux à l'écran. Baisser la résolution est possible aussi mais les textes des menus, très petits, deviennent alors difficilement lisibles. Seules les rares cinématiques rament de manière incompréhensible, avec des chutes à 17 fps et un décalage entre le son et l'image. Pas très grave vu que le jeu passe très vite à des images fixes avec des voix off pour raconter son histoire d'IA et d'invasion dino. Cinématiques que vous couperez vite de toute façon, tellement les dialogues sont médiocres et les enjeux brouillons.
Sur Steam Deck ou ROG Ally, le jeu fait son job de défouloir express
Les Plus
  • Le pitch à la Pacific Rim
  • Les animations des dinos
  • Les 10 exosquelettes que vous pouvez changer à tout moment, même en combat
Les Moins
  • La répétitivité des missions, des environnements et des vagues de dinos
  • Les DLC chers et innombrables : exosquelettes, skins, stickers...
  • La répartition de l'XP au lancement : d'énormes disparités entre joueurs
  • Le grind abusif pour améliorer ses armes
Résultat

Avec son pitch idiot et sa réalisation soignée, Exoprimal partait avec un capital sympathie énorme. La paresse de son level design et le grind insupportable en font hélas un clone ultra répétitif d'Overwatch. À réserver aux fans de PvE et de PvP qui aiment les sessions multi courtes et défoulantes. Et qui ne sont pas rebutés par la multiplication de cosmétiques payantes dans un jeu vendu au prix fort.

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