Metro : Redux

07 avr. 2020

Métro, boulot, Nintendo

Testé par sur
Aussi disponible sur
3
  • Éditeur KOCH Media
  • Développeur 4A Games
  • Sortie initiale 28 août 2014
  • Genre First Person Shooter

Metro : Redux est un bundle qui regroupe deux succès FPS de ces dernières années : Metro 2033 et Metro : Last Light, adaptés (comprendre "dégradés") aux capacités de la Switch, avide de portages et pauvre en FPS un peu sanglants. Vous laisserez-vous embarquer le temps non pas d'un, mais de deux trajets bien sombres ? N'oubliez pas votre titre de transport, il y aura sûrement un contrôle à la sortie. Du moins si vous sortez vivant...

L'histoire

Metro 2033 est tiré du livre éponyme : alors que la 3e guerre mondiale a nettoyé la Terre de la plupart de ses habitants le temps d'un flash lumineux, quelques (chanceux ?) survivants se sont réfugiés dans les profondeurs du métro moscovite (qui a d'ailleurs été réellement construit pour servir d'abri pendant la guerre froide). Vingt ans plus tard, des micro-sociétés bien organisées régissent différents territoires et stations : les rouges, les nazis, les rangers, chacun son rêve, chacun son destin. Et au milieu de tout cela un bestiaire mutant peu ragoûtant : rats géants et féroces, scorpions de trois mètres, choses gluantes... Bref, vous incarnez Artyom, réfugié quand il était enfant et aujourd'hui adulte, pris d'une soudaine envie d'explorer de nouveaux horizons. À partir d'une simple balade pour vous dégourdir les jambes dans les couloirs du métro, vous allez un peu malgré vous devenir le héros d'un mouvement populaire, qui unira une partie des survivants contre les monstres et forces extérieures, qui occupent dorénavant la surface du globe.

Peu de temps après, dans Metro : Last Light votre attention est moins focalisée sur les êtres de l'ombre : vous devenez à nouveau le porte-étendard mais cette fois d'un drapeau blanc. Fini de rigoler, demeurer confinés sous terre semble rendre fous vos compatriotes qui commencent à se chauffer sur une nouvelle guerre générale. Bah oui, vous êtes les derniers représentants de votre espèce, mais se mettre sur le coin de la figure ça occupe après tout. Rester dans le noir doit abrutir un peu la population, cela se ressent d'ailleurs lors des phases de combat où les ennemis ne sont pas des plus malins. Mais avoir survécu à un hiver nucléaire, à des ombres meurtrières et à la nourriture qui pousse dans le métro pour crever sur un champ de bataille, ça serait dommage, non ?

(Prout)

Le principe

Dans 2033 et dans Last Light, la mécanique générale reste identique. FPS ultra scriptés, vous en suivez le fil narratif ponctué de dialogues des PNJ ou de vos coéquipiers. Comme vous l'imaginez, un couloir de métro est plutôt linéaire et cela se ressent globalement dans les deux jeux. Fort heureusement, des zones plus vastes notamment en extérieur viennent rythmer votre progression, mais sans réelle possibilité d'exploration : vous suivez un chemin préétabli, avec ses checkpoints et ses ennemis qui vous attendent au tournant. Vous ne disposez pas d'objectifs secondaires ou de missions à achever : suivez le fil, allez tout droit, et vous avancez ainsi dans le jeu sans grande difficulté. Le style de jeu alterne entre des passages de baston bien sanglante où vous distribuez à vos ennemis, humains ou bestiaux, de nouveaux trous de balle à tour de bras, et des passages de furtivité qui vous permettront, à condition de ramper dans d'étroits conduits, de venir à bout de vos ennemis silencieusement. La furtivité est d'ailleurs davantage à l'honneur dans Last Light.

Côté arsenal, vous serez en droit de vous demander comment de simples civils réfugiés dans le métro lors du bombardement de Moscou ont réussi à mettre la main sur autant d'armes. Toujours est-il que les balles sont rares et chères et ont remplacé le rouble. Économisez-les, et surtout choisissez vos armes de prédilection pour revendre les balles qui ne vous intéressent pas. En somme, Metro : Redux ne présente pas de réelle difficulté de prise en main ou de gestion, pour qui a déjà tâté du FPS sur console. Par contre...

De beaux jets d'hémoglobine

Le portage Switch

Deux points ternissent ce portage opportun pour les parents qui se cherchent des jeux sans plombier à se mettre sous la dent. D'abord, l'écran de la Switch. Disons-le : il est de piètre qualité. Comme vous l'avez saisi, l'essentiel du jeu se déroulant dans de sombres couloirs glauques, le moindre reflet sur l'écran efface tout contraste d'ombre dans le jeu. Et c'est bien dommage car une partie des ennemis sont justement des êtres sombres, que l'on distingue à peine. Alors avec un écran faiblard, vous imaginez le résultat. La seule solution est de jouer dans le noir presque absolu, avec des écouteurs si possible. Là, vous êtes dans le jeu. Sinon, vous tirez à l'aveugle et au prix des balles, c'est malheureux.

L'autre point négatif porte sur les graphismes : adapter sur la Switch un jeu PC, même de 10 ans d'âge, c'est prendre le risque de faire l'impasse sur quelques points. Les graphismes en font partie, surtout pour un titre qui à l'époque misait gros dessus. Les personnages semblent être revenus à la génération PS3, certains décors rappellent les heures de gloire de la PSP... Globalement l'ambiance est là et l'expérience reste agréable, mais ce portage vous rappellera à quel point la console de Nintendo n'est pas un foudre de guerre pour les jeux gourmands.

"OUI C'EST POUR LES CALENDRIERS !"

Pour qui ?

L'opportunité de jouer à Metro : Redux sur Switch reste un bon plan si 1) vous n'avez jamais joué aux jeux mais qu'ils vous faisaient de l'œil à l'époque, 2) vous faites parie de ces joueurs qui n'ont plus qu'une Switch à la maison pour moult raisons, 3) vous avez la possibilité de jouer dans le noir ou sur une TV sans reflets, 4) le métro vous manque. À choisir, Last Light est plus abouti et plus intéressant que 2033, mais vu qu'il s'agit d'un bundle avec une histoire qui se suit et se tient, enchaîner les deux ne sera pas un problème.

Votre chambre d'ado doit sentir la bête.

L'anecdote

Les deux titres sont inspirés du livre Metro 2033, que je n'ai pas lu. Mais dans le jeu, j'ai été quand même étonné de plusieurs points. D'abord, notre héros nous dit ne jamais avoir mis le nez hors de sa station en 20 ans. Le confinement de l'extrême. Alors qu'il suffit de passer une simple porte et que la station suivante est à 900 mètres, vraiment, mec ? Par ailleurs, au début du jeu, vous voyez débouler un messager qui apporte des nouvelles des autres stations. Là encore : et le téléphone ? Des lignes à dérouler, je ne sais pas, organisez-vous les gars, ça fait 20 ans que vous croupissez. Bon, passons sur le fait que tout le monde (mais vraiment) est armé : ça sort d'où tout ça ? OK on est en Russie mais quand même. Enfin, à chaque station que vous traversez, vous découvrez une sympathique ambiance de village avec son bar, son marché (de munitions), et... sa porcherie. Les gars ils ont embarqué des cochons et ils les élèvent depuis 20 ans comme ça, dans le métro. Mais comment ? Et puis les maladies ? Vous avez pas vu le film Contagion ? Sans parler de l'eau, elle sort d'où ? Dehors c'est un hiver nucléaire, alors on boit quoi ? De la vodka ? Bref, le jeu n'en dit pas trop mais côté logistique, ça tient moyennement la route cette histoire.
Les Plus
  • 2 jeux de qualité, français intégral
  • Une ambiance bien sombre
  • Ça fait peur mais pas trop
  • Un bundle abordable
Les Moins
  • Encore un énième portage sur Switch, merci l'originalité
  • L'IA un peu stupide lors des combats
  • L'écran faiblard qui rend les zones d'ombre injouables de jour
  • La pauvre Switch à bout de souffle sur des jeux de 2010
Résultat

Metro : Redux est typiquement le genre de bundle qui fait plaisir. Deux succès, une bonne durée de vie, un univers post-apocalyptique bien sale comme vous l'aimez, et vous avez entre les mains de quoi jouer jusqu'au bout de la nuit. Ces points positifs viennent contrebalancer, sans les faire oublier cependant, les limites de la Switch qui malheureusement ne font pas honneur aux graphismes originaux.