Metro Exodus

08 mars 2019

Voyage transsibérien pour aventurier en déclin

Testé par sur
Aussi disponible sur
3
  • Éditeur Deep Silver
  • Développeur 4A Games
  • Sortie initiale 22 février 2019
  • Genre First Person Shooter

Vous ne connaissez pas l'œuvre de Dmitri Gloukhovski ? 4A Games et Deep Silver vous proposent de découvrir le troisième épisode de la série Metro : Metro Exodus qui a fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps. Ne passons pas plus de temps sur le boulot et le dodo et rentrons dans la trame de notre test !

L'histoire

Comme son nom l'indique, et contrairement aux deux précédents épisodes, vous allez voir un peu de pays. La Russie a subit un bombardement nucléaire et après cette guerre perdue, les survivants ont trouvés refuges sous terre, dans le métro de Moscou pour être précis. Vous incarnez toujours Artyom, qui rêve de liberté et de grand air, maintenant que son métro est plus tranquille. Alors qu'Anna, devenue votre femme, et son père s'opposent à vos idées vagabondes, vous découvrez l'existence de vie humaine à l'extérieur et apparemment certaines zones sont vivables à la surface. Mais le haut commandement a donné l'ordre de maintenir la plus grande partie de la patrie russe sous terre. Avec l'aide de votre section, et malgré une certaine réticence, vous finissez par partir à la recherche de survivants dans un monde qui n'a plus grand-chose d'accueillant. À bord d'une locomotive à vapeur, nommée Aurora par la petite troupe, votre voyage s'arrête pourtant bien vite sur les bords de la Volga. Vos premiers contacts avec l'extérieur risquent bien d'être dérangeants.

Après une phase d'introduction en intérieur, vous vous retrouvez dans le premier des trois niveaux semi-ouverts qui composent le jeu. Mais pourtant, malgré cette ouverture, le jeu garde cet esprit oppressant qui obnubilait dans les deux premiers épisodes. Pas question de partir pour la grande aventure. Ici tout est risque et survie. L'univers post-apocalyptique y est bien retranscrit et les détails sont nombreux. Les intérieurs foisonnent de petits détails, de lampes, de livres, de photos ou de déchets. Les extérieurs sont aussi réussis, comme la zone "La Taïga" ou les mouvements de l'eau dans "La Volga" par exemple. Il ne faut par contre pas s'attarder de trop sur les visages qui n'expriment pas grand-chose, tout comme votre héros muet, qui rompt clairement l'immersion que l'on pourrait ressentir dans ce jeu très narratif.

Dans le noir, tout est plus intriguant.

Le principe

Pas de gros changement de ce côté-là, Metro Exodus est un jeu de tir à la première personne solo qui s'oriente entre la survie et l'horreur. Pour compléter cette base, et sans doute aussi grâce aux dimensions des mondes semi-ouverts, il trouve une composante action et une autre infiltration. Cela permet déjà une première chose : choisir son approche en fonction de ses envies plus que de la situation. En effet, une même mission peut être faite en toute discrétion, sans verser la moindre goutte de sang, ou alors en tirant un coup de feu en l'air dès le début et fonçant dans le tas. Attention, plus vous montez la difficulté et plus le jeu s'oriente alors vers la survie, ne vous laissant que peu de munitions ou de ressources pour vous sortir des différents pièges. Vous devez collecter au cours de votre voyage différents éléments pour fabriquer vos munitions ou améliorer vos équipements. Quelques missions annexes vous rendent la vie plus facile en y gagnant du meilleur matériel.

Des petits abris, disséminés un peu partout sur la carte, vous permettent de confectionner votre matériel et de poser votre sac le temps d'une petite sieste. L'introduction d'un cycle jour/nuit vous force alors à optimiser vos missions. Le jour, les humains sont éveillés avec un champ de vision plus important. Il sera alors difficile de s'introduire discrètement et d'assommer les gardes. Et si la nuit, leurs champs de vision sont plus réduits, les différents mutants qui vous entourent sont eux beaucoup plus actifs. Le choix est alors important si vous voulez être sûr de mener à bien un raid sur une base ennemie ou si vous voulez traverser une partie de la carte. D'ailleurs, à partir de la mer Caspienne, vous disposez d'un véhicule pour vous déplacer. Le jeu perd alors beaucoup de son charme, la conduite étant perfectible et le véhicule quasi indestructible.

Dernier point important, et pas des moindres, il faut aussi évoquer l'IA. De manière globale, elle n'est pas meilleure ou pire que celle des autres jeux, mais elle pose tout de même quelques soucis. Dans un premier temps, elle fait le boulot. Les mutants se comportent différemment seuls ou en meutes, vous affrontant de face en solo tandis que certains essaient de vous contourner en groupe. Les humains ne semblent pas vous attendre mais vivent et réagissent à leur environnement. Mais, parce qu'il y a un mais, le comportement des humains se gâte rapidement. En effet, il est possible d'enchaîner deux voire trois assassinats silencieux si les gardes ne se regardent pas, alors qu'ils sont les uns à côté des autres. Si vous êtes caché, certains gardes vous voient tandis que les recherches sont abandonnées après un trop court délai. Autre exemple, si vous réussissez à contourner un groupe d'ennemis, vous ferez un carton plein sans bouger ni faire réagir vraiment le groupe. Et que dire des têtes qui dépassent trop souvent des caisses alors que vous tirez au sniper. Pourtant, certains tireurs sont capables de vous aligner mieux que les snipers alors que ceux-ci sont ridiculement imprécis.

Les environnements sont réussis, mais tous ne se valent pas.

Pour qui ?

Avec son aspect narratif toujours aussi important, son goût pour la survie et ses phases en intérieur oppressantes voire terrifiantes, Metro Exodus n'est pas un FPS à mettre entre toutes les mains. Certes, les mondes semi-ouverts ont permis de rendre le jeu plus accessible, mais le rythme imposé n'est que rarement celui du joueur. Nous vous conseillons de garder un niveau de difficulté élevé, pour éviter l'abondance de munitions et maintenir un stress à un plus haut niveau.

Qu'il est bon de faire une petite pause près du feu de camp.

L'anecdote

Metro Exodus dispose de quelques quêtes annexes. Elles ne sont pas très nombreuses et ont l'avantage de s'intégrer dans le scénario et dans la vie de groupe. Dans la zone "La Volga", il vous est par exemple demandé d'aller chercher une guitare qu'un de vos compagnons a entendue la nuit d'avant. En plus des loots généreux trouvés sur place, vous débloquez, en donnant l'instrument à votre frère d'arme, quelques scènes et lignes de dialogue qui donnent de la profondeur aux personnages secondaires. Je vous conseille de les faire, elles ne sont pas nombreuses et influent vraiment sur l'équipage.
Les Plus
  • Une ambiance oppressante dans les parties en intérieur
  • La zone "La Volga" glacée et dangereuse
  • Le craft et l'amélioration des armes
  • Les dialogues entre les protagonistes ou chez les ennemis, un régal à écouter
  • Des personnages attachants quand on prend le temps d'écouter et de partager
  • Une mise en scène rythmée qui laisse peu de place aux divagations
  • La zone "La Taïga" est vraiment jolie
Les Moins
  • L'IA qui alterne entre bon et mauvais(et celle des humains n'est pas particulièrement bonne)
  • L'écholocalisation est parfois mauvaise
  • Un scénario qui aurait mérité d'être plus étoffé (15-20 h de jeu pour un jeu solo)
  • Ce héros muet qui est sollicité toutes les trois secondes par radio...
  • Les options d'infiltration très limitées qui pourraient rendre pourtant le jeu plus cohérent
Résultat

Immersif, riche d'une écriture comme rarement vous avez pu apprécier, Metro Exodus est un de ces jeux qui mélange les genres tout en gardant les bases du succès de la licence. La narration est au cœur de l'histoire mais la partie horreur est un peu délaissée pour donner plus d'action au jeu. L'introduction de mondes semi-ouverts donnent de la profondeur au jeu mais modifie le rythme de l'aventure laissant entrevoir ici et là un peu de l'esprit Far Cry. L'équilibre est alors un peu rompu et les habitués de la série y verront sans doute une forme de trahison. D'autant que l'IA humaine n'est pas particulièrement mise en valeur dans ces nouvelles phases ajoutées. Le voyage s'interrompt un peu trop rapidement mais le jeu reste globalement plaisant avec un chapitre final particulièrement réussi.