Metal Slug 5, ou l'essoufflement d'une série culte

04 août 2006
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Metal Slug 5 n'est pas un mauvais jeu. Son gameplay résolument bourrin est toujours aussi agréable, son humour toujours aussi drôle et l'impression de béatitude qui découle d'une fin de partie est toujours présente. Mais une adaptation aussi maladroite laisse sérieusement douter de l'intérêt du titre hors d'une borne d'arcade. Sa courte durée de vie, sa rejouabilité inexistante et sa réalisation ancienne sont autant de handicaps qui rendent l'achat du jeu vraiment amer. Il aurait été de bien meilleur goût de vendre les Metal Slug sous forme de compilation.

De nombreuses heures passées à se défouler sur des soldats plus bêtes que méchants, à l'aide d'armes et de véhicules plus débiles les uns que les autres, c'est un peu ça le mythe Metal Slug. Et il revient à la charge, sous sa cinquième mouture, recherchant l'alchimie parfaite qui fit le bonheur des petits et des grands (mais surtout le malheur de leur portefeuille) sur borne d'arcade. Après un quatrième volet qui ne restera pas dans les mémoires, voyons de suite ce qu'a pu inventer SNK afin de relancer la franchise.

Votre mission si vous l'acceptez : tout détruire sur cet écran.

"J'aime quand un plan se déroule sans accroc"

Le monde est en crise, une armée de mercenaires conduite par un mystérieux chaman d'Amazonie aux pouvoirs quasi-divins, menace la planète entière. Heureusement, l'équipe Metal Slug veille, un commando formé à l'utilisation d'armes et de véhicules expérimentaux, spécialisé dans la destruction d'empires dominés par des tyrans mégalomanes. Vous remarquez, en effet, que l'intrigue du jeu est famélique et qu'elle ne constitue pas l'intérêt principal de cette série. Metal Slug provient de la NeoGeo, console au coût exorbitant, bien connue pour la qualité des jeux qu'elle a engendrée (King of Fighters, Samurai Showdown, etc.) puis fut adaptée sur borne d'arcade où elle rencontra un succès incroyable avant de devenir une référence incontestée du genre. Depuis quelques années, les quatre têtes brûlées de ce commando très spécial ont prit l'habitude d'envahir nos consoles de salon notamment la Playstation et la Xbox.

Les boss sont toujours aussi imposants.

"C'est pas ma guerre, colonel !"

Les premières minutes du jeu sont un vrai bonheur : vous êtes sur un radeau, au coeur de la forêt amazonienne et là, moteur, action ! Des hordes de guérilleros vous attaquent, les décors explosent de partout, les ennemis font des mimiques stupides, poussent des cris dignes d'un dessin animé de Chuck Jones et, pendant ce temps, votre arsenal augmente de façon significative : les classiques fusils à pompe, mitrailleuses, lance-roquettes mais d'autres plus loufoques telles que des souris explosives télécommandées, des boulets rebondissant ou encore des lasers. Votre épopée sur l'Amazone dure prêt de 10 minutes, alternant attaques surprises de guérilleros ninja, assauts aériens d'hélicoptères et poursuites avec des aéroglisseurs. L'esprit Metal Slug se résume dans ces éléments, c'est-à-dire un défouloir sans limite dans un environnement 2D avec scrollings, un gameplay consistant uniquement à tirer sur tout ce qui bouge à l'aide de pétoires possédant une sacré puissance de feu et à l'occasion faire la même chose dans des véhicules aussi divers que variés : avions, tank, voitures (avec mitrailleuses, faut pas pousser) ou encore robots géants. Et même si cette recette peut sembler très éculée, basique, limitée, il faut avouer qu'on s'amuse comme des petits fous, surtout avec le mode deux joueurs décuplant le plaisir de jeu avec un ami.

Les ennemis n'ont pas grand chose de nouveau par rapport aux anciens opus.

"Quoi de neuf, Docteur ?"

Mais si le gameplay reste toujours le même depuis le premier opus, quelles sont les évolutions proposées ici ? Pour les vétérans du genre, Metal Slug 5 n'offre pas grand chose de nouveau à se mettre sous la dent. Au programme, vous disposez d'un nouveau véhicule, le Slug Gunner, deux nouvelles armes, des passages sub-aquatiques, des courses poursuites en voiture mais surtout un nouveau mouvement, la glissade, utilisé pour esquiver les attaques. La plupart des nouveaux ennemis ne sont que des ressassées des anciens ennemis, le seul changement réside dans leur apparence physique : ils ont maintenant un foulard et une combinaison plus verte mais sinon, aucun changement. Reste que la glissade est un moyen efficace d'esquiver les attaques ennemies une fois qu'elle est maîtrisée. De plus, il est permis de tirer à l'aide de ce mouvement et certaines pièges obligent à employer ce stratagème afin de pouvoir continuer. Finalement le jeu ressemble plus à un Metal Slug 4.5 qu'à un tout nouvel opus de la série, et c'est bien dommage !

L'Amazonie sera votre baptême du feu et non des moindres.

C’est un peu court jeune homme

Pour peu que vous découvriez la série ou que vous soyez un grand fan de l'équipe de bras cassés Metal Slug, les éléments susnommés ne représentent pas un grand défaut, mais c'est plutôt quand vous posez la manette que vous grognez. En effet, le jeu employant des continus infinis vous en aurez pour, au bas mot, une heure de jeu ni plus ni moins et à 30 euros de l'heure, on est en droit d'attendre une bonne qualité de jeu. Encore une fois, le travail de SNK est décevant : les menus ne sont pas traduits, il n'y a que 5 missions, les bonus sont quasiment inexistants mis à part une salle de trophée où l'on peut consulter tous les objets ramassés, mais surtout il y a de nombreux ralentissement durant la partie. Ces saccades interviennent à divers moments et demeurent une véritable tare pour un jeu d'action digne de Metal Slug. Les graphismes, toujours en 2D, sont très sympathiques mais restent quelques crans en deçà de la production actuelle telle que Guilty Gear.
Les Plus
  • Le plaisir de jeu et le défoulement sont toujours garantis
  • Un humour omniprésent
  • La "glissade", une technique à maîtriser qui rajoute un peu de piment au jeu
Les Moins
  • Une durée de vie éphémère et une rejouabilité limitée
  • Des graphismes vieillots qui ne sont plus à la norme actuelle
  • Des saccades intempestives qui nuisent à la jouabilité