YS VIII : Lacrimosa of Dana

21 août 2018
Testé par sur
Disponible sur
3

La technique n'est-elle qu'un moyen ?

Avec Ys VIII, Nihon Falcom propose une évolution agréable de sa série mais pas parfaitement aboutie. En s'éloignant de la simplicité de la profanation à multiples reprises de donjons et en favorisant le jeu de rôle plus classique, cette itération gagne en attractivité. La preuve en est sans doute faite par le nombre de consoles donnant accès au jeu. Et si les bonnes idées sont nombreuses, à commencer par la gestion de votre petit village et les interactions présent/passé, elles ne sont en revanche souvent pas suffisamment exploitées. Qui plus est, rendu en 2018, la technique est le détail qui fera pencher la balance si vous ne supportez pas le rendu limité.

Développé en 2016 sur PSV par Nihon Falcom, puis porté l'année suivante sur PS4, Ys VIII débarque maintenant sur la Switch. Continuer progressivement d'enrichir le catalogue de la console de Nintendo est un parti pris de Koch Media qui commence à porter ses fruits si l'on considère la quantité. Mais la qualité est-elle présente ?

L'histoire

Croyez-le ou non, pour Ys VIII, Nihon Falcom nous ressert le coup de l'échouage sur une île déserte. Adol Christin, votre héros, est embauché provisoirement sur le bateau de luxe "Le Lombardie". Pendant que la croisière s'amuse (NDRC : ...), une pieuvre gigantesque attaque le navire alors que celui-ci voguait paisiblement dans l'équivalent local du triangle des Bermudes. Bien sûr, le bateau coule et les occupants sont dispersés dans les flots. À votre réveil sur l'île de Seiren, vous comprenez que la légende est vraie et que le mal est fait. Après avoir retrouvé quelques naufragés, vous voilà en charge de secourir les survivants et de cartographier les lieux. Mais l'île a une histoire à vous raconter.

Dans ses rêves, Adol voit une jeune prêtresse, Dana, qui semble posséder d'étranges pouvoirs liés à l'île. Avec la progression de votre aventure, vous allez être amené à faire interagir le présent et le passé. Malheureusement, ces interactions sont très restrictives même si progressivement plus importantes. La liberté d'Adol de vadrouiller où bon vous semble s'oppose complètement aux tracés linéaires de Dana. En plus, la pauvre jeune fille se voit dotée d'un ensemble de cinématiques un peu ternes qui auraient mérité un meilleur traitement. Des bonnes idées mais malheureusement pas toutes très bien traitées. Le scénario reste très agréable à vivre avec son lot de rebondissements parfois prévisibles mais pourtant bien pensés.

Il vous faudra switcher régulièrement entre les protagonistes pour optimiser les dégâts.

Le principe

Ys VIII est un jeu d'action très orienté rôle pour cette itération. L'île est votre arène de combat et vous allez devoir progresser aux travers de ses obstacles pour améliorer vos personnages. Composée de trois membres, votre équipe utilise les spécificités de chacun des héros : coup contendant, tranchant ou perçant seront votre quotidien. En combat, la variation de personnage permet de faire des dégâts plus importants voire d'assommer l'assaillant. Bien sûr, YS oblige, le tout est très dynamique, mêlant en plus des simples attaques une panoplie de techniques variées que vous débloquez et améliorez progressivement.

Évidemment, en plus de l'expérience apportée par les combats, les fruits de votre labeur vous apporteront différents matériaux afin de confectionner de nouveaux équipements. En plus de votre arme, vous pouvez porter une armure et deux accessoires qui vous font bénéficier de bonus, qu'il s'agisse de défense, d'attaque ou de point de vie. Quelques quêtes secondaires vous pousseront d'ailleurs à repasser récolter ces objets en masse. Mais le plus de l'exploration est ailleurs. Le naufrage de votre navire a disséminé les survivants aux quatre coins de l'île, et les ramener dans votre base ne sera pas sans intérêt.

Ys VIII se voit enrichi par Nihon Falcom d'un système de village évolutif, qui n'atteint certes pas le niveau des Suikoden mais qui s'avère pourtant agréable. Les différents rescapés viendront se joindre à votre base de départ afin d'apporter leurs expertises sur différents domaines. Le forgeron, le médecin ou encore l'approvisionneur, tout un chacun apporte ainsi sa pierre à l'édifice. Vous avez en plus des quêtes à effectuer pour ses différents PNJ afin d'assurer un bon niveau d'affinité et ainsi débloquer de nouveaux éléments.

Les cinématiques en animés sont plutôt chouettes.

Pour qui ?

Ys VIII est le fruit de la série YS qui continue de changer et de s'améliorer au fil des épisodes. En gardant un gameplay très nerveux et en l'adaptant sur un monde orienté jeu de rôle, Nihon Falcom propose un projet solide qui ravira les fans de la série comme les novices. Seul problème : la technique sur switch est assez peu convaincante, que ce soit dans les sous-bois comme à côté d'une rivière. Vous imaginez plus souvent un décor que vous ne le voyez vraiment et c'est grandement dommageable.

Les boss sont variés et demandent souvent une bonne dose d'adaptabilité.

L'anecdote

Vous l'avez compris maintenant, un des points qui a le plus retenu mon attention, c'est le rendu final. Après quelques jolies cinématiques et des endroits plutôt sympas, vous êtes jeté sur l'île et les dégâts sont déjà visibles. La rencontre avec Laksha est un bon exemple de l'alternance entre le moyen et le franchement moche (le résultat est plus marqué sur mes captures). Entre les pixels qui apparaissent, le jeu qui ralentit et les effets visuels mis là pour faire joli, cela donne une surexposition marquante des défauts. Idem avec les paysages, le rendu de la mer est bon mais les balades en bord de rivières sont floues, laissant apparaître les séparations entre les textures ou en se demandant ce que l'on regarde une fraction de seconde. La forêt fait ralentir la console alors qu'il n'y a pas non plus de quoi s'extasier. Le résultat est donc variable. Heureusement que la dynamique des combats permet de l'oublier.
Les Plus
  • L'évolution de votre village
  • Un scénario agréable même s'il n'y a jamais de grosse surprise
  • Une île finalement bien grande
  • Des techniques variées et des combats intensifs (tout en ayant toujours une possibilité de fuite)
Les Moins
  • Pas très propre sur Switch
  • Dommage que les idées ne soient pas plus poussées