The Council

06 avr. 2018
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4

Le plaisir narratif renouvelé

Ce premier épisode donne le ton : The Council réussit le pari de mixer rôle et narration. Les intrigues et la qualité d'écriture des différents protagonistes donnent véritablement vie à la fiction qui se déroule sous vos yeux. L'absence même de Game Over s'inscrit parfaitement dans l'importance de vos choix, chacun d'entre eux ayant des conséquences que vous devrez assumer jusqu'au bout de votre aventure. Le vrai plus du jeu est de proposer une rejouabilité conséquente, vous permettant de nouvelles rencontres et des débouchés différents en fonction de vos actions. Vivement la suite !

Pas facile de concurrencer les grosses machines sur le secteur des jeux narratifs quand on est un p'tit nouveau dans le milieu. Épaulé par Focus, Big Bad Wolf se lance au défi de réaliser un titre capable de faire jeu égal avec les grands noms du moment. Plongeons-nous dans le premier épisode de The Council pour mesurer si ce début est prometteur.

L'histoire

Le XVIII siècle annonce sa triste fin et la gloire du suivant quand vous commencez l’aventure de The Council. Dans la peau de Louis De Richet, un français de naissance, vous êtes invité sur une île située entre l’Angleterre et la France. Dans la demeure de Lord Mortimer, vous allez devoir retrouver votre mère disparue il y a peu sur ce bout de terre. Membre de l’ordre Doré, une sorte de Franc-maçonnerie incluant une part d’occultisme, elle vous prépare depuis fort longtemps à ce jeu de manigance. Il vous advient alors d’utiliser vos talents et votre intellect pour décrypter tous les secrets de "The Mad Ones", nom du premier épisode de ce jeu narratif.

Big Bad Wolf propose un scénario profond et riche en grands noms de l'Histoire. Du jeune Napoléon Bonaparte, encore membre de l’armée en passant par le célèbre George Washington, tout juste Président, l’ensemble donne envie de découvrir les secrets de chacun des invités. Plaisant à suivre, la trame de The Council est une vraie réussite. D'autant plus qu’elle est soutenue par un visuel de qualité : il vous laisse le loisir d’admirer de somptueux tableaux de maîtres par exemple. Hormis l’animation des visages un peu rigide, il n’y a pas grand-chose à reprocher.

Le manoir de Lord Mortimer est somptueux, n'hésitez pas à vous y promener.

Le principe

The Council est un jeu narratif, orienté enquête, qui vous demande d’observer, de fouiller et d’interagir avec votre environnement. Les premières actions sont donc souvent les mêmes lors de la découverte d’un nouvel endroit : fouiller puis revenir sur ses pas pour enclencher les différentes interactions déverrouillées. Au cours des conversations, vous avez alors de nombreux choix à faire tout en respectant le temps imparti. Pour pimenter encore ces entrevues, vous pouvez effectuer des joutes oratoires sous certaines conditions, sortes de duels contre une personnalité, dans le but de glaner de précieuses informations. Bien sûr, les actions spécifiques vous demanderont des points d’énergie, qui trouveront vite leurs limites, à moins de se reposer ou de consommer des produits pas franchement licites.

Pour parvenir à se faire une place au soleil des jeux narratifs, le studio Big Bad Wolf a implémenté une idée différente de ce que la concurrence propose déjà. Son orientation jeu de rôle modifie astucieusement le gameplay habituel au genre. En choisissant une classe en début de partie entre politicien, occultisme ou détective, vous allez structurer votre histoire autour de vos talents. Chaque réussite vous fait gagner des points, permettant ainsi une progression de vos compétences : connaissances scientifiques, observation, logique, politique... Les choix sont nombreux pour vous offrir une expérience unique. En cela, le jeu est une vraie réussite, puisque vos sélections de classes et de talents débouchent sur une histoire inédite et propre à chacun. La narration est ainsi mise en valeur et le jeu est alors des plus immersifs.

Les compétences ont un réel impact sur l'évolution de la trame : choisissez-les bien !

Pour qui ?

Pas de doute possible, ce très bon jeu narratif s'ouvre un large public en introduisant les mécanismes simples du jeu de rôle mais pourtant salvateurs. Tout un chacun pourra y vivre son expérience sans Game Over avec la satisfaction, ou non, d'avoir réussi à développer toutes les intrigues. Une vrai réussite à vivre, pourvu que les autres épisodes arrivent rapidement !

Les duels oratoires amènent un stress supplémentaire. Une très bonne idée.

L'anecdote

The Council dispose de trois emplacements de sauvegarde qui s’avèrent être un véritable moteur dans la rejouabilité du titre. En effet, le jeu dispose d’un système de développement sans Game Over. Ainsi, chaque action et chaque choix entraînent un nouveau cheminement, qu’il soit bon ou non selon vous. Et le point culminant de ce système vient sans nul doute de votre premier choix : votre classe définissant votre approche de l’aventure. Et si vous voulez être sûr de tout apprendre et de visualiser tous les cheminements, vous n’avez qu’une seule option : lancer une partie avec chacune des trois classes pour découvrir tous les éléments de la narration. Élémentaire, n’est-ce pas ?
Les Plus
  • Le charisme des personnages
  • L'importance de vos choix et prises de positions
  • Beaucoup de choses à faire et à découvrir
  • La partie jeu de rôle qui modifie réellement l'aventure
  • Des décors somptueux et riches de détails
  • Une belle rejouabilité
Les Moins
  • L'animation des visages rigides
  • La gestion de la caméra durant les déplacements

À propos de l'auteur

Si kharg était un jeu vidéo, il serait sans doute un jeu de rôle, un peu long au démarrage, rébarbatif dans tous ces abords et surtout où il faudrait chercher dans tous les coins pour trouver les trucs sympas. Un peu à l'image de Final Fantasy VII en réalité.

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