AereA

07 oct. 2017
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Soedesco
  • Sortie initiale 2 juin 2017
  • Genres Action, Rôle

Un air routinier

AereA souffle le chaud et le froid. D'un côté l'univers est enchanteur, supporté par une bande-son sublime. De l'autre, vous avez affaire à des éléments de gameplay déjà vus et qui souffrent parfois de l'absence de quelques détails. Mais une fois plusieurs manettes connectées, les différents éléments se lient et donnent véritablement tout son sens à l’expérience. Un bon petit jeu qui reste un peu cher au regard de son contenu.

Explorer un univers lié à la musique classique a déja été fait avec un certains brio, mais pas sous la forme d'un hack & slash en local. Soedesco débute la partition d'AereA avec une relative attente et un grand risque de bémol.

L'histoire

L'histoire d'AereA commence sur l’île Aezir et vous glisse dans la peau d'un apprenti musicien. Le monde a connu une grande bataille magique au cours de laquelle une des îles flottantes s'est écrasée. Au milieu de ce capharnaüm, le maestro Guido est parvenu à sauver les trois îles restantes au prix d'une grande magie. Mais d'étranges événements commencent à faire leur apparition et la disparition des instruments primordiaux semble liée à cette dramaturgie.

Vous voilà face à un jeu où la musique est partie prenante de l'aventure. Outre les références nombreuses à la composition et à la musique classique, c'est bien le son qui rend le jeu si particulier. En plus d'une bande-son superbe qui séduit autant qu'elle envoûte, le rythme du jeu s'accorde à la perfection aux différents thèmes. L'univers ainsi décrit est accrocheur et la musique donne le La à l'ensemble des éléments de l'aventure sans virer à la cacophonie.

Les niveaux sont remplis de pièges à éviter.

Le principe

AereA est un jeu d'action qui commence adagio après le choix de votre personnage parmi quatre types. Disposant d'instruments pour répandre leurs chansons, vous faites face à un groupe classique allant du guerrier au mage en passant par le voleur à l'arc ou aux pistolets. Ce choix n'a pas d'impact sur l'histoire mais seulement sur votre façon de jouer. N'oubliez pas d'en essayer plusieurs avant d'avancer dans l'aventure, car les premières difficultés pourront vite vous nuire.

Dans son déroulement, AereA tient beaucoup de Zelda. Vous visitez des donjons découpés en zones afin de découvrir un élément demandé. Dans le niveau, vous détruisez des vases, dépecez des monstres, trouvez des interrupteurs en forme de métronome. Des éléments très classiques qui vous demandent de résoudre des énigmes de manière crescendo. Les itérations des quêtes ne tardent pas se faire sentir, rendant la partie moins amusante. Mais qu'importe, une fois riche et puissant, l'aventure reprend.

Heureusement, pour vous faciliter la tâche, le jeu dispose d'un système de progression lié à l'expérience de votre personnage et de son instrument. Les caractéristiques de votre héros grimpent de manière automatique tandis que celles de vos armes doivent passer par le magasin. Dégât, dégât critique, dégât magique, résistance et même PR passeront par ce menu. Le système est équilibré et simple à assimiler, ce qui n'est pas toujours la cas.

Car outre son côté enchanteur, AereA rencontre malheureusement aussi quelques contretemps. À commencer par un manque d'explication sur les objets, dont vous trouverez l'utilité seulement après avoir trouvé la recette dans les mondes. Vous commencez donc souvent votre aventure en utilisant à tout-va les objets qui ne vous apportent rien sur le moment. Il y a aussi un problème d'indicateur de quêtes. Une mission simple et précise donne souvent lieu à l'apparition d'une grosse flèche sur la mini-carte tandis qu'un objet très précis dans une labyrinthe longuet est souvent mal indiqué. Cela aurait pu être simplifié par la possibilité d'un zoom de la carte mais il n'y en a pas. Notez aussi que certains chapitre n'apportent quasiment aucune expérience alors que le suivant peut vous faire gagner dix niveaux facilement.

Chaque niveau dispose d'un boss à affronter, en rapport à un instrument primordial.

Le multi

Alors qu'AereA bénéficiait d'un verdict plutôt mitigé en solo, le jeu se fait allegro quand une seconde manette se connecte. En écran partagé sans séparation, vous parcourez alors avec plaisir les mondes qui vous semblaient rébarbatifs en solitaire. Ce qui était lourd devient plus léger et le jeu bénéficie alors d'un certain brio. Les musiciens sont en réalité complémentaires, permettant de passer les étapes difficiles de manières plus fluides. Les énigmes permettent aussi à chaque joueur de tenir son rôle pour permettre une avancée moins saccadée. Le tout bien sur avec la joie des bassesses de la coopération en local, avec le vol d'item ou de pièces. Si le solo se montre rébarbatif, c'est aussi principalement parce que le multi est le mode principal du jeu.

Chaque niveau dispose d'un visuel qui lui est propre.

Pour qui ?

Ne vous y trompez pas, AereA est surtout un jeu à partager en famille. Avec son level design accrocheur, sa musique ravageuse et sa difficulté accessible, les quatre joueurs n'auront pas besoin d'être des acharnés pour apprécier le moment passé. Son multi n'étant accessible qu'en local, alors veillez à avoir suffisamment de manettes.

Le hub du jeu est réussi.

L'anecdote

Dans les jeux à quêtes, il faut souvent aller voir tous les PNJ pour essayer de débusquer les quêtes annexes vous rapportant de précieux objets ou points d'expérience. Dans AereA, ce n'est pas tous les PNJ qu'il vous faudra aller voir mais un seul. Un petit gars se balade non loin de votre lieu de départ et vous propose une nouvelle demande dès que vous avez fini la précédente. Je ne sais pas ce dont il a besoin ou quel est son problème mais apparemment, il veut tout.
Les Plus
  • Le Hub central du jeu vraiment joli
  • Très divertissant à plusieurs en local
  • Une bande-son sublime qui lie la musique classique et les éléments de jeu
  • Un univers réussi
Les Moins
  • Beaucoup d'allers-retours inutiles
  • Des donjons qui tiennent parfois du labyrinthe, surtout à cause de l'absence de cartes
  • Un système de visée perfectible pour les armes de jet
  • Un peu cher