Heroes of Might & Magic V, magique et héroïque

18 juin 2006
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 18 mai 2006
  • Genre Stratégie tour par tour

Evidemment, tout n’est pas rose dans le petit monde d’Heroes of Might & Magic V. Mais en même temps, peu importe. L’essentiel c’est de retrouver un plaisir de jeu intact et une immersion si puissante que le monde environnant s’estompe, brouillé par l’univers et l’ambiance fantastiques du jeu. Pour chipoter, l’optimisation n’est pas parfaite, surtout pour ceux qui abuseraient de l’anticrénelage : avec le zoom arrière, ça rame un peu même sur une bécane puissante. Plus gênant, il manque quelques raffinements comme la gestion du relief. Le fait de ne pas pouvoir attaquer dans le dos pour profiter d’un bonus fait un peu pitié aussi, tandis que l’avantage numérique reste trop souvent décisif à moins de très bien utiliser la magie. Des broutilles en somme, rien de rédhibitoire en fait. Si vous adorez les Heroes of Might & Magic et que vous êtes resté au troisième opus, n’hésitez pas une seconde : ce cinquième volet s’en montre digne, indéniablement.

Quel bonheur de voir son petit Griffon lacérer un archer ennemi ou son preux Chevalier empaler une succube avec sa lance ! C’était déjà bien en 2D, avec cette vue isométrique si misérable mais si lisible. C’est encore mieux en 3D grâce au tout dernier Heroes of Might & Magic, un bon jeu de rôle à l’ancienne. Faites-vous des injections de B12 dans la jambe pour tenir toute la nuit, le tour par tour fête son glorieux retour !

Les sorts à effet de zone sont les plus efficaces, surtout au début d'un combat.

Festina lente

Heroes of Might & Magic V est un jeu lent. Soporifique même. Chaque partie dure des heures, le moindre saut de puce sur la carte prend une journée complète, les combats s’éternisent... C’est parce que Heroes of Might & Magic V est un gros jeu de campeur. En solo, il encourage le joueur à prendre le temps de lever de grosses armées pour écrabouiller les larbins qui gardent jalousement leurs petits trésors sur la carte du monde. Et en combat, pour peu que vous ayez recruté des Archers ou des Arbalétiers, c’est encore pire : il suffit de faire attendre vos fantassins pour que la piétaille ennemie vienne mourir sous vos flèches. Ca marche moins bien en multi, quand le joueur adverse se précipite sur les ressources de la carte et vous oblige du coup à en faire autant, ou quand ce petit malin constitue des armées de Mages et d’Archers. Mais en solo, vous pouvez finir quasiment toute la campagne en allant paisiblement à votre petit train de sénateur, les missions en temps limité étant très rares.

Résistez à la tentation d'envoyer vos unités volantes en avant, elles risqueraient d'attirer les tirs.

L’eau, l’air, la vie

Maintenant que les adeptes des wall jump et autres acrobaties quakiennes sont repartis sur la homepage, trop dégoûtés pour continuer, abordons le sujet qui nous intéresse : concrètement, ce cinquième épisode change quoi ? Vous allez rire : pas grand-chose. Votre Héros se contente de charger un ennemi ou de balancer des sorts, ce qui constitue un petit recul par rapport à l’épisode précédent. La riposte immédiate a également disparu mais les fans retrouveront très vite leurs marques. Le seul gros changement vient finalement de la 3D magnifique, qui oblige à jouer un peu avec la caméra pour ne pas passer à côté de mines abandonnées ou de trésors. Mais c’est voulu : ces petits malins de développeurs ont planqué quelques passages dans la verdure, histoire d’inciter les curieux à tenter des expéditions champêtres.

Vous pouvez enrôler d'autres Héros et les regrouper pour qu'ils échangent des recrues.

Classique oui, mais efficace

En conservant un système de combat éprouvé et une mécanique de jeu désormais bien rôdée, Heroes of Might & Magic V s’inscrit sans problème dans la lignée de ses prédécesseurs. L’idée d’explorer la carte pour s’enrichir, d’améliorer sa ville pour recruter de nouvelles créatures et de défier d’autres Héros au gré d’un scénario plan-plan mais sympathique fait toujours son petit effet. Dès la première partie, boum ! ça y est, vous êtes repartis pour une centaine d’heures au bas mot, rien qu’en solo. L’ambiance reste incroyable avec ses campagnes bucoliques, ses portails qui vous emmènent sous terre, ses régions infernales, ses marais puants et son bestiaire fantastique. Les musiques orchestrales soulignent parfaitement la dimension épique de la saga et le jeu réserve quelques moments forts qui vous feront glousser de plaisir derrière votre clavier.
Les Plus
  • Une ambiance féérique
  • Des mécanismes de jeu bien rôdés
  • La durée de vie monstrueuse
Les Moins
  • Un peu lambin, mais c'est le genre qui veut ça