Headlander

11 nov. 2016
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3

S'amuser à tue-tête

Headlander est un jeu sympathique, joli et à l'ambiance colorée dynamique en plus d'être utile à la progression du jeu. Vous n'y passerez pas des jours mais les quelques heures de jeu qu'il propose vous permettent de boucler l'aventure en faisant voler votre tête de corps en corps, exploitant leurs possibilités au fil de votre progression. Avec ce principe, il aurait été finalement bienvenu de s'attaquer à des énigmes un peu plus complexes ou nécessitant de davantage exploiter les capacités de votre casque volant pour vous donner un peu plus de fil à retordre. Headlander se parcourt globalement sans grosse difficulté, la méthode bourrine pouvant aussi bien vous sauver de situations périlleuses que l'utilisation intelligente de vos capacités débloquées. Malgré tout, vous parvenez au bout de l'aventure avec le sentiment d'avoir passé un bon moment en tête à tête avec notre héros.

Dans le vaste monde des jeux à scroll horizontal, Headlander tire son épingle du jeu grâce à une mécanique simple à la progression bien dosée dans une ambiance rétro-futuriste bien sentie. L'occasion pour Double Fine Prod de revenir sur le devant de la scène après quelques bons titres mémorables.

L'histoire

Vous vous éveillez après une longue période de stase dans une base spatiale. Vos paupières s'ouvrent doucement, vous reprenez conscience peu à peu, vous vous étirez... Non, vous ne vous étirez pas, vous n'avez plus de corps ! Que s'est-il passé ? Vous avez votre tête, et c'est tout, dans un casque volant. Mince alors. Une voix robotique vous parle, vous guide, vous suggère de vous visser au corps de robot juste à côté : d'un coup de propulseur, vous posez votre tête sur ces épaules métalliques, ajustez le cou : et c'est parti, vous prenez possession de ce corps mécanique.

La voix qui vous guide vous prévient : toute la base spatiale est habitée d'androïdes autrefois humains, qui ont dépassé le stade de la chair et du sang pour transférer leur conscience dans des enveloppes mécaniques, devenant ainsi immortels. Votre tête ne va donc pas revenir aux gardes de la cité, qui vont chercher à vous éliminer. Il vous faudra vous faufiler à travers les étages, des zones de divertissements aux salles des machines pour vous enfuir de là et, accessoirement, aider un groupe de rebelles à retrouver leurs corps d'origine.

Bim bam, ricochet, décapitation instantanée !

Le principe

Tout est dans le titre : Headlander est un jeu d'action / aventure en défilement horizontal, dont la mécanique repose sur votre tête capable de se décrocher du corps que vous avez temporairement emprunté. Cela peut être le corps gracieux d'un svelte habitant, le corps d'un chien mécanique capable de se faufiler dans de petites niches, ou (surtout) le corps d'un garde dont la couleur correspond à un niveau de sécurité. Les gardes rouges sont basiques et n'ont pas accès aux zones oranges, etc., jusqu'au mauve, zone de sécurité ultime.

En vous greffant sur un corps d'un coup de propulsion de votre casque, vous prenez immédiatement possession de ses capacités : résistance à l'électricité, tirs lasers croisés. Choisissez bien l'ennemi que vous comptez posséder. Même si en réalité, ces corps sont interchangeables autant que vous le souhaitez. En progressant, vous développez des capacités nouvelles, en plus de l'augmentation de la resistance et de la santé. Une capacité intéressante est de transformer votre hôte en tourelle automatique qui tirera sans relâche sur ses congénères.

En route vers mon nouveau corps !

Headlander reste globalement linéaire : vous progressez à travers plusieurs vastes zones, chacune faisant l'objet d'une petite quête nécessitant généralement d'aller déverrouiller des leviers disséminés aux quatre coins de la zone. Vous explorez donc l'endroit, passant de corps en corps quand votre hôte est trop abimé pour poursuivre ou si vous devez emprunter une porte nécessitant un code couleur plus élevé. En parallèle, n'hésitez pas à décrocher votre tête pour passer par de petits conduits vous amenant à des améliorations pour votre casque.

Le look reto-futuriste est globalement cool.

Pour qui ?

La mécanique de Headlander étant assez simple, le titre s'adresse aux joueurs à la recherche d'une aventure de quelques heures, ne nécessitant pas de résoudre des énigmes trop complexes, le tout dans une ambiance spatiale rétro-futuriste assez réussie. Comme si l'aventure de l'homme bionique avait commencé dans les années 70, avec des influences disco/funk à tous les niveaux. L'idée du casque volant pouvant se greffer à tout corps, à commencer par celui de ses ennemis, procure un certain plaisir vicieux. Vous allez veiller à ne pas trop abîmer le corps que vous convoitez mais juste assez pour mettre son hôte K.O. avant de lui dégager la tête des épaules.

Cette reine géante est une grosse vicieuse.

L'anecdote

Un passage assez différent du reste du jeu offre une mécanique particulière : le plateau (revisité) d'échecs. Au fil des années, ces robots habités par des âmes humaines ont imaginé un mix entre le classique jeu d'échecs, la capture de drapeau et la baston générale. Des robots aux formes des pions, cavaliers, tours se promènent dans une arène géante, arme au poing, blancs contre noirs, avec comme maître du jeu une intelligence artificielle qui ne vous aime pas beaucoup. Au milieu de tout ce bordel visuel de lasers vous déambulez, dans votre petit casque comme une mouche au-dessus d'un plateau d'échecs, cherchant un pion auquel vous greffer pour aller résoudre les mini énigmes autour du jeu.

Cette phase assez surprenante dans Headlander m'a d'abord déstabilisé ; n'étant pas familier des échecs, j'avais du mal à comprendre les objectifs et pourquoi je me heurtais à des portes closes. Mais avec un peu de persévérance, j'ai compris à quoi ressemblait un pion, différent d'un fou ou d'un cavalier, et qu'il fallait identifier les bons hôtes, en plus de leur couleur, pour débloquer les portes qui m'ont permis de résoudre les objectifs fixés. Et mention spéciale au cavalier, qui tire ses lasers à angle droit.
Les Plus
  • L'ambiance visuelle et sonore rétro-futuriste 70's
  • Décrocher sa tête et se greffer à un ennemi récalcitrant
  • Les intelligences artificielles sont bien caractérielles !
  • Le système de sécurité par couleurs, basique bien intégré à l'ambiance du jeu
Les Moins
  • Un peu trop simple, le challenge aurait pu être plus élevé