The Technomancer

15 juil. 2016
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Un foudre de guerre pourtant fragile

Compte tenu des attentes qu'il a suscité, The Technomancer pourrait être considéré comme un jeu décevant. En effet, vous n'y trouverez pas l'accessibilité des grosses productions actuelles, ni même leur beauté ou leur monde ouvert. Mais contrairement à certains titres récents, vous êtes ici face à un vrai jeu de rôle, complet, gérant les relations entre compagnons, vos choix moraux ainsi que les factions. Grâce à trois arbres de compétences, la gestion du personnage est hyper détaillée. Les combats nécessitent acharnement, rigueur et timing pour être menés à leurs termes sans décès prématurés. Le système de craft est intelligent et très utile pour vous adapter. Quant au background du jeu, il est intéressant même si parfois plus d'explications auraient été bienvenues. La seule chose qui a manqué à The Technomancer pour être un vrai grand RPG, c'est un budget conséquent qui lui aurait permis de corriger ses principaux défauts.

D'abord connu pour de la sous-traitance, le studio Spiders s'est lancé il y a quelques années dans la création de son propre catalogue. Après le surprenant Mars, c'est au tour de The Technomancer de se montrer, nouveau jeu de rôle SF se déroulant sur la planète rouge. Attention au coup de foudre.

L'histoire

Mars a été conquis par l'homme il y a quelques siècles déjà, et la prospérité s'y est installée laissant émerger de grandes cités. Mais divers soucis sont aussi apparues. Exposés au Soleil sur Mars, les hommes ont mutés, générant ainsi des conflits sociaux et des inégalités. Les habitants ont pris le nom de leurs fonctions. L'ordre a été tenu par l'armée ainsi qu'avec l'aide de deux grandes faction : Abondance et Aurora. Mais un jour le contact avec la Terre est perdu et les deux factions prennent le contrôle de la planète rouge et de sa ressource principale : l'eau.

C'est dans ce contexte que vous incarnez Zacharia Mancer, dans ses premiers pas d'officier d'Abondance. Lors de son rite de fin d'apprentissage de technomant, homme capable d'utiliser l'électricité, votre maître vous confie le lourd secret de votre corporation. Ce simple acte va pourtant amener un grand changement sur Mars quand le chef de l'armée va vouloir en apprendre plus sur vous et votre secret. La vie d'officier ne va pas être de tout repos surtout quand vos choix vont avoir de lourdes conséquences.

L'histoire de The Technomancer est intéressante, suffisamment pour vous plonger dedans jusqu'au bout. L'intrigue vous amène à quelques rebondissements bien placés, des évolutions bien senties, laissant une impression plus qu'agréable en avançant dans le jeu, sans cette sensation de banalité trop récurrente ces derniers temps. L'univers présenté ici est en monde semi-ouvert dont l'ambiance du jeu participe à sa justification (la lumière du jour étant mortelle). Le cyberpunk est le courant qui prédomine dans The Technomancer, mélange de futurisme et d'éléments passés. Couplé à des couleurs ocres qui tirent vers le sombre, le jeu peut aussi repousser si vous cherchiez des environnements hyper colorés. Ne vous attendez donc pas à trouver une terra formation resplendissante. Les couleurs ténébreuses rendent aussi plus réaliste l'univers créé par Spiders. Tout ou presque se passe de nuit, dans des bâtiments fermés ou des souterrains. C'est un parti pris qui peut déplaire mais vous auriez tort de vous arrêter à ça.

Les cartes peuvent être affichées en surimpression en pressant la touche RT. Pratique !

Le principe côté "Aventure"

Si The Technomancer se présente comme un jeu de rôle et d'aventure, il faut tout de même admettre qu'il est meilleur sur le jeu de rôle mais nous y reviendrons plus tard. Vous retrouvez ici un jeu assez classique qui vous mène d'un endroit à un autre en exploration limitée (ou en couloir). Vos lieux de promenade sont constitués de deux cités principales, Ophir et Noctis, ainsi que de quelques lieux annexes qui servent de missions. Malheureusement, les phases d'explorations sont assez décevantes et mettent souvent en avant des graphismes pas vraiment au niveau des derniers AAA que vous avez pu approcher sur cette génération de machine. Vous rencontrerez tout de même quelques jolis coins à visiter. Cette limite technique apparente n'entrave cependant pas le plaisir de jouer car Mars se prête aussi parfaitement à ces paysages désertiques. Les cités sont un peu plus réussies, même si leur taille est limitée. Notez que les villes sont relativement peu peuplées pour un jeu de cette envergure. Le gros de vos déplacements sera donc des allers-retours et non de l'exploration de donjon (dont étonnamment vous possédez toujours la carte).

Le bestiaire est finalement assez limité. Tuer des taupes fut une passion.

Le principe côté "Rôle"

Heureusement The Technomancer est un vrai jeu de rôle avec tout ce que cela engendre. Zacharia a un alignement représenté par son karma ainsi que des relations à entretenir avec les factions (des grands regroupements tels que la pègre, les marchands, l'armée, etc.) et ses compagnons. Comme dans Dragon Age : Origins ou Mass Effect, vous allez devoir réfléchir à vos actes sous peine de vous faire haïr par vos proches ou considéré comme traître par une faction. Au contraire, vous pourrez nouer des amitiés et des histoires d'amours (hétéro et homosexuelles) avec vos compagnons de route. Au nombre de cinq, vos équipiers vont partager aussi beaucoup de choses avec vous, à commencer par l'équipement et donc les loots et le craft. Dans la pratique, vous devez constituer un groupe de trois membres, dans le but d'avancer le plus facilement possible. Chacun de vos compagnons ayant un style de combat et ses goûts personnels, il vous faudra ajuster l'équipe en fonction de vos attentes et de la mission à effectuer.

The Technomancer vous demande d'alterner entre trois styles de combats différents, qui rendent ces-derniers encore plus ardus. Vous avez d'abord le combat au bâton (guerrier), rapide, fluide, avec une frappe à mi-distance très utile mais facilement contrôlable par un ennemi seul. Vient ensuite le combat avec le couple sabre-revolver (roublard), qui permet de maintenir à distance un soldat pendant que vous finissez le premier au corps-à-corps. Enfin vous avez le couple masse-bouclier (défenseur), qui est la seule combinaison vous permettant de bloquer mais d'en mettre aussi plein les dents à l'ennemi proche. À ces trois types offensifs, s'additionne la technomancie ou l'art d'utiliser l'électricité pour rythmer vos combats, en lançant des éclairs comme les Sith ou en électrifiant vos armes. Dans la pratique, il faut bien dire que vous utilisez surtout un style en fonction de vos goûts mais que le changement de style est pratique mais pas nécessaire. The Technomancer permet surtout de ne pas choisir définitivement un type de combat mais d'alterner en fonction de vos envies au fil du jeu, ce qui est un vrai plus.

De ces quatre types de combats découlent quatre arbres de compétences à améliorer niveau par niveau. Entre capacité passive et nouvelle technique de combat, vous devez répartir les points gagnés tous les niveaux, afin d'optimiser votre style. Spiders ne s'est pas arrêté là puisque tous les trois niveaux, vous pouvez améliorer un second arbre de compétences qui se base sur vos talents. Crochetage, espionnage, charisme, outillage, médecine ou exploration, autant de choix qui guideront et limiteront vos accès. Cependant, si vous prenez avec vous un compagnon doué dans un domaine, vous gagnez un niveau de plus tant qu'il est présent dans votre groupe. Pratique pour faire sauter les verrous niveaux trois sans dépenser vos points de compétence en crochetage. Le troisième et dernier arbre vous permet de gagner des points de Force, d'Agilité, de Technomancie ou de défense. L'effet notable est d'améliorer un style de combat en plus de vos statistiques. Un système ultra complet, qui s'utilise facilement et qui donne un point très positif à The Technomancer.

La cité de Noctis est un mélange de genre plutôt orientale.

Pour qui ?

The Technomancer n'est pas un jeu AAA qui va vous couper le souffle toutes les trois secondes par un paysage ou une animation. Ce n'est pas non plus un jeu accessible, qui vous laissera faire progresser votre personnage sans trop vous en demander (surtout en terme de pianotage sur la touche attaque). The Technomancer est un jeu de rôle, un vrai, du genre ou vos choix, vos actions et votre progression amèneront des réactions différentes. Un jeu qui nécessitera de réaliser des quêtes annexes variées et souvent utiles à l'histoire. Un jeu aussi qui vous oblige à arrêter d'appuyer sur le bouton X comme un fou parce que c'est l'attaque rapide. Bref, un jeu particulier qui se montrera plaisant uniquement pour une catégorie de joueurs, probablement les plus exigeants.

Ophir est opposé en style, alliant modernité et propagande.

L'anecdote

Comme Mars, The Technomancer est un jeu ou votre héros n'a pas une barre de vie conséquente. Elle est même moins importante que la plus part de vos ennemis avec un effet des plus désagréables : celui de mourir de la main du premier venu en trois coups, alors qu'il faut que vous lui en mettiez six. Cette dure réalité m'a poussé à revoir mon optimiste début en difficile, quand les premiers affrontements sérieux ont fait leur apparition. Car couplé à la nécessité de réaliser des esquives parfaites et de gérer les distances avec les différents types d'ennemis, la première embuscade me fut fatale à de nombreuses reprises. Mais finalement, c'est aussi cela que l'on aime : mériter ses victoires (ou adapter la difficulté à son niveau).
Les Plus
  • Un vrai jeu de rôle avec des choix, des réponses multiples et des effets multiples
  • Un système de progression du héros complet avec les 3 arbres de compétences qui se complètent
  • L'alternance des styles de combats bien pensés et équilibrés
  • Une vraie difficulté, surtout dûe au timing des combats
  • Une durée de jeu plutôt correcte
  • Une bande son de qualité signée Olivier Derivière
  • Un système de craft important dans votre évolution
Les Moins
  • Techniquement à la traine
  • Beaucoup d'allers-retours, surtout sur les quêtes annexes
  • Certains angles de caméra qui n'aident pas beaucoup
  • Des ennemis qui apparaissent et disparaissent, des éléments des personnages aussi pendant les cinématiques

À propos de l'auteur

Si kharg était un jeu vidéo, il serait sans doute un jeu de rôle, un peu long au démarrage, rébarbatif dans tous ces abords et surtout où il faudrait chercher dans tous les coins pour trouver les trucs sympas. Un peu à l'image de Final Fantasy VII en réalité.

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