Homefront : The Revolution

08 oct. 2016
Testé par sur
Disponible sur
2

Le radeau de la méduse THQ

Grâce à son scénario bien exploité et sa mise en scène travaillée, Homefront : The Revolution aurait pu être un bon jeu. Avec son monde ouvert, ses objectifs variés et ses possibilités d'approches, il aurait pu se mesurer aux grands noms du genre (sans toutefois vraiment les égaler). Sa variété de zones proposée et son multijoueur sympathique auraient même pu faire de lui une bonne surprise. Mais voilà, Homefront : The Revolution est inondé de bugs, de ralentissement et de freeze qui pourront vous faire abandonner. La bande son n'est pas épargnée avec ses dialogues décalés et bilingues involontairement. Sans parler de l'IA purement aberrante, qui peut vous aligner en trois tirs bien placés et mettre huit soldats en ligne pour être dégommée dans la même partie. Vous l'aurez compris : à défaut d'être révolutionnaire, l'expérience Homefront : The Revolution est plutôt frustrante.

Après la chute de THQ, la licence Homefront a été reprise par Koch Media en 2014 au studio Crytek, alors en grande difficulté financière. Confié au nouveau studio de Deep Silver, Homefront : The Revolution voit le jour quelques deux années plus tard avec pour objectif de faire oublier les travers de son prédécesseur. Est-ce une révolution ou un pétard mouillé ? Attention aux inondations !

L'histoire

L'histoire de Homefront : The Revolution n'est pas sans rappeler les scénarios des années 80. Dans un futur légèrement différent, les États Unis d'Amérique se sont endettés auprès des Nord-Coréens de la société APEX pour garder un avantage militaire conséquent. Mais une grave crise économique suit la guerre et le gouvernement se retrouve obligé de ne pas rembourser la dette. Il n'en faut pas moins aux Nord-Coréens pour venir s'installer dans le pays étoilé et régir le nouveau monde. En 2029, alors que tout semble perdu pour le peuple opprimé, un révolutionnaire va mettre en marche le mouvement qui devra libérer le pays. Mais dès votre première mission, Ben Walker se fait attraper par l'ennemi et votre destin parait alors comme inéluctable : libérer le libérateur.

Pour un FPS, Homefront : The Revolution a le bon gout d'offrir une histoire accrocheuse et bien orchestrée qui manque souvent au genre. Sous ce scénario classique, vous trouvez surtout un fond sombre et glauque, très bien retranscrit, donnant une sensation d'oppression omniprésente dans Philadelphie... Enfin au moins les premières heures vu la répétitivité des missions. Les révolutionnaires, dans un style conservateur et pro américain s'opposent avec classe à des soldats Nord-Coréens futuristes et hyper armés. Une grosse ambiance donc mais quelques peu gâchée par la technique.

Trouver un escalier ou un couloir étroit est un très bon moyen de se débarasser d'une IA limitée.

Le principe

Homefront : The Revolution est un FPS loin d'être révolutionnaire puisqu'il puise dans beaucoup de jeu existant. Vous êtes un rebelle qui doit permettre à la résistance de grandir et ainsi pouvoir espérer la liberté. Vous allez être confronté à trois types de zones dans ce monde presque ouvert, qui vont influer sur votre approche et votre manière de jouer. Dans les zones rouges, vous vous retrouvez dans des grands champs de ruines vides de population, sous le joug d'une armée plutôt légère. Vous allez devoir libérer les secteurs par le biais de différents points stratégiques à capturer. Pour ce faire, vous devez souvent attaquer une base ennemie pour la convertir à votre cause en tuant les soldats présents et en activant un émetteur par exemple. Les secteurs libérées deviennent alors des zones de réapprovisionnement de la résistance (déjà vu dans Assassin's Creed ou Far Cry 3 donc). Ces zones sont vastes et dénuées d'intérêt pour un piéton, vous êtes alors tenté de parcourir sces terres désolées avec votre moto, mais vous le regrettez bien vite. Engin rigide à souhait, avec un angle de braquage minable et une visibilité qui vous fait chuter toutes les 30 secondes, accrocher une planche avec votre bécane est une chose quasi impossible et pourtant il y en a partout.

Les zones jaunes sont sans doute les plus intéressantes et les plus subtiles. Vous devez convaincre le peuple opprimer de passer à l'acte dans des zones résidentielles, bouclées par des caméras, des gardes en patrouilles et des drones, sachant que tout ce petit monde connait votre portrait. Pour se faire, vous devez réaliser diverses actions vite redondantes : libérer les otages, aider les civiles, donner aux mendiants, détruire les infrastructures Nord-Coréenne ou mettre les postes radio sur Radio Résistance. Une fois le compteur d'affection suffisamment élevé, le comportement du peuple change, les barricades fleurissent et les tabassages d'autorités deviennent légion. C'est sans nul doute la partie du jeu la mieux réalisée et l'évolution du comportement de la populace est un vrai régal. La phase d'infiltration qui est ici mise en avant est par contre relativement décevante, notamment à cause d'une IA déjà pas franchement à l'honneur dans les zones rouges, mais vraiment proche des Lapins Crétins quand un soldat vous poursuit. Au détour d'une ruelle, il suffit de vous cacher dans une poubelle alors que huit soldats vous pourchassent pour stopper net la poursuite. Un soldat vous repère lors d'une balade ? Il suffit de marcher derrière un PNJ. Vous l'avez compris, là aussi le manque de travail est certain même si moins flagrant qu'ailleurs.

Enfin, les zones vertes qui paraissent être les plus difficiles sont constituées des quartiers les moins abimés de la ville de l'amour fraternel, occupés à présent par l'armée Nord-Coréenne. Encore plus de soldat, plus de drone, plus d'engin de soutien, plus de char, bref plus de guérilla donc. Soumis aux mêmes règles que les zones rouges à savoir pas de civils dans les rues, les défauts d'IA transforme certains passages d'infiltration en jeu bourrin, faisant gagner de nombreuses minutes en jeu. Vous pouvez tout de même aborder les missions de façon plus discrète, cela sera même obligatoire si vous jouez en difficulté maximum. Sans être mauvaises, ces zones n'ont pas l'attrait des zones jaunes et pourtant possèdent autant de missions que les autres.

Les passages en moto sont loin d'être agréables.

La technique

Le vrai boulet de Homefront : The Revolution vient surtout des problèmes liés à la technique. Si vous pouvez apprécier le joli travail réalisé sur les Nord-Coréens, sur les zones vertes et jaunes ou même les principaux protagonistes de votre aventure, il faut aussi remarquer les défauts des zones vides laissant place à trois ou quatre nuances de gris et très peu de détails. Les PNJ sont même simplement affreux à regarder la plus part du temps (absence de relief sur certains visages, coupe de cheveux digne de la Xbox 360 ou d'avant). Mais ce qui est le plus choquant, c'est le nombre incalculable de freeze, de ralentissements, de personnages ou bouts de personnages qui disparaissent comme par magie de votre écran. Vous recevez un message d'un de vos supérieurs : freeze. Vous validez une mission : freeze. Un objectif secondaire apparait : freeze. C'est très frustrant et en même temps dommageable au jeu qui aurait mérité un meilleur traitement. L'audio n'est pas épargné non plus avec des dialogues qui passe du français à l'anglais dans la même conversation, des décalages sérieux entre l'animation de la bouche et les débuts de textes et enfin des dialogues inaudibles si vous ne regardez pas en face la personne qui vous parle (mais en face, pas juste dans votre champ de vision, à croire que votre personnage lit sur les lèvres).

L'arbalète sera vite préférée aux autres armes pour sa discrétion.

Le multi

Le multijoueur n'est pas épargné par les défauts mais il s'en tire largement mieux que la partie scénarisée. Homefront : The Revolution propose un mode de jeu nommé Résistance, qui vous propose de créer votre révolutionnaire et de le faire progresser dans des histoires inédites (mais sur des portions de cartes accessibles en histoire) jouables à quatre joueurs dans des niveaux de difficulté variés. En terminant les missions d'une quinzaine de minutes environ, réparties entre mission d'attaque et de défense, vous amassez de l'argent pour améliorer votre équipement en achetant différents types de caisses (arme, équipement, accessoire, apparence...), ainsi que de l'expérience pour ajouter des capacités telles que l'augmentation de votre santé, l'amélioration de votre vitesse de récupération, de votre endurance, etc. Complètement indépendant du mode histoire, vous progressez à votre guise dans ce mode avec des amis ou des inconnus. Le gros soucis vient de la difficulté pour faire un matchmaking même à 22 H un soir de semaine ou en journée le week-end. Ce mode de jeu qui lorgne vers PAYDAY 2 est loin d'en avoir toutes les subtilités mais reste tout à fait agréable à parcourir.

Ceci est un hacking, à base de changement de direction des sticks... Bof comme idée.

Pour qui ?

Homefront : The Revolution se destine aux amoureux du FPS en manque de scénario et de background. En piochant beaucoup de bonnes idées dans les titres existants, le jeu avait de quoi s'offrir une voie royale mais voilà, par manque de temps, d'argent ou de beta test, Homefront : The Revolution souffre surtout de ses trop nombreux défauts, qui cassent le rythme de votre progression bien trop souvent, surtout pour un jeu qui aurait pu faire bien mieux. Difficile donc à conseiller, sauf si vous le trouvez à un prix moindre.

Les zones vertes et jaunes sont plutôt réussies visuellement.

L'anecdote

En commençant Homefront : The Revolution, je ne savais pas trop à quoi m'attendre : un jeu avec un sujet proche des films des années 80 et des personnages avec une main qui pop a sa guise. Quoi ? Mais c'est quoi ces petits carrés blancs qui apparaissent à l'écran sur la veste de mon bourreau? Et pourquoi je l'entends pas alors qu'il me parle mais j’entends son voisin qui lui parle à 15 centimètres ? La première heure de jeu montre déjà le meilleur et le pire du titre. Les bugs sont particulièrement concentrés au début et peuvent vite rendre fou, quand vous essayez de comprendre l'histoire ou plus simplement quand vous voulez avancer vite. La copie est encore à revoir.

Si le schéma narratif est classique, la liberté d'approche a été grandement améliorée

DLC - The Voice of Freedom

Alors certes, Homefront : The Revolution avait étoffé son mode multi à plusieurs reprises mais le cœur du jeu lui c'était vu délaissé. Avec The Voice of Freedom, c'est bien du contenu solo que Dambuster vous propose. Vous vous retrouvez dans la peau de Benjamin Walker, chef de la résistance, alors que celui doit infiltrer Philadelphie pour venir rencontrer Parish, le chef local. Ce DLC sert donc de prologue à l'histoire du jeu. Il met en avant un peu plus de combats intenses et surtout l'infiltration, en vous laissant plus souvent le choix de ne pas tuer les ennemis. Vous aurez aussi affaire à une nouvelle faction : les 90s, des gens peu agréables qui ont élus domicile dans les égouts et le métro. Un contenu classique mais qui se laisse apprécier par la diversité apportée sur les approches possibles.

En plus du contenu solo, ce DLC est surtout l'occasion de profiter des différents patchs nommés Performance, déployé sur le jeu entre juillet et septembre. Les gains en fluidité et framerate sont non négligeables et améliorent grandement l'expérience de base (sans pour autant tout supprimer). Du coup, en profiter pour retoucher Homefront : The Revolution] parait envisageable, mais ne vous faites pas de fausses joies pour autant.
Les Plus
  • Un background et une oppression bien retranscris
  • La personnalisation des armes assez surprenant
  • Le mode Résistance finalement pas si désagréable
Les Moins
  • Beaucoup de bugs malgré un patch de 3.5 Go
  • Des ralentissements, voire des freezes à tous les chargements ou presque
  • La moto trop rigide et incontrolable
  • L'IA stupide qui se met à couvert du mauvais côté de la barricade
  • Des bugs d'affichages, des murs invisibles et des soldats qui apparaissent et disparaissent