Tabula Rasa : la révolution tranquille

06 sept. 2007
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  • Éditeur NC Soft
  • Développeur NC Soft
  • Sortie initiale 2 novembre 2007
  • Genres Massively Multiplayer Online, Rôle

"Du passé faisons table rase". Voilà le message que Richard Garriott voulait faire passer lors de son exil asiatique après l'échec cuisant d'Ultima Online 2 et la mort du légendaire studio Origin Systems. Quatre ans plus tard, force est de constater que le projet, intitulé Tabula Rasa, est quasiment arrivé à échéance et est fin prêt à en découdre avec le mastodonte World of Warcraft. Mais par quels moyens Lord British compte-il triompher de l'adversité ?

L'histoire commence mal.

Lord British contre-attaque

Ce qui distingue Tabula Rasa des autres jeux, c'est avant tout le fait que Richard Garriott ait supervisé le projet. En créant la saga des Ultima, ce game designer d'origine britannique a donné ses lettres de noblesse aux jeux de rôle sur ordinateur et a inventé Ultima Online, premier grand succès des jeux de rôle massivement multijoueur. Tabula Rasa découle de sa volonté de repartir sur des bases saines et changer les règles des MMORPG. L'histoire du jeu s'articule autour du destin tragique de la race humaine dans un lointain futur. Après la destruction de la terre par des extraterrestres nommés "Bane", l'humanité se réfugie sur une planète éloignée, hébergée par une civilisation extraterrestre pacifique, les Elohs. Vous incarnez une recrue de l'AFS (Allied Free Sentients) - une armée humaine destinée à en finir avec la menace Bane - fraîchement mutée sur Foreas, la planète servant de champ de bataille. Après une courte période d'entraînement en solitaire, vous êtes téléporté en arrière garde pour débuter vos prouesses militaires. L'un des aspects sur lequel Destination Games a travaillé est sans conteste l’univers et l'histoire. En effet, Les Elohs - avec qui l'AFS se partagent la planète - possèdent leur propre culture, donnant un aspect unique à leurs cités arboricoles. De même, Foreas regorge d’endroits exotiques et de créatures xénomorphes aussi étranges que belliqueuses. Et à la manière d'un Guild Wars, l'histoire possède un début et une fin vécue à travers les yeux de votre troufion.

La personnalisation de votre avatar est assez variée.

N'oubliez pas votre fusil

La perspective empruntée par Tabula Rasa est très différente des autres MMORPG. Au premier coup d’œil, elle se rapproche plus des jeux d'action. En effet, la caméra est placée au niveau de votre épaule, la souris prend la forme d'un viseur et les armes se limitent à de l'artillerie en tout genre (fusils, mitrailleuses, canons, etc.). Ici, vous devrez cliquer pour gagner : la seule sélection d'ennemis possible s'effectue par un verrouillage de cible et les objets s'utilisent par des raccourcis claviers. Hormis la faune locale plutôt sédentaire, les ennemis arrivent généralement sans prévenir, débarquant dans des vaisseaux de transport pour en découdre. A vous de vous cacher ou vous accroupir derrière l'environnement pour éviter les tirs, sachant que les avant-postes alliés disséminés un peu partout peuvent vous servir de bases de repli. Les combats sont donc assez agréables et changent de World of Warcraft et des grandes palettes de compétences. Bien sûr, la magie est présente sous forme de "Logos", des tablettes disséminées à des endroits fixes sur la planète et souvent bien protégés. Chaque Logos représente un mot d'un alphabet magique apportant un pouvoir (course, salve d'éclairs, poison, etc.), certains d'entre eux peuvent donc être combinés pour créer de nouveaux pouvoirs ou amplifier les anciens.

En pressant la touche CTRL, le menu circulaire à la Secret of Mana apparait.

Votre avatar : un gars simple

La création de votre personnage est très simplifiée : vous ne pourrez choisir que son apparence et son nom. Votre héros est décomposé en trois caractéristiques : la force, l'endurance et l'esprit. Exactement comme dans Ultima, les trois compétences définiront respectivement ses capacités au combat, ses points de vie et son potentiel maximal de magie. A chaque niveau, vous aurez trois points à répartir. Différentes compétences sont également accessibles tels que l'utilisation de chaque type d'arme et les niveaux de vos différents pouvoirs qui peuvent être augmenter de la même façon que les caractéristiques. A partir du niveau 5, vous pouvez choisir une spécialisation : devenir soldat ou spécialiste, la première vous destinant à devenir un combattant hors pair tandis que l'autre vous guide vers l’aspect infiltration, maintenance et soutien. Chacune des spécialisations dispose de nouvelles compétences, d'armures et de pouvoirs spécifiques. Deux autres choix interviennent, vous orientant encore plus vers un style de jeu particulier (commando, ingénieur, espion, etc.). Pour ne pas vous retrouvez nu sur le champ de bataille, l'officier de réapprovisionnement fourni diverses armes, armures et munitions contre une somme modeste bien sûr. Tabula Rasa n'autorisant que les armes à feu, les munitions doivent être surveillées. Ainsi, l'usage du minigun se limite souvent vite aux coups de crosse à cause du nombre de cartouches tirées à la seconde mais sa puissance est dévastatrice. Le type d'arme utilisé sera donc déterminant dans votre manière d'aborder les problèmes.

Le QG de campagne vous mettra en relation avec les gradés et les quêtes de haute importance.

Une table avec un truc en plus

Pour se distinguer de la horde de MMORPG disponibles, Tabula Rasa tente d'intégrer un élément de plus en plus en vogue : le choix moral. En effet, la répétition des quêtes est généralement le problème le plus rebutant du genre, Richard Garriott propose donc de "pimenter" un peu le tout en proposant une réelle alternative à la récupération de champignons et de peaux d'ours. Ainsi, une banale mission de livraison de médicaments sur la ligne de front peut vous révéler la présence d'une bonne âme distribuant les médicaments à tous les avant-postes des alentours, mais zappant l'effort de guerre. Le fait de le dénoncer au capitaine vous apporte une récompense supplémentaire mais vous donne également une mauvaise réputation auprès des soldats concernés. Environ 20% des quêtes devraient proposer ce genre de choix, une bonne manière de varier l'aventure. D'autre part, Tabula Rasa se déroulant comme un champ de bataille géant, l'action ne sera pas fixe. Les joueurs pourront conquérir des places fortes détenues par l'ennemi ou s'en voir déposséder. L'évolution du champ de bataille influera directement sur le jeu en octroyant ou retirant des hôpitaux de campagnes, du réapprovisionnement ou l'accès à certains Logos. A l'heure actuelle, Tabula Rasa semble en bonne place pour se frayer une niche au sein des MMORPG existants en offrant de bonnes idées inédites, mais l'avalanche de nouveautés telles que Age of Conan ou Warhammer Online pourrait étouffer le développement de sa communauté de joueurs. La réponse sera sûrement donner cet hiver.