Conan ou la revanche du Cimmérien

28 août 2007
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De la violence, du sexe et de la magie maléfique : un trio qui s'est toujours révélé fructueux auprès de nombreux joueurs comme le prouve le récent succès de God of War. Pourtant, ce dernier n'a rien inventé car Conan est bel et bien à l'origine de cette trinité. Il part enfin à l'assaut de vos consoles pour reprendre sa place légitime. Et il ambitionne de faire face à la concurrence acharnée dans le domaine du "Beat them all" en proposant plus de tripaille et de brutalité. Et ça marche ! Premières impressions.

Les peuples rencontrés possèdent une identité visuelle unique.

"Ecraser ses ennemis"

Développé par le talentueux studio Nihilistic responsable de Vampire : The Masquerade - Redemption, Conan reprend en apparence les mamelles du Beat them all. Vous y trouverez donc une violence exacerbée ainsi qu'une prise en main jouissive et immédiate. Mais afin de se démarquer de la pléthore de titres existants et en particulier du colossal God of War II, les développeurs ont choisi de s'imprégner de l'univers imaginé par Robert E Howard : l'âge hyperboréen. Imaginez un monde cruel et sans pitié où se côtoie empires décadents et peuples nomades, théologies éclairées et dieux cruels. C'est dans cette époque basée sur une préhistoire fictive que se déroule le récit de Conan, fier guerrier venu des steppes gelées de Cimmérie, tour à tour voleur, mercenaire, pirate puis roi. Les environnements sont diversifiés et illustrent avec brio les civilisations de l'âge hyperboréen imaginées par l'auteur : temples ensevelis, cités perdues dans le désert, ports fétides... De même, les ennemis sortent directement des nouvelles imaginées par l'auteur : entre les phalanges Stygiennes, les serpents géants, voire même le dieu éléphant, la tâche s'annonce épique. S'il est simple et efficace, le scénario a le mérite d'exister, ce qui n'est pas si courant pour un Beat them all. Ayant réveillé un démon enseveli alors qu'il pillait une crypte, Conan se retrouve dépouillé de ses possessions et, pour couronner le tout, s'échoue prêt d'une crique de pirates de la mer noire. Il devra alors tour à tour récupérer son équipement, aider une princesse farouche et régler son compte à celui qui a provoqué sa perte.

Les boss seront bien entendu cyclopéens.

"Les voir mourir devant soi"

La partition musicale est réalisée par le compositeur Gerard K.Marino, déjà à l'origine de celle de God of War et s'inspire directement de l'oeuvre de Basil Poledouris. Entrainante et épique, cette dernière rythme l'action de manière agréable et apporte un plus indéniable aux cinématiques qui ponctuent la progression du héros. Les graphismes nouvelle génération apportent un rendu bluffant à la narration des ses péripéties. A première vue, Conan ne bouscule pas les conventions du genre. Les développeurs ont préféré effectuer un travail de fond pour peaufiner les aspects esthétiques et techniques. Pour renforcer l'impression de violence, les mises à mort varient ainsi de la décapitation au démembrement complet. Au total, une vingtaine de possibilités s'offrent à vous pour tuer votre prochain. L'arsenal potentiel est également très élevé : haches, lances, hallebardes, glaives, voire même boucliers si le coeur vous en dit. D'un point de vue tactique, le Cimmérien dispose de quatre styles de combat possédant chacun leurs forces et leurs faibles : combat avec une arme, avec deux armes, avec un jeu d'arme et bouclier, ou encore avec une arme à deux mains. Chaque ennemi vaincu laisse échapper les sempiternelles boules d'énergies, ce qui vous permet d'acheter une palette variée de nouveaux mouvements correspondant à un style de combat en particulier.

Danger constant pour le héros, les animaux sont très présents.

"Et entendre les lamentations de leurs femmes."

La magie sera également de la partie. Quatre sortilèges sont débloquables au fur à mesure de l'aventure. Chacun consomme une quantité relative de votre barre de magie, allant d'un simple lâcher de corbeaux nécrophages sur vos ennemis à la chute de météorites sur les malchanceux, tout en passant par la classique pétrification. Des petites améliorations sympathiques font aussi leur apparition au niveau de la gestion des si précieux combos. Par exemple, le fait d'effectuer une roulade salvatrice ne cassera pas un combo et permettra de le continuer. Autre élément, une parade bien placée vous laisse un court instant pour appuyer sur une touche déclenchant une contre-attaque fatale à coup sûr. Conan vous incitera à expérimenter de nouvelles techniques et de nouvelles approches. En effet, l'utilisation prolongée d'un combo augmente le pourcentage de maîtrise de ce dernier qui, lorsqu'il se complète, rend le coup plus destructeur pour le reste de la partie. Le décor généralement peu utilisé à part pour contribuer à la recherche de bonus, peut servir ici d'arme de destruction potentielle. Ainsi, les inoffensifs tonneaux pourront fendre le crâne de vos adversaires, tandis que les torches vous permettront de les immoler. En offrant des possibilités de jeu originales et en s'impliquant davantage sur l'immersion dans le monde exotique de Robert E Howard, Conan devrait se trouver une place de choix parmi les Beat them all. Reste que son arrivée sera précédée par les très attendus Heavenly Sword et God of War II. Voila sans doute la bataille la plus rude que le Cimmérien aura à mener !