Sommes-nous tous des tueurs en devenir ?

29 nov. 2012

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En me baladant sur la toile hier, je n'ai pu que lire avec effroi cet article publié sur lepoint.fr, nous montrant comme des assassins en devenir, où des crétins asociaux. Si l'article en lui même n'a que peu de mérite et d'intérêt, vu que les arguments avancés n'ont que peu changé depuis une décennie, voire deux (ceux ci ressemblant étrangement déjà à ceux avancés pour les jeux de rôles), je m'étonne toujours que de tels papiers passe-partout soient publiés.

Ce genre de discussions familiales avaient pourtant disparu depuis quelques temps de nos repas du dimanche avec les éternelles reproches de Grand-Mère qui, du coin de la bouche nous glissait un : "Tu joues encore à ton âge ? Mais quand vas-tu grandir ? En plus, j'ai lu dans un article que c'était dangereux pour la santé".

Sommes-nous donc tous des tueurs potentiels ? Allons-nous tous finir seul coupé du monde derrière nos consoles ou nos PC ? Je ne vois pas l'avenir mais il est vrai que si tel est le cas, le monde va devenir un beau bazar. En possession d'objet tranchant, tel que des couteaux, je n'ai pas encore eu l'idée d'aller saluer mon boulanger pour son pain qui n'était pas très frais. Ai-je eu tort ? Il me semble que la morale n'est pas enseignée par les jeux vidéo mais bel et bien par les parents, la famille, l'école et diverses institutions. En parlant des parents, pourquoi ignorent t'ils si souvent les avertissements sur les boîtiers des jeux vidéos tel que -16 ou -18. Leurs viendraient t'ils à l’esprit de laisser leurs enfants regarder des films pour adulte parce qu'ils leurs demandent, ou de leurs servir un whisky au petit déjeuner ? Ou est-ce un manque de lisibilité de certaines informations PEGI ?

Il y a peu de temps, en me baladant dans un magasin (le 12/11/2012 vers 20h), j'ai vu une queue immense se former progressivement pour la sortie du dernier Call of Duty. Si ma surprise fut grande de voir quelques gameuses attendre pour elle-même la sortie de ce titre, mon indignation monta d'un cran quand je vis des mères et des pères avec leurs enfants de 8 à 13 ans. Est-ce les magasins qui informent mal les parents ? Est-ce la pression exercée par la société qui poussent ces jeunes consommateurs (et leurs parents) à outrepasser le bon sens ? Si l'on peut concevoir que celle-ci est grandissante, ma grand mère dirait : "Ce n'est pas parce que l'on te dit de sauter du haut du pont qu'il faut le faire !". Il est vrai que bien souvent les magasins spécialisés ne rappellent pas aux parents, un peu perdus dans ce monde étrange, que les jeux ont aussi des critères de sélection. Et quand ces mêmes jeux sont achetés en grande surface, aucun conseil n'est alors prodigué. Une campagne d'information, comme celle existante pour la télé, serait une solution pour aider les détenteurs de la décision finale, surtout en ces périodes de fêtes ou les publicités de jeux vidéo se multiplient.

Après avoir lu cet article, je me suis tourné vers mon entourage pour voir si tous les crétins en devenir qui forment mon cercle familial ou d'amis, étaient plus mauvais ou mal en point que les autres. En regardant leurs cursus scolaires, la moyenne du niveau de ces personnes est d'environ bac +3. Inquiétant non ? Après, en me tournant vers leurs casiers judiciaires, je n'ai pu que constater avec effroi que ceux-ci étaient vierges. De plus en plus inquiétant. Pas de dépendance aux drogues à signaler non plus, ni même aux jeux vidéo puisque la plus part d'entre eux ne jouent pas sur des périodes de six mois voire un an. Après donc 20 ans de consommation régulière d'Assassin's Creed et autres Doom, le bilan est donc assez positif, qu'ils soient devenus mécaniciens, informaticiens, commerciaux ou parents.

Si j'ai déjà cédé à la tentation de passé des nuits entières sur un bon jeu, il est vrai que les effets négatifs n'ont pas tardé à se faire ressentir. Yeux hagards, maux de têtes répétés, problème de concentration et envie d'y retourner n'en sont que des symptômes. Mais la raison, mon avenir ou ma mère ont souvent été le meilleur moyen d'arrêter ce cercle vicieux qui pourrait nuire. Mais ces parties nocturnes ont été aussi et souvent l'occasion de rencontre amicale, d'échanges assez intéressants et de partage. C'est d'ailleurs par les jeux vidéo que j'ai noué des contacts avec certains de mes voisins et que j'entretiens des relations amicales avec d'autres personnes.

Pour finir sur cet article, s'il est vrai que les joueurs sensibles peuvent percevoir un message autre que celui du "JEU", pourquoi laisser des enfants acheter et posséder des jeux qui ne leurs sont pas destinés. Au lieu d'envisager une sanction pour tous les joueurs en mettant en place un impôt sur les jeux vidéo, pourquoi ne pas simplement respecter les règles qui tiennent du bon sens ?

Il est dommage qu'en 2012, avec l'ensemble des éléments d'informations disponibles, des journalistes par une démarche moyenâgeuse de chasse à la sorcière, ne fassent pas encore la différence entre les déviances de certaines personnes et l'ensemble des personnes d'un groupe. Mais surtout que ces articles soient publiés.