Until Dawn

21 sept. 2015
Testé par sur
Disponible sur
3

Souviens-toi... l'hiver dernier

Grâce à de nombreux stratagèmes au niveau de la mise en scène, Until Dawn parvient brillamment à capter votre attention. Constamment agrippé à votre manette, vous savez très bien que ça va arriver mais jamais d'où, quand, ni comment. Si le scénario reste classique - il reprend les éléments habituels du slasher movie -, c'est du côté de la technique et de la direction artistique que l'équipe de Supermassive Games prouve son talent. Votre liberté de mouvement et votre libre arbitre ne sont finalement qu'illusion mais est-ce vraiment là l'essentiel ? Les sensations sont bien présentes et vous pourriez même vous surprendre à vouloir reprendre l'aventure en faisant des choix différents. Et constater si oui ou non ils auront un impact sur sa conclusion.

Vous aimez vous faire peur ? Vous connaissez par cœur les films comme Scream ou Souviens-toi... l'été dernier ? Et, en plus, vous avez une PlayStation 4 ? Alors il est probable qu'un jeu tel qu'Until Dawn puisse vous plaire. Reste maintenant à mesurer le niveau de cette probabilité.

L'histoire

Pour fêter la disparition de deux de leurs amies l'année précédente, un groupe de jeunes ne trouve pas moins intelligent que de se réunir dans le chalet où le drame a eu lieu. Isolée dans la montagne, avec des conditions météo forcément adaptées, la fine équipe va bien sur permettre à un serial killer randonneur de les approcher successivement, en lui offrant sur un plateau de nombreuses possibilités d’exécution.

L'équipe de Supermassive Games ne s'en cache pas : Until Dawn est avant tout un hommage aux slasher movie, ces films des années 90 spécialement conçus pour "faire peur" (oui, aussi pour "pécho"). Le scénario du jeu mélange donc avec une certaine efficacité tous les éléments indispensables à ce type de production : un groupe d'amis, jeunes, stéréotypés, parfois en chaleur, un brin caractériel, avec aussi un lieu à l'écart de la civilisation, une nuit de pleine lune, des bruits étranges, des portes qui claquent, la fameuse séance de spiritisme, des arrière-plans remplis de silhouettes qui vous observent... Bref, l'ambiance est parfaitement rendue, accentuée par une mise en scène de très bonne facture avec des choix de caméras fixes à la Resident Evil qui font toujours leur petit effet.

Les angles de caméras fixes accentuent la sensation d'être observé.

Le principe

Until Dawn est un jeu d'action/aventure qui se joue à la troisième personne. D'abord partis sur une vue subjective, les développeurs ont rapidement compris que la possibilité de voir le personnage de dos et de lui associer un serial killer - déguisé en clown - en arrière-plan, provoquerait chez vous plus de sueurs froides... Même s'il est utilisé ici sans trop de retenu, l'effet est totalement réussi.

Vous contrôlez successivement chacun des membres de l'équipe, parfois accompagné par un collègue qui tient une lampe torche, un briquet ou... un smartphone. Déroulement du scénario oblige, le jeu apparaît très linéaire : vous êtes sur des rails, avec des choix cornéliens qui interviennent régulièrement en guise d'aiguillage. Ces choix sont souvent à faire en temps limité, dans le feu de l'action : se cacher sous le lit ou courir à la cave, faire basculer l'armoire du couloir pour ralentir le clown ou lui montrer sa poitrine pour le déstabiliser... Non, ce choix n'existe pas. D'ailleurs, vous vous rendrez vite compte que le second degré souvent présent dans un slasher movie est ici écarté au profit des montées d'adrénaline. C'est un choix. Il est efficace. Mais ce manque de recul pourra parfois vous confronter à la platitude de l'histoire, où clichés et situations très convenues se percutent à la chaîne.

Vos choix d'aiguillage (en cours d'action ou pendant les dialogues) ont bien sûr des conséquences, sur le personnage que vous incarnez au moment où vous faites le choix, ou sur l'un de ses amis. Ces conséquences sont soit immédiates, soit à plus ou moins long terme. Ainsi, Supermassive Games précise qu'il existe une centaine de fins différentes dans Until Dawn. La durée de vie du jeu, aux alentours de six heures, vous permet donc de retenter l'aventure en faisant des choix différents. Cela dit, si l'idée sur le papier semble intéressante, dérouler une nouvelle fois un scénario stéréotypé (un serial killer avec un masque de clown !), sans vraie découverte et effet de surprise, sans ces montées d'adrénaline qui font tout le sel de l'expérience, aura plutôt un arrière-goût de "Bof, finalement, c'était pas si cool."

Vous avez droit à la fameuse scène de sexe interrompue par un bruit suspect.

Pour qui ?

Évidemment, Until Dawn s'adresse d'abord aux fans des slasher movie, ceux qui savent que le scénario ne les embarquera pas très haut mais qui apprécieront à sa juste valeur l'efficacité de la mise en scène. Le but du jeu est de sursauter sur son canapé et, sur ce point, l'équipe de Supermassive Games a plutôt bien réussi son coup. Quant à ceux qui aiment les survival-horror, Until Dawn n'est pas forcément ce qui se fait de mieux en la matière, malgré une technique élaborée, mais il vous permettra de passer un bon moment en attendant le retour des cadors du genre.

Vos choix auront un impact sur l'aventure mais ne changeront pas vraiment l'issue finale.

L'anecdote

Sans forcément prêter à la rigolade, les nombreuses lignes de dialogues d'Until Dawn ne sont pas dénuées d'un certain humour. C'est sans doute les traces de la première version du jeu, initialement conçu pour PlayStation 3, où l'ambiance était plus légère et proche des slasher movie dont elle s'inspirait. Par la suite, les développeurs ont souhaité s'orienter vers un univers plus sombre, profitant d'une capture faciale plus pointue pour retranscrire les émotions des personnages. Entre l'humour et le stress, il a fallu choisir celui qui aurait le plus d'impact sur le joueur. Mais pourquoi choisir ? Ah, c'est vrai : il est plus facile de faire peur que de faire rire.
Les Plus
  • La mise en scène efficace
  • Techniquement très au point avec une belle utilisation de la manette PS4
  • Un scénario sans vraie surprise mais qui fait correctement son boulot
  • La qualité de la direction artistique
  • Une capture faciale très réussie
  • La tension, sans être très élevée, reste constante
  • La bataille de boules de neige
Les Moins
  • Une synchronisation labiale ridicule
  • Les doublages et les bruitages sont souvent mal dosés et manquent de subtilité
  • Des personnages caricaturaux
  • Un début teen-movie dont il faut clairement faire abstraction quand on a plus de 15 ans
  • L'option "plusieurs choix" n'est-elle pas finalement un leurre ?