Act of War commande et conquiert

10 mai 2005
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Atari
  • Développeur Eugen Systems
  • Sortie initiale 18 mars 2005
  • Genre Stratégie temps-réel

Le cocktail est déjà suffisamment explosif pour rameuter tous les fans de stratégie bestiale mais Act of War va un cran plus loin. Certaines idées deviennent excellentes, comme le traitement des prisonniers de guerre. Les mourants peuvent être menottés puis stockés dans des prisons, leur capture rapportant de l’argent. Il est même possible de les soigner avant qu’ils ne crèvent, alors qu’ils restent prostrés sur le champ de bataille. La cerise, c’est qu’il est possible de délivrer les prisonniers ! Ce type d’initiative rend les parties excellentes, du moins au début. Passé le plaisir de la découverte, peu de stratégies les exploitant sont rentables. Foncer dans le tas est plus tentant que de garder un peloton de fantassins derrière soi afin de capturer des prisonniers. Cela n’enlève rien au plaisir que procure Act of War, une pointure dans son domaine et une référence pour ceux qui en ont assez de l’héroïc-fantasy d’un certain leader sur le créneau… En attendant une probable extension qui corrigera tous ces problèmes, Act of War est clairement une valeur sûre.

Vous avez aimé Command & Conquer: Generals ? Vous allez adorer Act of War, le jeu de stratégie en temps réel qui innove un peu et repompe beaucoup. Doté d’un moteur éblouissant et de cinématiques surprenantes, avec des vrais morceaux d’acteur dedans, ce petit bijou de stratégie mérite sincèrement toute votre attention.

L'interprétation fait parfois sourire mais les effets sont réussis.

Actor’s kitchen

Alors que la plupart des jeux vidéo empilent les niveaux comme des briques de Tetris, Act of War fait preuve d’un courage certain. Non seulement le scénario installe un contexte géopolitique crédible, et ce dès l’installation sous forme de talk-show, mais en plus des cinématiques étonnantes relancent régulièrement l’intérêt. Certaines d’entres elles sont faites à partir du moteur 3D, ce qui est parfait vu le niveau de détail affiché. Mais la plupart sont de vrais films avec des acteurs et beaucoup d’accessoires, comme au bon vieux temps des Command & Conquer… à une différence près. Ici, la réalisation soignée et le doublage français convainquant ne donnent jamais l’impression que le tout a été tourné dans une cave. Les acteurs ne sont pas tous charismatiques mais cette mise en scène inhabituellement soignée donne franchement envie de jouer. Un exploit.

Une dizaine d'hélicos permet de raser quelques bases.

Un bon jeu est un bon clone

Plutôt que d’innover follement et de prendre des risques énormes, Act of War décline une recette bien connue. Le but est de créer sa base, de récupérer des ressources (deux seulement, l’électricité et l’argent) et de créer plus d’unités que l’autre en profitant de quelques inégalités. Les hélicoptères Apache et les tanks M80 rendent les parties trop faciles, surtout en multijoueur ; un petit groupe compact de ces unités donne un avantage stratégique énorme sur le champ de bataille, alors qu’un bon jeu de stratégie repose avant tout sur un équilibre parfait. Sinon, à quoi bon se donner la peine de créer des groupes hétérogènes ? Il manque aussi des raccourcis clavier et quelques petites subtilités, comme placer une même unité dans deux groupes distincts. Des broutilles en somme, mais qui rendent le jeu moins subtil qu’il n’aurait pu l’être.

Le Capitole est facile à reconnaître, malgré les flammes.

Rapide et furieux

N’en concluez pas rapidement que Act of War est raté ; au contraire, ces petites erreurs de jeunesse rendent le jeu vraiment nerveux. La simplification de la collecte des ressources, sans les péons notamment, permet d’engranger très vite suffisamment d’argent pour développer des unités puissantes et des améliorations redoutables. Vous ferez vite les fiers avec vos Patriotes flambant neuf capables d’abattre un chasseur d’un seul tir… Violent et nerveux, Act of War n’oublie pas de proposer des missions commandos vraiment prenantes, sûrement parce qu’elles se déroulent dans des lieux connus. Se frayer un chemin à pied dans Londres envahie par des manifestants est un grand moment, surtout quand des terroristes commencent à tirer dans le tas. Washington et San Francisco ne sont pas épargnées non plus, les principaux lieux comme le Golden Gate et la Maison Blanche étant facilement reconnaissables. Une fois encore, impossible de ne pas penser à un Command & Conquer: Red Alert 2 et à son New York sous les bombes.
Les Plus
  • La réalisation somptueuse et la finition digne des meilleures superproductions
  • Les cinématiques avec de vrais acteurs, de qualité pour une fois
Les Moins
  • Il manque des raccourcis clavier
  • Des déséquilibres flagrants avec certaines unités