Les Enfants du Nil

05 avr. 2005
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Joliment et scrupuleusement enrobé dans une ambiance égyptienne réussie, Immortal Cities : Les Enfants du Nil parvient à capter l'attention du joueur un certain temps. Une fois la phase de découverte terminée, un gameplay répétitif et lent viendra perturber une immersion finalement très relative. La déconvenue sera d'autant plus grande pour le joueur qui a gouté à Pharaon car, en plus de subir des simplifications du gameplay agaçantes, il s'apercevra bien vite que l'apport de la 3D pour un jeu de ce type n'est pas vraiment probant et s'apparente plus à un simple lifting qu'à une vraie évolution du genre.

Lorsque les designers de Pharaon, un city builder sorti en 1999 qui offrait au joueur les joies de l'urbanisme de la Grande Egypte, se mettent à la 3D, ça donne Immortal Cities : Les Enfants du Nil. Voyons donc si ce qui est avant tout une adaptation d'un succès passé saura apporter au genre autant de relief que son moteur à ses graphismes.

Ne rêvez pas : avant d'en arriver là, il va en falloir du temps. Et du courage

Un vieux pot pour faire une meilleure soupe ?

Clarifions les choses immédiatement : Les Enfants du Nil n'est pas un jeu original. Il s'agit ni plus ni moins d'une version 3D de Pharaon, un jeu de gestion sorti en 1999 qui surfait astucieusement sur la vague des simulations antiques initiée par la série des Caesar. Exploiter la complexité de la civilisation égyptienne dans un jeu de gestion-stratégie était effectivement une très bonne idée et cet habile mélange entre un SimCity et un contexte historique remarquable avait, à l'époque, beaucoup plu. Mais malgré ses nombreuses qualités (des graphismes 2D magnifiques, une interface bien pensée et une gestion très complète), Pharaon souffrait d'un défaut majeur qu'un parfum exotique envoûtant parvenait tout juste à camoufler : une action lente et répétitive. Voyons si son homologue full 3D parviendra à éviter cet écueil inhérent au genre.

Il fallait bien choisir un nom pour ma famille royale

Le dernier des Pharaons

Je suis Aukhenaton 1er, fils de Snifirtiti et Touthankartoon III. Les dieux m'ont confié une mission de taille : redonner à l'Egypte sa splendeur d'antan. Pour ce faire, ils ont eu la bonne idée de me mettre à disposition un bac à sable tout en 3D plutôt joli – surtout de loin – et capable de gérer un nombre relativement confortable d'animations diverses. Mon royaume s'étend des bords du fleuve sacré Nil aux plaines arides et aux reliefs accidentés qui l'entourent. Tel un dieu, je peux y naviguer d'un simple mouvement de souris, zoomant ou dézoomant à loisir, afin d'observer au plus près chaque recoin de ce sur quoi je dois régner. En plus des paysans et autres villageois occupant initialement les lieux, je peux parfois y croiser des paons et quelques animaux exotiques. Oui, les dieux se sont attachés à concevoir un monde vivant et réaliste. Ce souci du détail est tout à leur honneur

La tunique bleue est très à la mode cette année

Des pouvoirs restreints

En tant que pharaon, mon premier objectif est d'abord d'attirer suffisamment de main d'oeuvre pour construire une cité digne de ce nom. Car, plus elle sera grande, plus le prestige de ma famille le sera également. Et plus ma mission touchera à son but. Pour faire venir du monde, il suffit d'ériger les bâtiments adéquats. Les premiers, tel que les fermes notamment, ne nécessitent pas d'ouvriers qualifiés et attirent sans problème les paysans alentours qui pourront s'attacher à la lourde tâche de remplir les greniers de la cité. C'est à cet instant précis que je m'aperçois que les pouvoirs offerts par les dieux ne sont pas si étendus. Je n'ai aucun contrôle sur le type de récolte fournie par chaque ferme. Elles se spécialisent aléatoirement dans telle ou telle nourriture. Idem pour les premiers magasins de biens courants : je n'ai aucun moyen de choisir quel type de biens ils vont proposer. Au début de l'aventure, ça n'est pas très gênant et c'est même un raccourci qui simplifie ma tâche. Mais lorsque les citoyens qualifiés (qui ont reçu une éducation) arrivent avec leurs désirs bien précis, cette simplification se révèle rapidement être un frein au développement de la cité.

A quatre par bloc de pierre, ça risque de durer longtemps

Une influence lente à étendre

Ma cité s'étend peu à peu et mes rêves de gloire, conditionnés par la réalisation de grandes œuvres telles qu'une pyramide, augmentent au même rythme que mon royaume, c'est-à-dire, lentement. Très lentement. Heureusement que les dieux ont pensé à m'offrir la possibilité de gérer la vitesse de progression. Cela dit, même réglée à son maximum, elle n'empêche pas à l'action de s'enliser inexorablement. Arrivé à un certain niveau, lorsqu'il ne s'agit plus que d'amasser les matériaux nécessaires à la construction d'un monument, l'impression désagréable que sa cité peut tout à fait se débrouiller seule est d'ailleurs omniprésente. Dur pour un demi-dieu. Afin de concevoir des prouesses architecturales, il va d'abord falloir attirer des citoyens qualifiés. S'il est assez simple de faire venir des prêtres, scribes et contremaîtres, il est par contre plus compliqué de les faire rester. Et c'est sans doute ici que se trouve la partie la plus compliquée de ma mission. Puisque mon contrôle sur les denrées qu'ils réclament est pour le moins très limité, il n'y a plus qu'à s'en remettre aux dieux pour qu'ils daignent s'installer durablement.

Des dieux à la pelle. En veux-tu ? En voilà !

Les dieux ont repris ma foi

La partie religion, aspect fondamental de la civilisation égyptienne à laquelle j'appartiens, n'a pas été oubliée. Il manque un lieu de culte à mon peuple ? Ordonnons sa construction. Ils souhaitent adorer un dieu en particulier ? Spécialisons un temple à cet effet. Oui, contrairement aux unités productrices essentielles (fermes et magasins), les lieux de culte disposent de possibilités de gestion plus précises. Je peux dédier un temple à Bastet un jour et le vouer au culte d'Anubis le lendemain. Paradoxal car, plus ma mission avance, plus je m'aperçois que ce contrôle pointilleux n'a que peu d'impact sur ma cité. Les dieux font décidément de drôles de choix. Si la religion est omniprésente, ses représentants directs, les prêtres, sont aussi les citoyens fondamentaux sur lesquels je dois porter toute mon attention. En plus d'administrer les lieux de cultes, ils s'occupent aussi d'éduquer la population et peuvent transformer de simples nobles en contremaîtres, en scribes, voire en commandants. Et si je ne prends pas soin de mes prêtres, je ne prends pas soin de ma cité tout court. Seulement, ces hommes de pouvoirs sont très difficiles à contenter et, surtout, absolument incontrôlables. Ils peuvent laisser un temple ou une école à l'abandon sans raison apparente, même lorsqu'ils disposent des biens et fournitures qu'ils réclament. Décidément, pharaon est un métier bien plus compliqué que ce que nous en renvoient les péplums...
Les Plus
  • L'Egypte et son ambiance exotique
  • L'impression d'effervescence des cités bien rendue
Les Moins
  • Des raccourcis du gameplay trop limitatifs
  • Une 3D gadget
  • Action lente et répétitive
  • Le sentiment désagréable de ne rien vraiment contrôler