Sherlock Holmes : Crimes & Punishments

27 oct. 2014
Testé par sur
Disponible sur
3

Un nouveau modus operandi efficace

Le nouveau titre de Frogwares est emprunt d’un univers soigné, d’une esthétique réussie et d’un rythme efficace. Les dialogues sont teintés de flegme et colorés d’accents british. Les six enquêtes, aux approches différentes, captivent d’un bout à l’autre et donnent au jeu son rythme bien mené. Véritable plongée des plus réussies dans une Angleterre victorienne richement modélisée et bien retranscrite, Sherlock Holmes : Crimes & Punishments est un jeu plaisant à faire, même s’il vous prend trop souvent par la main. Sans pour autant être le meilleur de la série, il est sans l’ombre d’un doute à la hauteur des attentes. Well done Watson!

Sherlock Holmes, archétype du héros de fiction qui n’est plus à présenter est de retour, toujours accompagné de son fidèle ami le docteur Watson. Entre les romans, les adaptations cinématographiques et télévisées, le personnage de Sir Arthur Conan Doyle est présent dans nos foyers, jusque dans nos consoles. Sont présents sur le cahier des charges des changements de gameplay, une narration différente et une refonte du moteur graphique : nouveau modus operandi pour un jeu d’enquête efficace.

L'histoire

Derrière le pluriel du titre Crimes & Punishments se cachent non pas deux, non pas trois enquêtes, mais six, chacune étant unique et abordant des angles d’enquête différents. L’une vous plonge dans l’univers de la marine marchande avec ses corruptions et ses dockers amateurs de rhum et de bras de fers, une autre vous présente le système ferroviaire de campagne, avec ses gares perdues au milieu de rien, habitées en permanence par un chef de station pouvant être intègre, inexpérimenté, saoûl ou bien cupide. Inutile de vous faire une bande-annonce de chaque enquête, mieux vaut que vous les découvriez par vous même. Sachez juste que l’éclectisme et Sherlock ne font qu’un. Il n’est pas un détective spécialisé dans l’homicide, il sait varier les plaisirs. Certes, vous serez amené à résoudre un meurtre par harponnage, certes vous vous pencherez sur un double assassinat dans une ruelle, certes une des enquêtes s’intitule "Bain de sang" ; mais vous pouvez souffler de temps en temps, comme avec l’énigme du train se volatilisant sur les voies noyées dans le brouillard. Toujours est-il que s’il n’y a pas de trame de fond à proprement parler, c’est un plaisir de retrouver un Sherlock Holmes toujours aussi cinglant, original, loufoque et observateur ainsi qu’un Watson ébahi devant les constations de son compagnon.

Sherlock Holmes est du genre consciencieux, à s'impliquer sans limite dans son travail.

Le principe

Si le gameplay a sensiblement changé et s’est fluidifié depuis la dernière aventure de Sherlock Holmes et de John Hamish Watson, il souffre d’un grand défaut : il est beaucoup trop simple et vous êtes ainsi constamment pris par la main. Entre la vision de détective que l’on vous dit où et quand utiliser ; les conclusions mentales ne laissant souvent le choix qu’entre deux possibilités ou les interrogatoires dénués de toute pression et assez plats, le gameplay du jeu ne brille pas par sa complexité. Aussi malin que vous soyez, vous êtes souvent devancé par Sherlock et n’aurez pas toujours l’entière satisfaction d’avoir résolu vous-même l’énigme. En effet, certains indices et constatations sont reliés par des déductions un peu hâtives, voire extrapolées, de la part du détective remarquablement bien modélisé. Quoiqu’il en soit, cela ne gâche en rien le déroulement des enquêtes, à la mise en scène dynamique – bien qu’il arrive que vous deviez faire de multiples allers retours entre trois ou quatre lieux, synonymes de temps de chargements – et rythmée. De plus, de nombreux petits mini-jeux parsèment les enquêtes, alternant entre la reconstitution mentale d’un objet, une expérience physique ou chimique, et le forçage d’une serrure. Après tout, vous ne vous vous appelez pas Sherlock pour rien.

Pour qui ?

Le jeu ne s’adresse pas seulement aux fans de Sherlock Holmes, il s’adresse également à tous les amateurs de jeux d’investigation. Le fait que, même si ce n’est pas le plus dur, le plus retors, le plus énigmatique des jeux d’enquête, Sherlock Holmes : Crimes & Punishments est captivant, bien mené, dynamique, et ne lasse pas. L’idée des six énigmes plutôt que d’une unique, longue, tient le jeu à l’écart du problème de l’essoufflement et de la répétition. Il a sans nulle doute de quoi toucher un public large.

Les accusés ne mettent pas longtemps à céder, sauf si vous vous trompez.

L'anecdote

Le doublage de Sherlock Holmes : Crimes & Punishments est d’une rare qualité. Les voix, claires, teintées comme il faut d’un accent british, soit huppé, soit populaire, collent parfaitement aux protagonistes, aussi bien au niveau du physique, de l’âge, de la catégorie sociale et de la profession. Les amateurs de VO seront donc aux anges, et rassurez-vous, les sous-titres en français sont également présents, eux aussi de bonne qualité.
Les Plus
  • La refonte graphique
  • Le doublage, priceless
  • La bonne idée de diviser le jeu en six enquêtes
  • C'est d'un classique, c'est évident, ça n'a pas une once d'originalité, mais force est de constater que l'on doit le mettre : Sherlock.
  • Les différentes environnements de Londres et de la campange anglaise
Les Moins
  • Trop facile
  • Les enquêtes auraient pu être plus longues
  • Certaines déductions, certes logiques, mais qui arrivent trop vite