Bioshock Infinite : Burial at Sea - Episode 2

18 avr. 2014
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De l'art de boucler la boucle

Après un premier DLC des plus mitigés, [b]Ken Levine[:b] et ses équipes d’Irrational Games ont réussi à renverser la vapeur pour vous fournir un second épisode des aventures d’Elizabeth à Rapture n’ayant rien à voir avec son prédécesseur. Solide, efficace, captivant, long, équilibré, travaillé et rafraîchissant, Bioshock Infinite : Burial at Sea - Episode 2 a tout pour plaire. Pour les derniers hésitants, foncez, car cet épisode pourrait justifier à lui seul l’achat du Season Pass, même si la fin ne vous fera pas forcément voir la vie en rose.

Bioshock Infinite : Burial at Sea - Episode 2 tente de respecter un cahier des charges bien rempli. Satisfaire les joueurs déçus du premier DLC, fournir une expérience mémorable, conclure Bioshock Infinite d’une main de maître et faire la jonction avec BioShock premier du nom sont des tâches en faisant partie intégrante. Et force est de constater que tout est réalisé, non sans un certain panache.

L'histoire

Bioshock Infinite : Burial at Sea - Episode 2 débute tel un mirage. Incarnant pour la toute première fois Elizabeth, vous vous éveillez à Paris, la ville dont rêve la jeune femme depuis longtemps. Un petit déjeuner en terrasse d’un café, des passants qui semblent vous connaître, des enfants voulant jouer avec vous et un temps radieux dépeignent un cadre idyllique... troublé par l’apparition d’une jeune fille : Sally. La petite sœur au cœur de l’intrigue du premier DLC vous apparaît, vous fait courir, et vous ramène à la réalité.

Le sol, dur, froid, des souvenirs confus, un Booker DeWitt gisant près de vous, des bruits de pas, des chrosômes, et au milieu d’eux, leur chef : Atlas. Personnage bien connu des joueurs du premier BioShock, il est le Némésis d’Andrew Ryan et celui qui va mener la révolte conduisant à la chute de la cité sous-marine. Encore sonnée des évènements ayant conclu le premier DLC, vous bredouillez ce que vous dit une vision de Booker projetée par votre subconscient pour éviter d’être exécutée par un des sbires d’Atlas. Voici comment se résume le marché établi : ramenez le chef de la rébellion, lui et ses chrosômes, à Rapture et il vous rendra Sally, saine et sauve. Votre mission vous emmènera dans divers décors variés et travaillés tels que Paris, le Fontaine’s Department Store délabré et même Columbia, lors d’un retour bien amené et intéressant. Mais comment une jeune femme désorientée encore peu habituée à l’usage d’une arme va-t-elle faire pour affronter les ennemis qui se dresseront devant elle ?

L'art de mettre en confiance. Oh wait.

Le principe

Souvenez vous des précédents BioShock. Souvenez vous des affrontements, des combats, des luttes contre les chrosômes ou les gardes de Columbia. Souvenez vous des armes, des balles, de la violence, du sang, du bruit des canons, des éclairs des plasmides et toniques, des déflagrations, des assauts frontaux ou discrets tournant à la catastrophe. Souvenez vous, et oubliez tout. Bioshock Infinite : Burial at Sea - Episode 2 s’adapte au nouveau protagoniste jouable. Elizabeth n’a rien d’un Booker DeWitt. Confuse, non rompue au combat, comment cette jeune femme, ô combien pleine de ressources, pourrait se transformer en un claquement de doigt et troquer son talent pour le crochetage en de fabuleuses aptitudes au combat rapproché, affrontant seule au pistolet des dizaines et des dizaines d’ennemis ? C’est simple, elle ne peut pas. D’où une refonte totale du gameplay. Oubliez la brutalité, les escarmouches sanglantes et imaginez l’infiltration et la discrétion. Même les réticents seront obligés d’adopter cette nouveauté étant donné que lors d’un affrontement direct, c’est à dire quand votre ennemi est conscient de votre présence, vos balles ne le blessent presque pas tandis que le moindre coup à votre encontre vide presque entièrement votre jauge de vie.

Bien sûr, qui dit nouvelle façon de jouer, dit nouvelle façon de se mouvoir et d’attaquer. Ainsi, si le grappin vous est toujours utile pour vous déplacer dans les airs, des chambres à air à taille adulte vous permettent de traverser les murs et étages incognito. Une nouvelle arme, l’arbalète (aux carreaux tranquillisants ou soporifiques) qui rime avec discrète fait son apparition. Enfin, le tonique "Petit Curieux" vous sera d’un précieux secours pour surveiller les allées et venues de vos ennemis en voyant à travers les murs, à condition de rester immobile. Mais ceci n’est que le haut de l’iceberg. Vous devez constamment être vigilant vis à vis des ennemis, de leur proximité, du bruit que vous faîtes en marchant, que ce soit sur du verre ou de l’eau. Nombreuses sont les choses pouvant trahir votre présence, et lorsque vous êtes à découvert, mieux vaut courir. Le plus vite possible.

Coucou. Tu veux voir mon grappin ?

Pour qui ?

Bioshock Infinite : Burial at Sea - Episode 2 s’adresse à beaucoup de personnes, y compris les joueurs adhérant peu à un gameplay si différent des autres titres de la licence. Les nouveaux éléments sont bien pensés, et pléthores de manières sont possibles pour arriver à ses fins. Comme toute variante est accompagnée d’une constante, les plus bourrins peuvent toujours rendre les combats sanglants s’ils le souhaitent, notamment en prenant possession d’un Big Daddy avec le tonique adéquat par exemple. D’autre part, ceux qui désiraient incarner Elizabeth, ceux qui font confiance à Ken Levine et ses équipes pour toujours surprendre, innover, et réaliser un travail remarquable, aussi bien dans le fond que dans la forme, devraient également s’y retrouver. Mais, d’une manière générale, tout bon fan de BioShock doit jouer à ce DLC, pour sa richesse, sa durée (compter entre cinq et six heures de jeu au moins, à allure normale), son gameplay, et son scénario. Cet épisode vous révèle énormément d’informations sur Rapture et Columbia, les liens et collaborations scientifiques établis entre les deux cités à travers le temps et l’espace grâce aux failles des Lutèce. Et, cerise sur le gâteau, ce DLC fait la jonction avec BioShock premier du nom d’une manière des plus inattendues. Tout est lié, la boucle est bouclée. Rares sont les fans de la série qui pourraient rechigner devant cela.

Trop de travail et pas de plaisir font de Fink un triste sire.

L'anecdote

Quand il est dit qu’avec Elizabeth toute confrontation directe et frontale avec l’ennemi est à prohiber, c’est vrai. Sauf pour une fois (mais pas au chalet). Les circonstances ou le moment de cette exception ne vous seront pas révélés ici, rassurez-vous. Ce que vous devez savoir, c’est que vous serez dans une vaste pièce, enfermée, avec derrière la porte une horde d’ennemis armés jusqu’aux dents et rompus à l’usage de plasmides prêts à vous exécuter. Vous avez alors soixante secondes pour soit vous cacher, soit vous préparer et piéger la pièce. Un conseil : faîtes les deux, mais faîtes le bien. Quand bien même vous devez mourir une ou deux fois, prenez connaissance de la pièce, de ses moindres recoins, de ses moindres atouts, avantages et désavantages, points d’attaques, cachettes, etc. Cela vous sera très utile, croyez-moi, surtout si vous jouez en difficile ou plus.
Les Plus
  • Une refonte du gameplay bien menée
  • Les révélations, faîtes au fur et à mesure et pas qu'à la fin
  • Un scénario prenant, sans temps mort
  • Elizabeth, plus matûre et plus forte que jamais
  • L'ambiance
  • "Des constantes et des variables" : l'art de boucler la boucle
Les Moins
  • Des inégalités dans l'agressivité de l'IA selon les moments
  • On en voudrait plus. Mais toutes les choses ont une fin, même les meilleures