Assassin's Creed IV : Black Flag

26 nov. 2013
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 29 octobre 2013
  • Genres Action, Aventure

Vers de nouveaux horizons ?

Assassin's creed IV se loupe où son aîné avait redressé la barre : le scénario ne vaut pas tripette. En revanche, quelle ambiance ! Par la quasi absence de temps de chargement, cet épisode vous donne l'envie d'explorer le moindre recoin de la carte et d'y dénicher tous les trésors, de terminer toutes les quêtes et autres activités annexes. Vous n'incarnez plus un assassin mais un fier pirate avide d'or et de liberté, presque comme dans un jeu de simulation. Une bonne bouteille de rhum à portée et vous voilà totalement immergé dans l'univers de la piraterie déployé par Ubisoft Montréal.

Une nouvelle fois, Ubisoft présente sa dernière mouture de l'une de ses séries phares : Assassin's Creed. Après un troisième épisode salutaire qui se déroulait au temps de la lutte pour l'indépendance américaine, c'est maintenant l'univers de la piraterie qui a été choisi. Cela va t-il réussir à l'éditeur et lui permettre de saborder ses concurrents ?

L'histoire

Comment poursuivre l'exploitation d'une licence après la fin d'une trilogie ? Voilà la question à laquelle les employés d'Ubisoft ont dû répondre. Généralement, le choix se porte vers le développement d'une préquelle. Chose impossible dans le cas de la série aux héros encapuchonnés. Assassin's Creed IV est donc la suite directe du troisième épisode où Abstergo, nom du groupe des templiers modernes, récupère les mémoires d'un de leur ancien sujet, Desmond Miles. Vous incarnez un employé lambda chargé de parcourir les mémoires des ancêtres de l'assassin afin d'y trouver matière à la réalisation d'un film interactif : une sorte de mise en abyme du travail de recherche historique des développeurs. Ne vous inquiétez pas, ces phases de jeu en FPS ne vous occuperont pas bien longtemps. D'ailleurs, vous débutez votre aventure directement dans l'Animus et non pas au présent, comme c'était le cas depuis l'épisode 2 de la série ; c'est dire le peu d'importance accordée aux expériences de l'employé.

Le cœur de l'aventure se situe bien évidemment à l'intérieur de l'Animus. Cette fois-ci vous contrôlez Edward Kenway, le grand père de Ratohnhaketon (alias Connor), un pirate d'origine galloise parti pour les Caraïbes. Il n'est qu'un simple membre d'équipage quand son capitaine s'attaque à un navire espagnol. Après un combat sans merci, les deux bâtiments coulent et Edward s'échoue sur une plage en compagnie d'un assassin qu'il tue et détrousse. Parmi les effets du mort, un objet étrange et une lettre écrite par le gouverneur de la Havane promettant aux destinataires de cette lettre une belle récompense. Ni une ni deux, le bandit des mers endosse l'identité du défunt. Très vite démasqué par le dirigeant et les hommes qu'ils accompagnent, Eddie se retrouve embarqué en pleine conspiration des templiers. A la recherche d'un lieu permettant de surveiller l'ensemble des faits et gestes des humains sur Terre, les templiers attirent notre héros, qui voit en ce lieu un pouvoir susceptible d'aider la cause anarchiste des flibustiers de la mer des Caraïbe.

Le ralliement à la cause des assassins, la découverte de ses valeurs, et l’énième conflit manichéen entre assassins et templiers : voilà une recette éculée. Pire, indigeste. De plus, la structure décousue de la quête principale ne vous invite pas à la parcourir puisque les missions ne s'enchaînent pas correctement. Elle ne propose pas non plus un contenu intéressant. Trois types de missions reviennent sans cesse : infiltration, écoute et poursuite/conflit ouvert. Ubisoft nous fait véritablement revivre sur ce point la répétitivité du premier épisode. Mais, tout comme son aîné, Assassin's Creed IV propose une ambiance méticuleusement travaillée où personnages, objets, décors, villes et navires vous immergent dans un cadre historique passionnant. La lutte entre les empires anglais et espagnol d'un côté, la sécession libertaire et la quête de richesses des pirates de l'autre. Et nous allons voir que ce choix ne s'est pas fait au hasard.

La longue vue "magique" vous informe du contenu des cales du navire que vous allez aborder.

Le principe

Beaucoup d'éléments du troisième volet ont été repris pour le gameplay de celui-ci. En effet, la recherche du contexte semble découler de ce souci du recyclage de la jouabilité pour ne pas frustrer les fans d'une part, et pour réintégrer en les améliorant la grande qualité d'Assassin's Creed III : la navigation maritime et les batailles navales qui en découlent. Globalement, le jeu garde les qualités (et les défauts) des précédents volets. L'IA semble empirer à mesure que l'aire de jeu croît. Débile à souhait, elle ne vous donne quasi jamais de fil à retordre. Les combats aux corps à corps sont tout de même mieux rythmés grâce à la présence d'un système de contre à la Batman. Le contenu est pratiquement identique au troisième épisode, avec en sus la chasse aux trésors et la pêche aux gros. La petit chose qui change tout, c'est l'absence de temps de chargement en dehors des villes. Pour explorer ces terres nouvelles, le Jackdaw vous sera d'une grande aide. Ce "Brick", ancien navire de guerre espagnol, s’avère être le centre d'attention du gameplay. En outre, il vous permet d'affronter les nombreux bâtiments des flottes anglaises et espagnoles afin de piller leurs ressources et revendre leurs richesses. Le bois, le tissu et le métal servent donc à l'amélioration technique et visuelle de votre navire. Le rhum et le sucre, denrées rares et chères se vendent à un bon prix à la capitainerie du port. La navigation maritime se veut plus fluide et rapide grâce à l'ajout de l'allure de croisière. L'utilisation des canons de bordée, mortiers et canons sur pied est facilitée par la possibilité de les sélectionner avec le joystick droit.

Sur la terre ferme, notre héros souffre de la "free runite". Comme il n'y a plus de mode discret/action vous vous agrippez à tout. Si cela est peu gênant en déplacement libre, la rigidité des scripts des missions principales vont vous faire criser. Un écart de trop et l'infiltration est loupée, alors que l'essentiel du contenu vous offre une grande liberté dans votre progression. Un comble.

En cherchant bien, vous tomberez sur des cartes au trésor.

Le multi

Outre le mode solo connecté qui vous permet de partager vos découvertes avec vos amis, le mode multijoueur reprend les grandes lignes tracées depuis l'épisode Brotherhood. Le principe reste le même, c'est-à-dire basé sur le concept de murder party dans lequel vous devez assassiner les adversaires sélectionnés. La domination, le deathmatch, le team deathmatch et la chasse à l'homme sont toujours de la partie. Deux nouveautés font leur apparition : le mode meute, de la coopération en ligne à quatre joueurs où vous devez protéger des objectifs ou assassiner des cibles ; le labo de jeu, qui vous donne la possibilité d'adapter les modes de jeu à vos moindres désirs : conditions de victoire, nombre de joueurs, enchaînement des objectifs sur une même carte, etc. Si le solo vous fait presque oublier le statut d'assassin d'Edward, le multijoueur s'inscrit dans la tradition de la licence. Si bien que nous nous attendions à des batailles navales en ligne. Raté. En revanche les cartes ont fort belles allures avec une cohérence indéniable par rapport au contexte choisi par les développeurs.

Souvenirs, souvenirs...

Pour qui ?

A moins qu'ils soient réticents à l'univers de la piraterie, les fans de la série ne devraient pas se sentir perdus avec cet épisode. Assez complet et joli, Assassin's Creed IV a tout pour séduire. Malgré tout, vous vous trouvez face à un produit de fin de génération. Le peu de jeux dédiés aux flibustiers peut convaincre le néophyte de se lancer dans l'aventure, tout du moins solo, car vous incarnez avant tout un pirate bien plus qu'un assassin. Réticent à la série ? Ce jeu n'est donc pas pour vous. Il conserve les principaux défauts de ses aînés : des missions répétitives, une quasi absence de challenge, et un manque de finition probant. Néanmoins, il dégage un charme bien à lui : une fois conquis, vous ne lâcherez pas la manette.

L'allure de croisière vous permet de profiter des chants marins ramassés.

L'anecdote

Attention ! Pour profiter pleinement de l'ambiance du titre, il est fortement conseillé de configurer les voix en anglais, notamment pour apprécier l'accent gallois à couper au couteau d'Edward. De plus, les chants marins et pirates, pendant la navigation maritime, coopèrent également à la réussite de cet univers. D'autant plus que ce sont des partitions d'époque, que vous avez accès aux textes, donc vous aussi vous pouvez vous érailler la voix.
Les Plus
  • Des environnements de toute beauté
  • Une grande aire de jeu
  • La pléthore de contenu
Les Moins
  • Une PS3 à la peine : clipping, tearing et autres joyeusetés du même genre
  • Pas de batailles navales en multijoueur ?
  • Un scénario sans intérêt
  • Une IA à la rue