Element4l

22 sept. 2013
Testé par sur
Disponible sur
4

Mon cher cœur de vandale

Dans le fond, Element4l est un jeu de plateforme en 2D classique. Pourtant ses spécificités vous impliquent dans une expérience unique, à la fois douce et nerveuse. Si le chemin est tout tracé, de multiples manières de le traverser sont possibles. La simplicité du gameplay en fait sa richesse car, si la progression s'avère parfois frustrante, vous savez que ce n'est pas le jeu qui vous en veut mais bien du fait de votre incompétence temporaire. Réessayez et réessayez jusqu'à triompher, puis recommencez pour exploser votre propre temps dans un univers étonnamment doux et sensible. Voilà ce qui rend Element4l si addictif.

Petit à petit, le jeu vidéo indépendant s'est fait une place dans le cœur des plus endurcis des joueurs en proposant des expériences différentes. Sous l'aspect charmant de cet Element4l se cache un Die & Retry pointilleux qui vous demande de l'habileté et de la réflexion. Voila donc un jeu où les plus chevronnés d'entre vous peuvent exprimer leur talents.

L'histoire

Ce platformer développe-t-il une histoire ? Non, pas vraiment. Il propose néanmoins un découpage narratif proche d'un livre constitué de parties. Ces parties sont introduites par des phrases d'auteurs célèbres : Albert Camus, De Balzac, pour ne citer que les plus reconnus. De très courtes cinématiques vous introduisent les prochaines séries de quatre niveaux. Deux points pour les yeux, un trait pour la bouche, votre personnage traverse les niveaux en se transformant sans cesse en dérivé des quatre éléments : air, terre, eau et feu. En jeu, des phrases en lettrines blanches apparaissent à l'écran pour vous donner des indices sur le chemin à suivre ou pour vous faire sourire avec des références empruntées à la culture populaire, du Seigneur des Anneaux en passant par Tony Hawk. Pas de scénario donc, mais une ambiance pleine de charme, soulignée par le contraste entre les aplats de couleurs vives du fond et le noir des décors, tantôt douce tantôt nerveuse selon le tempo des superbes compositions de Mind Tree.

Les passages en chariot ne vous faciliteront pas la tâche.

Le principe

La bande-annonce présente un titre dans lequel vous ne vous servez pas d'armes et vous ne tuez pas d'ennemis. Il n'en reste pas moins que vous faites face à un jeu de plateforme exigeant où l'essentiel de son propos tient dans un gameplay, épuré et pointu. Étrange point de départ, seulement quatre boutons vous servent pour finir les niveaux. Ces boutons sont attribués aux flèches de déplacement et reliés aux quatre éléments ; l'air vous permet de prendre de la hauteur, la terre de tomber plus rapidement, le feu d'aller vers la droite et l'eau est représentée sous la forme de glace évidemment glissante. La combinaison des quatre éléments s'avère essentielle dans la progression. C'est en fait le point de voûte du gameplay. Pour franchir les crevasses, vous effectuez des combos afin, par exemple, d'obtenir la vitesse nécessaire pour atteindre une zone en hauteur. Il faut donc faire preuve de doigté à l'instar d'un jeu de combat pour enchaîner efficacement l'apparition des éléments au bon moment. De plus, l'utilisation de ces derniers est soumise à une barre d'endurance sous forme de cercle autour de votre personnage métamorphe. Si vous n'avez plus d'endurance, vous tombez ou vous explosez si vous avez pris la forme d'une bulle d'air ou de la boule de feu. Enfin, de nombreux éléments de décors sont à la fois des tremplins sur lesquels vous pourrez rebondir pour atteindre la prochaine plateforme et des pièges mortels si vous n'avez pas pris la bonne forme face à ce danger. Heureusement, les points de passage sont nombreux et vous accordent de recommencer jusqu'à réussir la zone de difficulté. Au pire, vous pouvez en rajouter grâce à une option présente dans le menu de pause. Il n'empêche que la difficulté est au rendez-vous et seule l'ambiance charmante du jeu tempère votre frustration.

Dans le mode course un chronomètre apparait en haut à droite.

Le multi

Ce n'est pas vraiment un multijoueur que propose Element4l mais une dimension communautaire grâce à son deuxième mode de jeu : le mode course. Une fois les 16 niveaux débloqués, vous pouvez les refaire jusqu’à obtenir le meilleur temps possible. Votre fantôme est enregistré et sert de référence pour les autres joueurs. Dès que vous avez franchi un palier dans votre score, ce mode vous propose de battre le fantôme d'un joueur dont le temps est sensiblement meilleur que le vôtre. Un classement répertorie les meilleurs d'entre vous. La compétition s'annonce déjà rude mais ce mode permet également d'observer les "tricks" de vos adversaires. Le mode course s'avère donc instructif.

Le feu : pour ceux qui aiment aller vite.

Pour qui ?

Le jeu adapte son rythme à votre niveau. Plus vous faites les niveaux, plus vous allez vite, même si cela est parfois frustrant. Il s'adresse clairement aux speedrunners dans l'âme pour qui habileté et rapidité sont les maîtres mots. Cependant l'ambiance feutrée peut parfaitement convenir aux amoureux d'expériences vidéoludiques épurées pourvu qu'ils restent calmes face à la difficulté. En outre, la marge de progression est suffisante pour vous occuper un long moment.

Un level design tortueux.

L'anecdote

Au fil de votre progression, vous prenez des habitudes : parcourir des rampes, trouver le bon timing pour atteindre un chariot par exemple. À force de recommencer certains passage vous pouvez vous faire éjecter hors du décor. Cela entraîne une chute perpétuelle qui vous conduit dans un néant gris et noir. Vous essaierez de remonter mais en vain. Est-ce la fin, l'endroit où vous ne pouvez plus retenter votre chance ? Non. En appuyant sur R vous reviendrez à votre point de départ. Drôle d'expérience tout de même.
Les Plus
  • Un gameplay à l'apparence simple mais pointu
  • Une bande son excellente
  • Un bonheur pour les speedrunners
  • L'association de citations de grands auteurs et de références populaires
  • Une esthétique épurée et cohérente
Les Moins
  • Une inertie parfois étrange
  • Une difficulté tout de même parfois frustrante