Carrier Command : Gaea Mission manque de finition

16 janv. 2013
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Black Element Software
  • Développeur Bohemia Interactive
  • Sortie initiale 9 octobre 2012
  • Genre Action

Sur le papier, ce Carrier Command a tout pour plaire : des graphismes et des environnements travaillés, un mélange de STR et d'action, et une gestion assez poussée des ressources nécessaires aux combats. Seulement, la mouche dans la soupe nous pousse à appeler le serveur : L'I.A catastrophique saccage l'expérience de jeu. Possédant une durée de vie conséquente, le titre peine à assurer un plaisir de jeu du même tenant. À qui la faute ? Sûrement à un temps de développement avorté. Et pourtant, il ne manquait pas grand chose pour qu'il marque durablement l'esprit de l'amateur de stratégie.

Les vieux de la vieille se rappellent sans doute de Carrier Command sorti, notamment sur PC, en 1988. Bohemia Interactive, à l’origine des Operation Flashpoint et des ARMAS, rend hommage au titre en le modernisant. Alléchant sur le papier, qu’en est-il vraiment de ce Carrier Command : Gaea Mission ?

Le porte-avions, à la fois centre de commandement et soutien armé efficace.

Vingt-quatre ans déjà

En son temps Carrier Command offrait une simulation de véhicule de combat dont le but était de prendre le contrôle du porte-avion ennemi. Deux modes étaient disponibles : le mode action et le mode stratégie. S'il n'y a pas de distinction à ce niveau dans Gaea Mission, deux sections se présentent à vous : la campagne et les parties stratégiques. Qui dit stratégie dans le milieu du jeu vidéo, dit généralement scénario en demi-teinte. Carrier Command : Gaea mission ne déroge pas à la règle. Pourtant, ce n'est pas faute aux développeurs de s'y essayer. En effet, ils vous proposent une plongée dans l'univers de science fiction Gaea Universe. Deux camps, la Coalition Terrestre Unie (CTU) et l'Alliance Asie Pacifique (AAP), s'affrontent sur Taurus - une planète en dehors de notre système solaire constituée d'archipels - afin d’obtenir les ressources nécessaires à leur survie. Vous y incarnez le lieutenant Miryk. Largué en territoire ennemi avec son équipe, il est à la recherche d'un porte-avion apparemment réparable. Si la campagne débute à la première personne, la partie STR reste le cœur du gameplay. Elle s'organise autour de la prise de contrôle des îlots aux mains de l'AAP. Ces territoires forment un réseau imaginaire et possèdent chacun leurs particularités, trois en tout. Certaines îles sont productrices de ressources ; d'autres, d’équipements et enfin, les dernières vous proposent des postes défensifs dans le réseau. Leurs tailles varient selon leur importance.

Un nombre dantesque d'îles à conquérir.

Des débuts quelques peu chaotiques

Revenons à l'introduction de la campagne. Durant cette phase, vous incarnez le capitaine à la première personne. Armé d'un unique fusil d'assaut, le but se limite à désactiver des champs magnétiques pour accéder au porte-avions. Assez original pour un STR nous direz-vous. Malheureusement Bohemia nous a habitué à beaucoup mieux et ces phases ressemblent à s’y méprendre à The Duty Calls, le jeu parodique d'Epic Games : des couloirs dotés de murs infranchissables, l'impossibilité de sauter, une balistique à la ramasse et une Intelligence Artificielle ennemie en mode Idiocracy. Heureusement que celles-ci permettent l'accès au poste de commandement stratégique. Pour accéder aux précieuses ressources présentes sur les îles, vous disposez de deux types de véhicules. Le Walrus est une sorte de "Mako" à la Mass Effect. Le Manta, lui, est un "Hydra-copter" à propulsion verticale. Le porte-avions sert de soutien à l'aide de ses tourelles surpuissantes, et de son ogive nucléaire, le Hammerhead. Le nombre d'unité s’élève à quatre par véhicule, neuf en tout avec le navire. L'interface principale est une carte tactique à l'aspect photos satellite où vous gérez le déplacement des unités, leur production et leur modification. En effet, les deux types d'unités peuvent être dotés de multiples armes dévastatrices, de protections et divers dispositifs de piratage, pour ne citer que le plus important. Chaque type d'îles détient ses propres phases de capture. Cependant celles-ci se résument trop souvent aux piratages ou à la destruction de terminaux secondaires, donnant l’accès au commandement des îles. Le point fort tient dans la possibilité de passer instantanément de la carte tactique au pilotage des véhicules. La promesse de bataille épique vous tient alors en haleine. Et c'est là que les choses se gâtent.

La carte tactique, l'outil indispensable pour égarer les walrus.

Le soulèvement des machines

Vous pouvez reprocher aux véhicules leur manque de réactivité, quoique le Manta s'en sort avec les honneurs. Le Walrus cumule les défauts, surtout quand il s'agit de lui donner un ordre. L'intelligence artificielle a la fâcheuse tendance de se bloquer dans le décor, pire de ne pas exécuter les ordres correctement. Préparez-vous à recharger votre partie bon nombre de fois à cause de ce problème. Organiser des assauts simultanés s'avèrent impossible, au risque de devoir rectifier la trajectoire des unités toutes les trente secondes. En fin de compte, vous prenez le contrôle d'un véhicule et vous partez à la tête d'une escouade. Cela revient à tout faire soi-même. De plus, faire prendre une posture défensive à nos unités ne change rien à leur comportement. Elles continuent de foncer sur les ennemis. Malgré tout, Carrier Command : Gaea Mission profite d'un enrobage graphique de qualité. Si la technique est parfois prise en défaut, les environnements, eux, sont soignés avec en prime une gestion météorologique du plus bel effet. Les îles aux topographies diverses (volcans, plaines verdoyantes, montagnes enneigées, etc.) sont agréables à parcourir, mais cela joue contre le pathfinding. Dès que vous sortez des sentiers battus les Walrus se bloquent, tels leurs cousins marins sur les rochers. Parlons maintenant de l'interface de la carte tactique. C'est un hybride plutôt maladroit de ce qui se fait sur PC et sur console. Le concept est tellement mal pensé que la partie peut vite tourner au désastre. Le menu radial, permettant de donner des ordres rapidement, se révèle quant à lui parfaitement adapté à la jouabilité console.
Les Plus
  • De bonnes idées...
  • Des graphismes de qualité
  • Une très bonne durée de vie
Les Moins
  • ... bien mal exploitées
  • Une I.A catastrophique
  • Un poil répétitif
  • Le design générique
  • Et le multi ?