Jouez pied au plancher avec Driver : San Francisco !

21 sept. 2011
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 1 septembre 2011
  • Genre Course

Véritable parangon de plaisir et de conduite extrême, Driver : San Francisco est complet d’un bout à l’autre. Prenant des risques du côté scénaristique, assurant graphiquement et proposant un mode multijoueur richement fourni, le titre saura ravir les nostalgiques du premier épisode, comme les néophytes découvrant la série. Brillamment mené d’un bout à l’autre et doté d’idées de génies en terme de gameplay, le bébé de Reflections ne laisse pas indifférent et agrippe quiconque s’y essaye pour ne plus le lâcher. Rien n’est laissé au hasard, tout est peaufiné dans les moindres détails. Doté également d’une bande son appropriée et conséquente sous forme de radio, les musiques de votre choix vous accompagnent dans les quatre coins de la ville. Le retour de John Tanner est triomphal, c’est indéniable, Ubisoft couplé avec Reflections ont frappé fort, très fort ! Espérons que la série n’ait pas dit son dernier mot après cette exhumation exécutée avec brio. Qui sait, peut être reverrons nous bientôt Tanner, ce flic complètement fou du volant, et terriblement attachant.

Pour beaucoup, Driver est synonyme de fun et de technique. Archétype même du jeu de course qui mêle conduite pure et dure avec plaisir et amusement, le premier épisode sur PlayStation avait laissé une marque au fer rouge. Après quelques suites laborieuses, la série fut abandonnée. Du moins, c’est ce que l’on croyait avant qu’Ubisoft ne décide de la faire renaître de ses cendres avec Driver : San Francisco. Nous revoilà ainsi dans la peau de John Tanner, le flic le plus acharné qui existe et surtout as du volant. Avec l'équipe de Reflections, Ubisoft nous livre une expérience enivrante et riche en nouveautés.

Jéricho possède un véritable réseau.

Une histoire qui carbure au super

Vous êtes John Tanner, flic chevronné de la police de San Francisco. Le jeu s’ouvre sur la fuite de Jéricho, criminel endurci, lors de son transfert en convoi blindé vers une prison de plus haute sécurité. En s’échappant, il en profite pour vous mettre vous et votre voiture fétiche en piteux état. S’ensuit alors une traque visant à mettre une bonne fois pour toute hors d’état de nuire ce malfrat dangereux et insaisissable. L’histoire est composée de six chapitres, tous nerveux et prenants, composés eux même d’une poignée de missions principales où vous n’incarnez pas toujours le héros. Effectivement, il n’est pas rare de jouer avec de parfaits inconnus, juste le temps d’une mission de dix minutes à peine. C'est uniquement histoire d'aider les honnêtes gens à se dépêtrer de leurs problèmes, vous confortant alors dans votre sentiment d'être un héros omniscient et bienfaiteur. D’autres reviennent à l’inverse fréquemment, et toujours pour la même chose. De ce fait, vous prenez alors des marques, vous appréciez untel ou untel, et vous en découvrez à chaque fois un peu plus sur eux, toujours avec légèreté et une touche d’humour. On remarque également une grande prise de risque réalisée par les studios qui livrent un scénario souvent tiré par les cheveux. Cependant, c’est assumé et il faut avouer que le tout s’en tire plutôt bien. Nous sommes à des années lumières d’un déroulement linéaire qui ne fait que dans le classicisme, dans le déjà vu, sans aucunes bizarreries. Ça change, on ne voit pas ce genre de choses dans tous les jeux de course, et on adore ! Même si le début peut être légèrement perturbant étant donné la distinction encore peu évidente entre le réel et la fiction, vous rentrez vite dans le bain. Et une fois dedans, impossible d’en sortir, vous reste scotché à la manette, du moins, jusqu’à ce qu’il faille faire le plein !

Voilà ce qui arrive lorsque l'on téléphone en conduisant.

Bien à l'aise derrière le volant

Le gameplay de Driver : San Francisco est simple comme bonjour. Facile à prendre en main, la disposition des touches sur la manette est logique. Aucuns reproches à faire sur ce point, hormis peut être pour le turbo. Afin d’enclencher ce dernier, il suffit de pousser le stick gauche vers l’avant. Rien de bien sorcier direz-vous, et pourtant, les plus nerveux qui s’agitent sur le pad peuvent sans le vouloir mettre les gaz. Et quand on ne s’y attend pas, on peut aisément foncer droit dans le mur en klaxonnant. Cependant, on s'y habitue au bout d’un moment, et même les plus frénétiques finissent par maîtriser complètement le volant. De plus, plusieurs vues sont disponibles : la classique avec la caméra située légèrement derrière la voiture ; l’interne, assez bien réalisée pour la plupart des cas, celle où le point de vue est depuis le capot ; et enfin, la vue au ras du sol, où vous avez littéralement l’impression de manger du bitume. Toutes bien réalisées, il y a l’embarras du choix. Par exemple, la dernière citée accentue grandement l’impression de vitesse.

Atteint un certain niveau, le shift peut offrir une vision d'ensemble très large. Vous avez littéralement un oeil sur la ville.

Des idées de génies

A part ça, le gros du gameplay de ce nouveau Driver repose sur une seule et unique capacité grisante à souhait : le shift. Là, impossible de ne pas s’incliner face à cette prouesse technique, à cette idée de génie. Pouvoir changer de véhicule à n’importe quel moment est totalement jouissif. Utile pour envoyer des voitures sur ses adversaires, indispensable pour se déplacer rapidement. Une idée en or à laquelle vous prenez très vite goût. Lors des rares missions où il est impossible de l’enclencher, un manque se fait ressentir. Le shift devient une drogue et vous ne pouvez plus vous en passer avant même de vous en rendre compte. Si facile, si pratique, si bien fait et bien pensé, si indispensable... si exquis. Jamais dans un jeu de course les sensations de vitesse, de liberté et de fun avaient atteint un tel degré. Quand vous survolez des colonnes de voitures en faisant un saut depuis un transporteur, quand vous zigzaguez entre les véhicules à contre sens sur l’autoroute sans aucune égratignure, quand vous mettez le turbo, quand les pneus crissent et fument comme jamais, quand vous avez l’impression que la route vous appartient... vous prenez votre pied du début à la fin ! Pour les amoureux du premier épisode, Driver : San Francisco représente donc un véritable retour aux sources, aux sensations exaltantes et grisantes, et en plus fort qui plus est ! Excellent.

Certaines de ces missions consistent à démolir des objets alignés le long d'un parcours avec une limite de temps.

Des quêtes annexes redondantes

Malheureusement, les missions principales ne sont pas très nombreuses. Relativement réduites, si vous ne faites qu’elles, vous pouvez terminer le jeu en 4h, maximum. Fort heureusement, pour combler ce vide, moult missions secondaires et défis sont répartis aux quatre coins de la ville, n’attendant qu’une seule chose : que vous les fassiez. Les missions secondaires découlent la plupart du temps de l’aventure. Par exemple, une mission principale est d’arriver en première et deuxième position lors d’une course, attendez vous alors à retrouver ce même principe dans des missions secondaires. Lorsque vous n’incarnez pas John Tanner, la plupart des missions principales servent donc à introduire et à vous préparer pour les futures petites missions. Pourtant, la diversité n’est pas forcément de mise, ce sont souvent les mêmes. On tourne avec environ une demi douzaine de missions secondaires différentes. Au début, pas de problème, on en mange à la pelle, c’est relativement facile. Mais au fur et à mesure que vous progressez dans le jeu, la difficulté augmente. Très vite, après plusieurs échecs, on est lassé, d’autant plus que c’est toujours la même chose à faire. Les missions secondaires se révèlent ainsi être assez rébarbatives, malgré leur nombre conséquent, on s’en lasse vite et pour le coup, on se tourne alors vers les défis.

Semer la police avec une limite de temps est un défi récurrent et qui peut rapporter gros !

Des défis vous mettant à l'épreuve

Ces derniers pourraient être qualifiés comme étant de petits exploits à réaliser. Très courts et souvent assez dur, il faut savoir manier aisément le volant pour les accomplir avec brio et sans avoir besoin de les recommencer. De plus, avec eux, vous manierez tout types de transports. Du bus scolaire jusqu’au bolide le plus rapide qui soit ! Là au moins, on rencontre une diversité riche et inépuisable. Pléthore de défis vous attendent, en passant par rouler à plus de 320km/h pendant une minute sur l’autoroute, percuter 100 véhicules en soixante secondes ou encore faire un saut de plus de 110 mètres, tout en finissant par passer sous 5 semi-remorques en moins de 30 secondes, etc. Non vraiment, une multitude de défis vous sont proposés. Les quatre cités à l’instant ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Certains sortent du lot également tels que ceux à la « cinéma » où vous roulez dans un San Francisco des 70’s. Les voitures, les décors, tout est vieilli pour un sentiment de réalité accrue. Bien sûr, l’impression de cinéma ne serait pas totale sans les petites rainures sillonnant l’écran légèrement jauni. Enfin, celui qui serait le plus à même de retenir notre attention, du moins pour ceux ayant fait le tout premier épisode de la série, est le défi du garage. Souvenez vous. Vous disposez d’une minute, d’une liste de choses à faire, d’un garage exigüe et la possibilité de percuter trois fois uniquement les murs, sous peine de devoir recommencer. Doté d’une difficulté à mettre les nerfs à vif, ce défi nous revient d’outre-tombe et ravira les nostalgiques du premier volet, jusqu’à leur rappeler à quel point il fallait être un as du volant pour y parvenir ! A cela s’ajoute que ce « retour vers le passé » est débloqué d’une manière cocasse et tellement bien pensée que cela vous décoche un sourire. Avec toutes ces petites choses, missions secondaires comme exploits, vous risquez de passer un bon bout de temps derrière le volant, c’est le moins que l’on puisse dire ! D’autant plus que si vous désirez vous acheter des voitures ou des améliorations, il vous faut en faire. 5000 points de volonté (la monnaie du jeu) par ci, 50 000 par là, ça fait toujours du bien.

Du semi-remorque au bus scolaire, une multitude poids lourds sont proposés. A leur volant, vous vous sentez invincible.

Un catalogue bien fourni

Qui dit jeu de course, dit voitures. Et Driver : San Francisco ne déroge pas à la règle. Une centaine de véhicules, de marques et d’aspects divers, vous sont proposés dans une dizaine de garages disséminés partout dans la ville. Selon les endroits où ils se trouvent, ces derniers sont plus ou moins chers. En effet, on en trouve qui coûtent à peine 5000 points et d’autres allant jusqu’à 100 000, étant donné qu’ils sont situés dans une zone riche et luxueuse. Ces lieux ont d’ailleurs plusieurs fonctions. Premièrement, l’achat de véhicules. Extrêmement nombreux et variés, vous trouvez de tout : du vieux tacot dépassant à peine les 120 km/h, au poids lourd le plus imposant, tout en passant par le bolide de course où la vitesse est poussée à son paroxysme. Des Bentley, des Alpha Romeo, des Dodge, des Aston Martin, des Ford, des camions..., il y en a pour tous les goûts et pour tous les prix. Car si certaines ne valent qu’une ridicule poignée d’argent, d'autres culminent jusqu’au trois quart de million. Petite anecdote : une authentique Deloreane fait partie de la liste de véhicules à vendre. Un défi particulier est rattaché à cette trilogie cinématographie culte et intemporelle. Ceci n’est que détail certes, mais ce sont avec eux que vous vous rendez compte que les petits génies de Reflections sont allés à fond partout, même dans les clins d’œil ! Vous avez donc intérêt à économiser et à ne pas gaspiller vos crédits si vous souhaitez acquérir la voiture de vos rêves. La monnaie est loin de s’accumuler rapidement, alors qu’elle peut partir en fumée en un battement de cils, ne l’oubliez pas. Deuxièmement, vous trouverez toutes sortes d’améliorations dans les garages. Agrandir la barre d’énergie du turbo ne s’avère pas négligeable, tout comme améliorer son temps de remplissage. Enfin, rendre son radar plus performant peut s’avérer parfois très utile lors de certaines missions où il faut chercher quelque chose de particulier. Enfin, vous avez la possibilité de retrouver tous les défis réalisés ou en attente de réalisation dans le menu des garages. Simple et intuitif, vous pouvez faire ceux que vous voulez rapidement sans vous casser la tête à les chercher dans l’immense superficie que représente la ville de San Francisco. Quand on vous dit qu’ils n’ont pas fait les choses à moitié !

Le mode libre à deux en écran scindé est vraiment une très, très bonne idée.

Un multijoueur complémentaire

En plus de la campagne solo, un mode multijoueur est présent, de quoi allonger encore plus le nombre d’heures que vous passez derrière le volant. En local tout d’abord, vous avez le choix entre jouer en coopération, en versus ou bien arpenter librement la ville avec un ami en écran scindé. Relativement bien fournis, les deux premiers sont composés de multiples façons de jouer tels que la chasse au trophée, consistant à garder ce dernier en sa possession le plus longtemps possible, aller très vite sur une longue distance, faire le plus de dérapages, dépasser sans arrêt des voitures... tout cela jusqu’à atteindre la limite maximum de points. Courtes et variées, ces petites parties se révèlent être bien sympathiques entre amis. Le mode libre quant à lui, ouvre toute la ville avec tous les modèles de voitures. Sillonner les routes à deux côtes à côtes, s’organiser de petits défis, faire une course d’endurance pour déterminer lequel tient le plus longtemps à grande vitesse sur l’autoroute, etc. Tant de choses à faire en écran scindé, que l’on retrouve également en ligne. Là, vous participez à des petites compétitions pouvant accueillir jusqu’à 8 joueurs. La possibilité de créer un groupe d’amis est également présente, toute comme celle de personnaliser son profil avec une image et tout ce qui va avec. Statistiques, progression de niveaux, tout est assez classique dans l’idée. Vous débloquez au fur et à mesure de nouveaux atouts, vous pouvez améliorer vos capacités, etc. Bref, le mode multi est bien fichu, complet, varié et se révèle être un bon complément à la partie solo. Plus on de fous du volant, plus on rit, non ?
Les Plus
  • Le scénario, alambiqué mais cocasse
  • Le shift
  • Les différentes vues
  • Les sensations fortes
  • La vitesse, les sauts, les drifts...
  • Les défis
  • La représentation des dégâts subit par la voiture
  • Bourré de clin d'oeils et de détails
  • Les garages et les voitures
  • San Francisco
  • La bande sonore
  • Le retour triomphal d'une série mythique
Les Moins
  • Des missions secondaires rébarbatives