Hunted : The Demon's Forge bannit les plaisirs solitaires

23 juil. 2011
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Hunted : The Demon's Forge est l'exemple parfait du jeu qui finira sa carrière au bout de trois mois dans un bac de soldes, faute de ventes. Et c'est bien dommage, car une fois passée la difficulté ultra-brutale, on se retrouve face à une expérience coopérative assez innovante. ça ressemble à un Gears of War, ça se contrôle comme un Gears of War mais l'aborder comme un ersatz de la série d'Epic ne vous mènera nulle part. Hunted est plus proche du jeu de plateau Hero Quest où la mort frappe à chaque couloir par un piège sournois ou un ennemi caché. Comme un oignon, Hunted cache un cœur exceptionnellement goûtu sous d'épaisses couches de médiocrité (le doublage, les vagues d'ennemis). Reste à savoir si vous lui donnerez sa chance.

Brian Fargo est un nom qui résonnera aux oreilles des plus anciens d'entre vous. Il faut revenir loin en arrière pour se souvenir du fondateur d'Interplay, du créateur The Bard's Tale et de Wasteland. Après de nombreuses années d'errance, il revient avec Hunted, un titre heroic-fantasy passé complètement sous le radar. Au programme, du coopératif, des elfes, du sang et étonnamment, un bon jeu.

Tenue correcte non-exigée.

Donjons sans dragons

Des dragons et des elfes, l'histoire est totalement ridicule et subsidiaire. Voici donc deux mercenaires un peu nunuches, Caddoc, un gros bourrin tatoué maniant mieux l'épée que la verve et E'lara, une elfette pyromane et à moitié à poil. Nos deux héros de fortune vont se retrouver, par la grâce d'une cutscene outrancière, liés à une sombre histoire d'artefact maudit. Il n'en fallait pas plus pour justifier le génocide de nombreuses races nuisibles propres à l'univers crée par Inxile Entertainment. Si le jeu commence dans des environnements assez sobres et standardisés, très vite, l'ambiance vire Inca, voir carrément Toltèque. A vous, les grandes pyramides de pierre, pleines de sculptures impies, d'hommes araignées et de bien d'autres saloperies en tout genre. Un effort d'originalité pas vraiment mis en avant de prime abord. Disons que l'intrigue très médiocre n'aide pas à se plonger dans l'ambiance et un autre problème saute aux yeux, enfin aux oreilles. Impossible de passer outre : le doublage français est abominable. Au delà du ton des acteurs proche d'un film porno, c'est surtout l'absence de toute direction qui choque. Les deux personnages principaux ne semblent pas comprendre ce qu'ils lisent, buttent sur chacune de leurs tirades et offrent des blancs assez intenses. A moins d'être défoncé sous acide, impossible de ne se sentir gêné pour les acteurs et pour leurs familles tellement l'ensemble fait peine à entendre.

E'lara peut aller au contact, mais demeure beaucoup moins efficace que Caddoc.

Ouille, mes fesses !

Après un tutoriel long, ennuyeux et uniquement jouable en solitaire, c'est l'heure de rentrer dans le vif du sujet. Hunted : The Demon's Forge se joue comme un énième jeu de tir à la troisième personne où les épées et les arcs remplacent les pistoflingues futuristiques. Cette sale impression de photocopie perdure jusqu'à votre première rencontre hostile. En effet, les ennemis sont coriaces et font vraiment très, très mal. Le moindre orque peut vous zigouiller en cinq quatre coups d'épée, idem pour les flèches. Si le combat à distance reste une manière simple et efficace de nettoyer son chemin, le corps à corps est loin d'être aussi propre. Le nombre limité de flèches d'E'lara vous forcera à faire parler le fer assez vite mais toujours prudemment. Caddoc agit avant tout comme un garde du corps, foncer dans la mêlée sans utiliser votre bouclier signifie 99% du temps la mort. Dès qu'un personnage meurt, l'autre devra utiliser une des trop précieuses potions de résurrection pour éviter le Game Over. Des potions de soins et de magie sont également de la partie mais toujours en quantité extrêmement limitée. Pas de régénération pour les braves. Finalement, Hunted est plutôt vieille école et les réflexes d'antan reviennent : mémorisation de l’emplacement des ennemis, rush vers les checkpoints. Mais même les plus patients d'entre vous hurleront à la mort face à certains passages. La difficulté fait figure de grosse tâche sur le level design : les passages simples se substituent à des arènes mortelles avec vagues d'ennemis à la chaîne. Encore de quoi rebuter les adeptes potentiels du jeu.

Vous ne survivrez pas sans bouclier.

Porte, monstre, trésor

A la lecture de ces lignes, le doute vous habite et vous vous demandez si il y a quoi que ce soit à sauver sur ce radeau de la méduse. Étonnement oui, suffisamment pour continuer et finir l'aventure. Tout d'abord, la majorité du jeu se déroule dans des donjons typés "livres dont vous êtes le héros". Plus question de shooter des ennemis derrière des palissades, ici c'est de l'exploration pure et dure. Chaque couloir est farci de pièges en tout genre, de vénérables fantômes, d'énigmes tarabiscotés et surtout de nombreuses richesses. Ces niveaux sont bien conçus et fascinent tant ils sont à des lieux du reste du jeu. Certains donjons sont mêmes cachés et complètement subsidiaires. Les trésors apparaissent sous forme d'armes et boucliers, de cristaux débloquant de nouvelles magies et d'espèces sonnantes et trébuchantes (pour débloquer des fonctions dans l'éditeur de donjons). La progression des personnages est plutôt futée : plus vous effectuez une action d'un type, plus votre talent dans celle-ci augmente. Par exemple, boire X potions vous offre un nouvel emplacement sur votre ceinture pour en porter davantage. Coté magie, les talents sont spécifiques à chaque personnage et offrent des pouvoirs sympathiques. La maîtrise des éléments elle, est intéressante car elle peut être combinée avec celle de votre compagnon. La coopération est mise en exergue et valorise une approche méthodique et symbiotique entre les deux joueurs plutôt qu'une course aux points bourrine.
Les Plus
  • De très bonnes idées
  • La synergie à deux
  • Les donjons brillamment conçus
  • Corsé et sournois
Les Moins
  • Difficulté en dents de scie
  • La VF sous LSD
  • Les vagues d'ennemis