Bioshock 2 persiste et signe

09 mars 2010
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur 2K Games
  • Développeur 2K Marin
  • Sortie initiale 9 février 2010
  • Genre First Person Shooter

Alors que les suites nous en offrent généralement toujours plus, celle-ci nous en propose plutôt moins : moins ambitieuse, moins impressionnante techniquement, elle remplit son contrat en redonnant vie à Rapture ; mais sans le génie créatif et malsain du premier volet. Le plus décevant est sans doute le manque d'améliorations graphiques, surtout que le premier volet avait marqué son temps ; celui-ci marque le pas, de sorte qu'il n'est réservé qu'aux fans qui sont prêts à retourner sur Rapture même au prix fort. Plus qu'une suite, c'est surtout une extension ; de sorte que pour les nouveaux venus, il vaut mieux commencer par le premier, plus fort et moins cher. Bien que très efficace, BioShock 2 donne surtout envie de rejouer au premier.

Rapture, l'utopie sous-marine qui avait soulevé l'enthousiasme en 2007, renaît des cendres de son code source : confiée à une nouvelle équipe, la suite de BioShock retrouve sans peine l'ambiance art-déco monstrueuse du chef d'oeuvre d'Irrational Games, sans pour autant briller par son ambition. A part l'idée géniale d'incarner un Big Daddy, une de ces créatures énormes et effrayantes qui hantaient le premier jeu, BioShock 2 se contente d'aligner des automatismes bien connus. Du réchauffé en somme, à partir d'une recette originale hyper efficace et qui n'a finalement n'a pas pris une ride en trois ans ; du bon réchauffé donc, dont le seul défaut est de ne jamais surpasser l'épisode fondateur.

Les passages sous l'eau permettent de récupérer des bonus ; mais vous n'affrontez jamais d'ennemi.

De retour à Rapture

Vous êtes un Big Daddy, une armoire à glace aussi gauche que puissante, un éléphant de métal lâché dans une magasin de porcelaine : sous votre scaphandre de combat, équipé d'une foreuse et de plasmides, vous découvrez Rapture, l'utopie sous-marine construite par un fou : une ville gigantesque, figée dans le prestige de son heure de gloire, et aujourd'hui envahie par des créatures folles et dangereuses. Le tout enseveli sous des tonnes d'eau sombres et menaçantes ; l'eau s'infiltrant partout dans Rapture, plus ou moins lentement, plus ou moins violemment, depuis la fuite bénigne jusqu'à l'explosion d'une paroi en verre, entraînant l'inondation complète d'une pièce richement décorée... Dans cet univers instable, votre armure offre un double avantage : une protection contre les attaques ennemis bien sûr, mais aussi la possibilité de survivre à l'inondation d'une pièce. Deux compétences qui sont bien sûr mises à rude épreuve tout au long du jeu.
 

Le même, sans rien changer

Dès les premiers pas, on retrouve le vrai héros du jeu : la ville de Rapture, mégalomane et déclinante. Le charme de cette suite tient en grande partie, comme l'original, à l'atmosphère étouffante de Rapture : architecture baroque très chargée, pièces dévastées, éclairages sophistiqués, bruitages inquiétants et faune locale aussi cinglée qu'agressive. Il manque quand même la dimension théâtrale du premier, qui touchait au grandiose lors de certaines mises en scène malsaines hyper sophistiquées dans le premier jeu ; mais pour le reste, tout est là. Les plasmides permettent de congeler ou de brûler les adversaires, en enflammant des nappes providentielles par exemple. Ou de soulever des objets, comme des bonbonnes explosives et de les projeter sur ses ennemis avant de les faire détonner. C'est génial, ça marche toujours aussi bien, le Big Daddy étant équipé d'une arme et d'une plasmide en même temps. Mais comme le Big Daddy était l'ennemi ultime dans le premier jeu, le plus résistant en tout cas, les développeurs ont eu l'intelligence de travailler sa vulnérabilité : à vous de protéger votre Petite Soeur, ces gamines qui font des prélèvements sur les cadavres ; et d'affronter la Grande Soeur, version féminine hyper agile et puissante des Big Daddy. Petite déception quand même : le Big Daddy qu'on incarne est une espèce de modèle de pré série pas bien résistant, rapidement mis à mal par quelques coups de pistolet ou de clef à molette... Pas très glorieux, au final.

L'ambiance sombre et magnifique de Rapture est intacte.

Déjà mort

L'idée d'incarner un Big Daddy était alléchant, mais les nouveaux développeurs ne sont pas allés jusqu'au bout de l'idée : si on incarne bien un personnage lourd et lent (un peu trop d'ailleurs), sa puissance de feu est limitée par un nombre bien trop restreint de munitions, tandis que sa résistance est finalement médiocre. Où et l'impression de majesté, d'effroi et de puissance des Big Daddy originaux ? Bien présente dans la cinématique d'intro, où le Big Daddy écrase sauvagement la tête d'un ennemi dans le sol et en encastre un autre dans un mur, cette sensation de toute puissance s'éteint dès les premiers pas réels. Dommage. Autre déception : le jeu a vraiment perdu en sublime. le moteur graphique, hyper impressionnant en 2007, n'a pas changé ; et ne fait plu la même impression, trois ans plus tard. L'immersion en pâtit grandement, surtout que le travail réalisé sur les éclairages et la mise en scène n'est pas aussi bon ; les environnement, plus fouillés et très travaillés, ne sont pas aussi bien mis en valeur dans cette suite. Moins ambitieuse que son aînée, elle en garde l'efficacité mais manque de grandeur, de folie et d'exubérance. Une bonne suite, bien calibrée mais moins réussie que l'épisode fondateur.
Les Plus
  • La ville de Rapture, belle et inquiétante
  • Les plasmides sont toujours aussi géniales
  • Un nouvel ennemi redoutable : les Grandes Soeurs
Les Moins
  • Le moteur graphique date
  • Moins spectaculaire et grandiose que le premier