Test | Bionic Commando fait parler la poudre
24 juil. 2009

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Bionic Commando
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Grin
  • Sortie initiale 22 mai 2009
  • Genres Action, Aventure

Un bras bionique, ça change la vie. Prendre la voiture, le bus ou le métro change du tout au tout : avec un bras bionique, vous pouvez VRAIMENT prendre un de ces véhicules et, soyons fous, le faire tomber sur vos ennemis ou le jeter au loin. Evidemment, ce n'est pas le seul avantage de cette mutation high-tech. Avec un bras bionique, vous pouvez vous suspendre un peu partout et enchaîner les sauts comme Spider-Man. La sensation de liberté est présente, surtout quand vous voyez la piétaille s'agiter en bas, et que vous décidez malicieusement de lui fondre dessus pour l'écraser sous vos rangers. Un gameplay qui exploite à fond les possibilités de cet accessoire magique, déjà superbement remis à jour avec le remake du jeu original sur PSN et XLA : Bionic Commando Rearmed.

Elle est où ma guerre ?

Au début, vous êtes humain et même pire que ça : vous incarnez un handicapé. Nathan Spencer est un has been, un ancien commando renié par le gouvernement et la population, qui n'a plus qu'un moignon à la place du bras : c'est la crise, le gouvernement a récupéré son investissement en lui enlevant son bras bionique. Le soldat que vous incarnez serait même passé sur la chaise électrique si une bombe nucléaire salvatrice ne vous avait pas sauvé la mise, en éradiquant quelques millions de civils au passage. Du coup vous récupérez votre bras bionique et vous enquêtez sur place, au milieu des décombres radioactifs. Sachant que Nathan Spencer enquête façon Rambo, en tuant d'abord et en posant des questions après.

Presque à poil

Attention à ne pas grimper trop haut, les sommets sont souvent radioactifs.

Un avion de chasse balance deux missiles qui s'écrasent dans un immeuble, vous émergez de l'un d'entre eux : la ville est en ruines et le panorama superbe. Plus d'embouteillages, plus de cohues à Noël, le terrain de jeu qui s'offre à vous est tout simplement dantesque. Le plus surprenant dans ces premières minutes de jeu, c'est que vous commencez manchot : à vous de trouver l'autre missile qui contient votre bras bionique. Une astuce qui permet de se familiariser avec les commandes normales et de plomber quelques ennemis, Bionic Commando étant un jeu d'action très classique. Nathan Spencer répond bien, les décors tiennent la route, et si les ennemis sont vraiment bidon côté IA, ils jouent plutôt bien leur rôle de chair à canon. Après, les choses sérieuses commencent quand vous récupérez votre bras bionique. Celui-ci est très utile pour les attaques, afin de jeter un ennemi au loin, de l'agripper et de lui flanquer vos rangers dans la tronche, mais aussi pour interagir avec le décor : bidons, blocs de béton, véhicules, chariots élévateurs, tout ou presque peut servir d'arme.

Découvrir la gravité

Se balancer d'objet en objet est loin d'être simple. Entraînez-vous !

Mais la vraie utilité du bras bionique, c'est de permettre de jouer au Marsupilami. Sautez dans le vide, agrippez-vous à un panneau, un feu rouge, un réverbère, un immeuble et vous voilà en train de vous balancer comme Spider-Man. C'est génial, sauf qu'il faut faire un long détour par la case tutorial pour apprendre à s'en servir correctement. Un LONG détour. Comptez une bonne heure minimum à vous vautrer entre deux barres fixes avant de réussir à enchaîner les sauts de crapaud sans toucher le sol : si vous lâchez trop tôt, vous n'avez pas assez d'élan. Si vous lâchez trop tard, vous partez vers le ciel comme une fusée… C'est déjà lourd pendant le tutorial, c'est encore pire pendant le jeu, quand on rajoute un océan radioactif sous vos pieds ou un gouffre mortel. Au-delà de la frustration, ce sont surtout les temps de chargement trop longs qui plombent l'ambiance : à chaque décès, le jeu recharge le niveau. Résultat : on passe parfois plus de temps à regarder le loading qu'à tomber dans la flotte radioactive.

Frustrant

Les boss sont superbes mais trop peu nombreux.

Même les pros du gamepad vont faire des yeux ronds : les niveaux hyper courts se finissent en quelques minutes, surtout quand on s'amuse à ne pas toucher le sol en enchaînant des sauts parfaits. Pour ralentir la progression effrénée des joueurs, bien capables d'éviter les ennemis au lieu de les combattre parce que ça va plus vite, les développeurs ont verrouillé certaines zones : pour désactiver un champ magnétique / des mines / un pylône, il faut tuer tous les ennemis alentour. Heu… Avec le bras bionique ça va heureusement assez vite, les armes étant chiches en munitions ; avec un peu de pratique, vous apprendrez donc à sauter de très haut pour écraser tout sur votre passage, à attraper un bloc de béton et à faire de la purée de soldat avec, ou à nettoyer à la grenade. Les armes lourdes comme le fusil de sniper ou le lance-missiles à tête chercheuse sont bien sympa mais ils servent toutes les trois heures environ. Et surtout, le level design est le gros point faible du jeu. Les zones radioactives verrouillent les hauteurs et les avenues, dessinant un petit couloir très étroit qui mène du départ à l'arrivée. Toute liberté d'exploration et autre itinéraire bis sont verrouillés, dommage. Les boss se font attendre, même s'ils valent le détour, et les environnements deviennent très vite répétitifs ; même la réalisation graphique, impressionnante au début, finit par décevoir : l'aliasing est très prononcé et les quelques ralentissements sont agaçants. Bionic Commando est un jeu efficace, enthousiasmant au début mais vite frustrant ; un bon titre qui ne tient pas toutes ses promesses.
Les Plus
  • Le bras bionique, génial
  • L'ambiance apocalyptique
Les Moins
  • Level design lambda
  • Niveaux trop courts
  • Chargements trop longs
Résultat

Après un Rearmed génial, Bionic Commando revient en petite forme. Le bras bionique est vraiment génial à utiliser, sauf en ce qui concerne l'enchaînement des sauts franchement pas simple, l'ambiance apocalyptique est convaincante et le jeu agréable. Reste que plusieurs gros défauts plombent l'ambiance, à commencer par des niveaux très courts et des temps de chargement trop longs, un level design bof, des passages crispants (les snipers, les sauts au-dessus de l'eau radioactive etc) et des boss pas assez nombreux. Il manque aussi la bonne dose de second degré qui rendait Rearmed tellement sympa. Reste un jeu d'action efficace, qui aurait mérité de laisser plus de liberté au joueur avec des environnements vraiment ouverts. Peut-être dans le prochain ?

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