Alone in the Dark s'enfonce dans les ténèbres

01 août 2008
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Atari
  • Développeur Eden Games
  • Sortie initiale 20 juin 2008
  • Genres Action, Aventure

Pour son grand retour, Alone in the Dark manque de conviction. Les bonnes idées et la réalisation de haut vol sont gâchés par une maniabilité pataude et par des problèmes de caméra. Le découpage par épisodes, le scénario, la mise en scène avec quantité de moments forts donnent envie de s'acharner. Mais chaque trouvaille, chaque bon moment passé, est entaché par des défauts qui à la longue plombent l'intérêt. Face à la référence Resident Evil, ce jeu ne peut servir que d'amuse-gueule aux fans du genre... en attendant mieux.

Depuis combien de temps vous n'avez pas sursauté ou tremblé de peur ? Depuis combien de temps vous n'avez pas senti au fond de vous cette angoisse étrange, cette appréhension qui paralyse ? Qui donne envie de fuir et paradoxalement, de rester pour voir l'innommable ? C'est peut-être au cinéma que vous avez ressenti ces émotions récemment. Ou peut-être en lisant certains livres comme La route, récompensé par le Pulitzer en 2007, qui décrivent les pires horreurs avec beaucoup de sobriété. Mais dans un jeu... Avec ses nombreuses idées, Alone in the Dark relève courageusement le défi du survival-horror. Un vrai challenge vu l'écrasant succès du dernier Resident Evil.

Enflammez les objets du décor pour les rendre plus dangereux.

Survivre à l’horreur

Si un genre est plutôt mal en point aujourd'hui, c'est bien le survival horror. Longtemps gâchés par des problèmes de jouabilité, les jeux d'horreur ont toujours misé sur deux recettes : la peur brutale, occasionnée par des rencontres monstrueuses dans des décors sordides, et la peur insidieuse, distillée par une atmosphère lourde et angoissante. Les Resident Evil ont longtemps servi de référence en matière de peur brutale, tandis que les Silent Hill ont toujours joué la carte de l'angoisse. Leurs imitateurs ont adopté les deux styles, le plus souvent sans obtenir le même degré de finition. Jusqu'à ce que Resident Evil tourne au jeu d'action, un virage brillamment négocié qui a changé le genre. Alone in the Dark arrive dans ce contexte avec beaucoup d'ambition, histoire de rappeler qu'il est le père fondateur du genre.

L'inventaire : vous regardez vos poches en vue subjective et combinez des objets entre eux.

Retour aux sources

Vous incarnez Edward Carnby, le héros du tout premier volet sorti en 1992. Surprise : vous vous retrouvez à New York, de nos jours, sans pouvoir expliquer qui vous êtes. Vous vous réveillez sur un lit moisi, à moitié groggy, juste à temps pour vous faire exécuter proprement. Vous êtes sauvé in extrémis par une entité mystérieuse qui se déplace dans les murs et semble vous connaître... Alone in the Dark commence dans un immeuble découpé de l'intérieur par l'entité, ce qui vous oblige à courir pour vous échapper. Un début en fanfare qui permet de découvrir rapidement les nouveautés du jeu, mais aussi ses premières faiblesses.

Certaines séquences en voiture sont vraiment pénibles.

Noir, c’est noir

A cause d'une maniabilité pataude, le héros ne répond pas très bien aux commandes. Les premières séquences de plate-forme révèlent un temps de réponse trop lent et une inertie handicapante. L'impression de contrôler un personnage imposant est là, mais au détriment du jeu – certaines situations demandent de réagir au quart de tour et ce n'est pas toujours possible. La caméra n'aide pas non plus. En vue de dos, il n'est pas possible de la contrôler librement. Une aberration, vu qu'une vue subjective permet à tout moment de regarder tout autour de soi et de se déplacer... Plus gênant, les situations et les personnages secondaires sont vraiment caricaturaux. L'ambiance sombre et lugubre est cassée par les dialogues insipides et les voix françaises. A côté de ces lourdeurs souvent présentes dans les jeux du genre, Alone in the Dark réussit heureusement à impressionner sur le plan technique.

Pour tuer vos ennemis, il faut les brûler.

Un vrai feu d’artifice

Qu'il s'agisse des éclairages, des effets spéciaux ou des textures, Alone in the Dark affiche une classe nouvelle génération qui fait plaisir. Les modélisations sont soignées et les animations convaincantes. Il suffit d'attraper un objet du décor, chaise ou extincteur, pour s'en rendre compte : les mouvements s'enchaînent naturellement avec le stick droit. Pour défoncer une porte avec l'extincteur, il suffit de faire des haut bas avec le stick : bluffant ! Les quelques énigmes vous demandent un peu d'observation et ne sont pas méchantes, tandis qu'un système de magnétoscope curieux vous permet de zapper une scène et d'avancer plus vite... Pourquoi pas. C'est surtout pratique pour certains niveaux mal fichus, notamment en voiture, où la maniabilité gâche le plaisir. Le découpage sous forme d'épisodes télé, avec un rebondissement scénaristique à la fin d'un niveau, est plus déstabilisant. Voir le générique de fin à chaque niveau a un côté systématique vite pénible. Mais l'idée est intéressante et relance l'intérêt, tout comme la bonne utilisation du décor. Passer une chaise dans les flammes vous permet de l'enflammer et de vous en servir comme torche, ou permet de brûler les adversaires. Ce sont ces moments qui donnent envie de continuer dans l'aventure, malgré les problèmes de jouabilité.
Les Plus
  • La réalisation
  • La mise en scène ambitieuse
  • La richesse des interactions
Les Moins
  • Des temps de réaction trop élevés
  • De gros problèmes de caméra