Opposing Fronts fait honneur à son pays

05 nov. 2007
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur THQ
  • Développeur Relic Entertainment
  • Sortie initiale 28 septembre 2007
  • Genre Stratégie temps-réel

Le travail effectué par Relic sur Opposing Fronts est un véritable cas d'école. Cette extension stand-alone est idéale ainsi bien pour les débutants qui découvrent la licence que pour les joueurs vétérans de l'édition originale. Apportant deux campagnes et par la même occasion, deux nouveaux camps complètement différents, ce nouveau chapitre applique à la lettre la recette de son prédécesseur pour votre plus grand plaisir, en y ajoutant de nouvelles unités, de nouvelles tactiques et approches du jeu, sans oublier une mise en scène diablement entraînante. Au delà des chiffres et des nouvelles possibilités, Opposing Fronts résume le concept derrière chaque extension : ce ne sont pas les ajouts de contenu qui sont importants, mais plutôt de prolonger le plaisir procuré par le jeu original sous de nouvelles formes.

En alliant micro-management et affrontements jouissifs, Relic Entertainment possède un véritable talent pour les jeux de stratégie en temps réel. Ainsi, Dawn of War et Company of Heroes sont entrés dans la légende. Fait moins connu mais tout de même important, leurs extensions stand alone sont d'excellente qualité. Après avoir comblés les joueurs de Dawn of War avec deux extensions, c'est au tour des officiers en herbe de la Seconde Guerre mondiale de voir leur attente récompensée avec Company of Heroes : Opposing Fronts. Et encore une fois, Relic n'en finit plus de nous étonner.

Les scènes réalisées avec le moteur du jeu sont impressionantes.

Tea for two and two for tea

Dans le jeu original, vous avez combattu aux commandes de la compagnie Able, tête de pont des américaines lancées sur les grandes opérations du débarquement en Normandie. Tous les hauts faits d'armes accomplis tels que la prise de Cherbourg ou le parachutage sur Sainte-Mère-Eglise vous feraient presque croire que vous êtes les seuls libérateurs de la France. Mais pas tout à fait. C'est dans cette perspective que prend place Opposing Fronts qui vous place au contrôle du troisième bataillon d'infanterie britannique largué en Normandie : les "Boudica Boys". Ici, pas question d'aider les Yankees dans les opérations déjà effectuées dans Company of Heroes. Vous n'avez qu'un seul objectif à long terme : prendre la ville de Caen. Pour cela, vous devez revivre quelques célèbres opérations de la campagne de Normandie comme la prise de la colline 112. Pour les opérations de nuit, vous êtes assistés par les Rangers Canadiens, discrets et efficaces, avec l'accent québécois en prime. Mais comme une surprise n'arrive jamais seule, Opposing Fronts vous propose une deuxième campagne qui vous fait passer à l'ennemi : l'Opération Market Garden. A vous le contrôle de la fabuleuse division Panzer qui causa tant de soucis aux forces alliées. Cette campagne vous fait revivre la plus grande opération de parachutage de l'Histoire, organisée par les alliés afin de regagner le contrôle de la Hollande. C'est à vous qu'incombe la tache de répéter l'Histoire en imposant une cuisante défaite aux Alliés.

Protéger Caen sous la pluie et de nuit n'est pas une mince affaire.

Il faut sauver le soldat Hans

Ces deux campagnes apportent leur lot de nouveautés, que ce soit au niveau du style de jeu ou des unités. Chaque camp présenté propose des possibilités à des lieux des deux camps originaux. Tout d'abord, les Anglais sont principalement basés sur le mouvement et les protections de fortune tandis que les Canadiens leur apportent une artillerie dévastatrice. Ainsi, les trois bâtiments servant de QG aux britanniques sont des camions mobiles pouvant se déplacer allègrement sur le terrain. L'infanterie peut se barricader en créant des tranchés et peut être rattachée à une unité gradée comme un capitaine ou un lieutenant qui améliorent leur moral et leur puissance. Secondés par de puissants tanks tels que le Tetrach ou le Cromwell, les Anglais sont spécialisés dans la renforcement d'objectifs et le déploiement. Plutôt agréable pour un jeu qui se base uniquement sur la capture de d'objectifs. Sans oublier leurs amis Canadiens qui peuvent faire appel à des techniques délirantes d'artillerie comme le fabuleux "creeping barrage" permettant de lancer des obus sur une ligne de plusieurs mètres. La division Panzer joue une carte complètement inverse en se basant sur sa flexibilité et son mouvement. Ainsi, les Allemands ont accès à de redoutables Half-Tracks pouvant regarnir les unités comme un QG de campagne. Leur infanterie peut se spécialiser dans les armes lourdes avec notamment de redoutables Panzerschrek, les rendant aussi dangereux que des blindés. Enfin, leurs aptitudes spéciales varient du déploiement de troupes de choc provenant de n'importe quel bâtisse sur la carte jusqu'à l'installation de pièges sur les objectifs.

Chez les britanniques, les camions servent de QG de campagne.

Comme si vous y étiez

L'une des grandes forces d'Opposing Fronts est sans conteste sa réalisation. Tout d'abord au niveau des graphismes qui rendent l'action visuellement très belle et fourmille de détails, les changements climatiques et les explosions en tête. D'autre part, la mise en scène de ce stand-alone est fabuleuse. Vos hommes passent leur temps à se charrier, à faire des commentaires sur vos ordres et se mettent à hurler dès qu'ils sont sous le feu ennemi. Les scènes cinématiques réalisées avec le moteur du jeu font preuve d'un véritable sens de la narration tant vous venez à vous attacher au destin du Major Blackmore et de ses hommes. Les bruitages des armes et des véhicules sont très crédibles et renforcent cette impression de réalisme. D'autre part, les doublages sont encore une fois de grande qualité, la version originale vous permettant de goûter aux accents incompréhensibles des tanks écossais ou des Rangers québécois. La principale qualité d'Opposing Fronts constitue également sa faiblesse. En effet, le caractère extrêmement disparate des forces britanniques et de la section Panzer, bien que très intéressant en jeu solo, deviennent une gageüre en multijoueur. Les américains et la Wermacht du jeu original étant beaucoup plus polyvalents, le jeu en ligne devient délicat pour ces camps qui n'ont, par exemple, pas de QG en dur ou qui ne peuvent pas créer de casernes dans n'importe quel bâtiment. Toutefois, vous pouvez faire confiance à Relic pour équilibrer les équipes lors d'un prochain patch.
Les Plus
  • Deux campagnes jouissives
  • Les nouvelles possibilités offertes
  • Un concept toujours aussi efficace
  • Une réalisation à couper le souffle
Les Moins
  • Des camps difficiles à jouer en multijoueur